Artistes

Al Jarreau

Al Jarreau, nom de scène d’Alwyn Lopez Jarreau, né le 12 mars 1940 à Milwaukee dans le Wisconsin et mort le 12 février 2017 à Los Angeles, est un chanteur jazz, soul, funk et pop américain. Au cours de sa carrière, Al Jarreau a remporté sept Grammy Awards et est le seul chanteur à avoir remporté ces distinctions dans trois catégories différentes - jazz, pop et R&B - d'une part et, d'autre part, au cours de quatre décennies, des années 1970 aux années 2000. Biographie Enfance et formation Fils d'un pasteur et d'une pianiste, Al Jarreau commence à chanter dès l'âge de quatre ans à l'église en compagnie de ses deux frères et de sa soeur. Il poursuit des études de psychologie au Ripon College d'où il est diplômé en 1962 puis étudie la réhabilitation vocale à l'université de l'Iowa dont il obtient le diplôme en 1964. Il s'installe alors à San Francisco où il travaille dans un centre pour personnes en difficulté et où il fait la connaissance du pianiste George Duke avec lequel il entame ses premiers tours de chant. Débuts artistiques A la fin des années 1960, il s'installe à Los Angeles, où il entame quelques tours de chant dans plusieurs bars branchés comme le Dino’s, The Troubadour ou encore le Bla bla Cafe. Remarqué par des agents, il signe un contrat chez Reprise Records et sort en 1975 un album produit par Al Schmitt, producteur et arrangeur bien connu des studios californiens, avec l'aide de Dave Grusin pour l'arrangement des cordes, des cuivres et des voix. We Got By bénéficie d'une très bonne critique et d'un succès public, le titre éponyme et You Don't See Me constituant des moments forts de cet album. En 1976 suit l'album Glow, coproduit par le tandem Al Schmitt et Tommy LiPuma (Michael Franks), où l'on retrouve des musiciens comme le guitariste Larry Carlton, Joe Sample et Wilton Felder (tous trois membres du groupe The Crusaders) ou encore le percussionniste Ralph MacDonald. On peut y apprécier des interprétations très personnelles de Your Song (Elton John) et de Agua De Beber de Vinícius de Moraes et Antônio Carlos Jobim. En 1977 paraîtra un album live Look To The Rainbow pour lequel il obtient le premier Grammy Arward des sept qu'il recevra au cours de sa carrière. En 1978, All Fly Home marquera sa dernière collaboration avec Al Schmitt comme producteur, avec toujours des musiciens reconnus tels que Larry Williams du groupe Seawind, le guitariste Lee Ritenour ou encore le percussionniste Paulinho Da Costa. Années 1980 En 1980, paraît l'album This Time, produit par Jay Graydon (Airplay), un guitariste renommé des studios de Los Angeles. Le succès est immédiat ; l'album est salué par la critique et conquiert un large public, avec des titres comme Gimme What You Got ou Never Givin' Up sortant en singles. 1981 constituera le sommet commercial de la carrière de Al Jarreau avec l'album Breakin' Away, toujours produit par Graydon. Les titres tels que Breakin' Away, We're In This Love Together et Roof Garden obtiennent un grand succès. Breakin' Away se hissera à la première place du Billboard dans deux catégories : Black Albums et Jazz Albums et atteindra la neuvième place dans la catégorie Pop Albums. Des musiciens célèbres ont participé à ce disque, par exemple Bill Champlin (Chicago), Steve Lukather et Jeff Porcaro (Toto), Steve Gadd, Richard Page et Steve George (Pages, Mr. Mister), David Foster, Michael Omartian (Christopher Cross), la section de cuivres de Seawind (Jerry Hey, Larry Williams), ou encore le saxophoniste de jazz Tom Scott. Breakin' Away sera nommé aux Grammy Awards dans la catégorie Meilleur Album de l'année. En 1982, Al Jarreau participe à la bande originale du film Night Shift, un des premiers films du réalisateur Ron Howard (le Richie de la série Happy Days) en interprétant le titre Girls Know How écrit par Burt Bacharach, Carole Bayer Sager et David Foster et toujours produit par Jay Graydon mais cette fois en compagnie de David Foster. Burt Bacharach et Carole Bayer Sager écrivent la majorité des musiques de ce film. En cette même année 1981 il se produit également au célèbre festival de Montreux en Suisse sur les bords du Lac Léman. Trois titres en duo avec Randy Crawford seront immortalisés sur l'album Casino Lights: Recorded Live at Montreux, Switzerland, il s'agit de Who's Right Who's Wrong (Kenny Loggins/Richard Page), Sure Enough (Tom Snow/Cynthia Weil) et Your Precious Love (Nickolas Ashford/Valerie Simpson). En 1983, paraît l'album Jarreau, sous la houlette Jay Graydon qui choisit pratiquement les mêmes musiciens que sur Breakin' Away. Les singles Mornin', Boogie Down et Trouble In Paradise accompagneront cet album. Parmi les musiciens ne figurant pas sur Breakin' Away, on note la présence de Steve Porcaro (Toto), frère du batteur Jeff Porcaro. Les années 1983-4 marquent un profond changement dans l'industrie musicale, aussi bien dans la politique des maisons de disques que dans les productions proposées. L'année 84 verra l'avènement du tout synthétique et Al Jarreau n'échappera pas à cette mode avec l'album High Crime, toujours produit par Jay Graydon, qui connaîtra moins de succès que ses prédécesseurs. 1984 est aussi l'année les retrouvailles entre Jarreau et le producteur Tommy LiPuma pour l'album Live In London enregistré au stade de Wembley. La version audio totalise huit pistes, moins que la cassette vidéo sortie à la même époque. Lors de ce concert, Al Jarreau est entouré d'une « dream team » constituée de Robbie Buchanan aux claviers, Nathan East à la basse, Ricky Lawson à la batterie, Charles "Icarus" Johnson à la guitare, Richard Page et Steve George dans les chœurs, Larry Williams aux synthétiseurs et Jerry Hey et Michael Paulo respectivement trompette et saxophone. En 1985, Al Jarreau participe avec le groupe anglais de jazz/funk/pop Shakatak au single Day By Day. L'année 1985 sera également celle du concert USA for Africa, pour la chanson We Are The World, projet initié par Michael Jackson, Lionel Richie et Quincy Jones, qui réussiront à rassembler une très grande partie des stars américaines de la chanson du moment, dont Al Jarreau. En 1986, Al Jarreau prend la direction de New York pour enregistrer un nouvel album, L Is For Lover, aux connotations funky-pop. Il décide de faire confiance au producteur Nile Rodgers. Parmi les musiciens, on peut remarquer Hiram Bullock, le batteur Steve Ferrone (Average White Band) et le français Philippe Saisse (Claude Nougaro, Chaka Khan, etc.). 1988 marque le retour de Al Jarreau avec un nouvel album, Heart's Horizon, et une nouvelle et dernière collaboration avec Jay Graydon. D'autres producteurs sont également présents : George Duke, Dennis Matkosky et le Français Philippe Saisse. De nombreux musiciens des studios de L.A. sont de la partie : Stanley Clarke, Bill Champlin (Chicago), Bobby McFerrin, Paul Jackson, Jr., Bobby Kimball (Toto), Jerry Hey, Russell Ferrante (Yellowjackets), pour n'en citer que quelques-uns. Années 1990 Il se passera ensuite quatre ans avant que Jarreau ne sorte de nouvel album. 1992 voit la sortie de Heaven And Earth, produit par Narada Michael Walden. Ce ne sera pas un album majeur dans la carrière de Jarreau, malgré quelques titres intéressants. En 1994, sur l'album Tenderness, Al Jarreau change radicalement ses choix de production en sortant un disque enregistré live en studio. Jarreau revient à un chant très jazz sur cet album, qui ne comporte que des reprises : We Got By, You Don't See Me, une interprétation de She's Leaving Home des Beatles, Mas Que Nada de Jorge Ben, Try A Little Tenderness (popularisée par Otis Redding) ou encore Go Away Little Girl de la paire Gerry Goffin/Carole King. L'album est le fruit d'une collaboration avec Paulinho Da Costa, Steve Gadd, Joe Sample, Marcus Miller (producteur), Eric Gale ou encore David Sanborn. Le reste des années 1990 ne verra la sortie que d'une compilation, Best Of Al Jarreau, avec deux titres inédits : Compared To What et Goodhands Tonight. Années 2000 et 2010 Al Jarreau commence la décennie 2000 avec la sortie d'un nouveau disque sur le label GRP Records. Tomorrow Today est un opus de très bonne facture, sous la houlette du producteur à la mode dans le milieu du smooth jazz, Paul Brown. L'album comporte notamment le très latino Tomorrow Today ou encore Just To Be Loved (Bill Champlin / Greg Mathieson). À noter aussi la présence de Vanessa Williams pour un duo sur God's Gift To The World. L'album All I Got de 2002 (GRP Records) est le fruit du même groupe de musiciens, avec les présences de Paul Brown et de Rex Rideout comme producteurs. L'album comporte un duo avec Joe Cocker, Lost And Found. Parmi les participants, on note également Siedah Garrett, Jeff Lorber, Freddie Ravel, Kirk Whalum et Tony Maiden. Avec Accentuate The Positive (2004), sur le prestigieux label Verve, Al Jarreau fait un retour au jazz avec l'aide de Tommy LiPuma, producteur de Diana Krall, Michael Franks et George Benson, entre autres. Al Jarreau interprète des classiques du Great American Songbook, mais aussi des compositions originales. Une production très minimaliste permet à la voix de Jarreau de montrer que, malgré le poids des années, il est toujours là. Peter Erskine à la batterie, Luis Conte aux percussions, Larry Goldings à l'orgue Hammond et Christian McBride à la basse donnent le La. En 2006, Al Jarreau et George Benson font pour la première fois équipe ensemble pour un album en commun, Givin' It Up. L'album est une réussite, avec une pléiade de stars invitées sur le CD : Paul McCartney, Herbie Hancock, Jill Scott, Chris Botti, Stanley Clarke, Marcus Miller pour ne citer que ceux-là. Al Jarreau pose des paroles sur le Breezin' de Bobby Womack, popularisé par George Benson en 1976, ainsi que sur Tutu de Miles Davis, la reprise du classique de Seals And Crofts Summer Breeze. La tradition veut qu'aux États-Unis, chaque artiste sorte au moins un album de Noël durant sa carrière. En 2008, Al Jarreau se plie à cette tradition avec son album Christmas, où l'on note la présence du groupe vocal Take 6, mais aussi de plusieurs stars des studios californiens : le trompettiste et arrangeur Jerry Hey, le guitariste Michael Thompson, le percussionniste Lenny Castro, ainsi que son directeur musical Larry Williams. En 2009 sort une nouvelle compilation chez Rhino Records, comportant un titre inédit enregistré avec la paire Ahmir "Questlove" Thompson/James Poyser. En 2009 également, il fait un duo avec la chanteuse Pauline Wilson, sur l'album de reformation du groupe Seawind. À l'été 2010, Al Jarreau entame une tournée européenne, avec notamment des concerts à Nice (Nice Jazz Festival) et à Marseille (Festival Jazz des Cinq Continents). Il est hospitalisé d'urgence le 22 juillet pour des problèmes respiratoires, juste avant un concert à Barcelonnette,. À l'automne 2010, on peut entendre Al Jarreau sur le nouvel album du guitariste producteur de Smooth Jazz, Paul Brown, Love You Found Me. Il est aussi présent sur deux titres du dernier album de Deodato, Crossing. En 2011, il joue à « Jazz à Vienne » puis, le 22 juillet 2011 (un an exactement après son malaise), il revient au Festival des « Enfants du Jazz » de Barcelonnette, souhaitant honorer son engagement et rencontrer son public. Un nouvel album est en préparation pour l'année 2012 sous la houlette du producteur et musicien George Duke, ainsi que de son directeur musical Larry Williams. La mort en 2013 de George Duke change le programme d'Al Jarreau qui sortira finalement en 2014 son dernier disque consacré à son ami décédé : My Old Friend: Celebrating George Duke. Le 8 février 2017, il annonce sa retraite après avoir interrompu sa tournée pour cause d'« épuisement ». Il meurt le 12 février 2017 à l'âge de 76 ans dans un hôpital de Los Angeles où il était hospitalisé depuis deux semaines. Vie privée Al Jarreau se marie une première fois avec Phyllis Hall en 1964. Le couple se sépare en 1968 et le chanteur épouse ensuite le mannequin Susan Player en 1977, avec laquelle il a un fils, Ryan. Discographie Principaux titres Parmi ses interprétations les plus connues, on peut citer : Albums (avec classement U.S. dans les différentes catégories Billboard et classement anglais) Singles (avec les classements U.S. dans les différents catégories Billboard) Source : Wikipedia

CHUCK BERRY

Charles Edward Anderson Berry, dit Chuck Berry, né à Saint-Louis (Missouri) le 18 octobre 1926 et mort le 18 mars 2017 à Wentzville, comté de Saint Charles (Missouri), est un guitariste, chanteur, auteur-compositeur américain et l'un des pionniers de la musique rock?n’roll. Avec les chansons comme Maybellene (1955), Roll Over Beethoven (1956), Rock and Roll Music (1957) et Johnny B. Goode (1958), Chuck Berry a développé le « rhythm and blues » de son temps en y apportant des éléments distinctifs de ce qui deviendra le « rock 'n' roll » : des paroles axées sur la vie adolescente, le consumérisme ainsi qu’une musique donnant la part belle aux solos de guitare et à la mise en scène de son/ses interprète(s) - autant d’éléments qui exerceront une influence majeure sur la musique rock subséquente. Chuck Berry fut probablement le seul compositeur qui, de son vivant, pouvait se produire en concert dans n'importe quel endroit de la planète en recrutant sur place à la dernière minute « éventuellement le jour même, dans le bistrot d'en face la salle de concert » les musiciens pour l'accompagner qui connaissent déjà son répertoire, et peuvent improviser dessus. Biographie Jeunesse Charles Edward Anderson Berry est né le 18 octobre 1926 à Saint-Louis, dans le Missouri. Il est le quatrième des six enfants de Henry William Berry et Martha Bell Banks. Son père est charpentier et diacre dans une église baptiste du quartier, tandis que sa mère est institutrice. La famille Berry, qui appartient à la classe moyenne, vit dans un quartier afro-américain relativement prospère du nord de Saint-Louis, The Ville (en). Charles Berry s'intéresse à la musique à un jeune âge, et se produit en public pour la première fois en 1941 dans son lycée. Chuck Berry découvre la musique dans l'église locale où il se rend régulièrement avec ses six frères et sœurs. Ses parents font en effet partie de la chorale locale. Il est scolarisé à la Simmons Grade School puis à la Sumner High School. Il apprend la basse et la guitare dans le Glee club de son école. En 1944, alors qu'il est encore au lycée, Berry est arrêté par la police pour avoir braqué trois magasins de Kansas City avant de voler une voiture saoul avec quelques amis. Dans son autobiographie, il explique que sa voiture était tombée en panne et que l'arme avec laquelle il avait menacé le propriétaire du véhicule volé n'était pas chargée. Il est condamné et envoyé à la Intermediate Reformatory for Young Men, une maison de correction située à Algoa, près de Jefferson City. Durant son séjour, il s'adonne à la boxe et participe à un groupe de chant. Il en ressort le jour de son vingt-et-unième anniversaire, en 1947. Charles Berry se marie, le 28 octobre 1948, avec Theretta Suggs, dite « Toddy ». Leur fille, Darlin Ingrid Berry, naît le 3 octobre 1950. Pour subvenir aux besoins de sa famille, Berry prend divers emplois à Saint-Louis : ouvrier dans deux usines automobiles, concierge de l'immeuble où il vit. Il suit brièvement des cours de cosmétologie avec ses soeurs au Poro College of Cosmetology fondé par Annie Malone (en). Sa situation financière est suffisamment bonne pour lui permettre d'acheter une petite maison sur Whittier Street en 1950, qui figure au National Register of Historic Places depuis 2008. Afin d'arrondir ses fins de mois, Berry joue dans les bars et les boîtes de nuit de Saint-Louis avec des groupes locaux. Il joue du blues depuis qu'il est adolescent, empruntant les riffs et l'attitude de T-Bone Walker. Son style de guitare est également influencé par son ami Ira Harris, qui lui donne des leçons. Il se produit avec le trio du pianiste Johnnie Johnson à partir de 1953. Le trio joue principalement du blues et des ballades, mais Berry décide d'intégrer des chansons de country à leur répertoire. Ce genre, particulièrement populaire chez les blancs de la région, suscite d'abord la surprise dans leur public en majorité noir, mais il attire peu à peu un public plus diversifié. Premiers succès chez Chess Records (1955-1962) Chuck Berry se rend à Chicago en mai 1955. Il y fait la connaissance de Muddy Waters, qui lui conseille d'entrer en contact avec Leonard Chess, le co-fondateur de la maison de disques Chess Records. Leonard Chess, conscient que le marché du rhythm and blues se réduit, cherche à diversifier ses productions. Ce n'est donc pas le blues de Berry qui l'intéresse, mais une chanson plus inattendue : sa reprise de Ida Red (en), une chanson country de Bob Wills. Le 21 mai 1955, Berry enregistre sa version de Ida Red, rebaptisée Maybellene, avec Johnnie Johnson au piano, Jerome Green (du groupe de Bo Diddley) aux maracas, Jasper Thomas à la batterie et Willie Dixon à la contrebasse. Le single se vend à plus d'un million d'exemplaires et atteint la première place du classement rhythm and blues du magazine Billboard. À la fin du mois de juin 1956, Roll Over Beethoven se classe no 29 du hit-parade, et Chuck Berry participe à la tournée « Top Acts of '56 », durant laquelle il se lie d'amitié avec Carl Perkins. Fin 1957, il participe à une autre tournée, « Biggest Show of Stars for 1957 », organisée par Alan Freed, aux côtés des Everly Brothers et de Buddy Holly, entre autres. Entre 1957 et 1959, Chuck Berry produit une douzaine de singles à succès, dont quatre qui se classent dans le top 10 des ventes : School Days (mars 1957), Rock and Roll Music (septembre 1957), Sweet Little Sixteen (janvier 1958) et Johnny B. Goode (mars 1958). Il apparaît dans les films Rock Rock Rock (1956) et Go, Johnny, Go! (1959), avec un petit rôle dans le second. À la fin de la décennie, il est devenu une véritable vedette. Il ouvre une boîte de nuit à Saint-Louis, le Berry's Club Bandstand, et investit dans l'immobilier. En décembre 1959, Berry est arrêté pour violation du Mann Act (en) : il aurait eu des rapports sexuels avec une jeune Apache de 14 ans après lui avoir fait franchir une frontière d'État pour la faire travailler dans sa boîte de nuit. Au terme d'un procès de deux semaines, il est reconnu coupable en mars 1960 et condamné à cinq années de prison, ainsi qu'à verser une amende de 5 000 dollars. Il fait appel, estimant que l'attitude raciste du juge a influencé le jury en sa défaveur. Le second procès, qui prend place en mai-juin 1961, le condamne à nouveau à trois ans de prison. Un deuxième appel échoue et Berry est incarcéré de février 1962 à octobre 1963. Bien qu'il ait continué à enregistrer des chansons et donner des concerts pendant ces procès, sa popularité en souffre et les ventes de ses singles s'en ressentent. Nouveaux succès, entre Chess et Mercury (1963-1979) À sa sortie de prison, Chuck Berry bénéficie d'un regain de popularité grâce aux groupes anglais de la British Invasion, qui ont publié des reprises de ses chansons : les Beatles enregistrent Roll Over Beethoven sur leur deuxième album, tandis que Come On est la face A du premier single des Rolling Stones. D'autres groupes s'en sont fortement inspirés, comme les Beach Boys, dont le tube Surfin' U.S.A. (1963) reprend la mélodie de Sweet Little Sixteen. Berry publie huit singles en 1964-1965, dont trois se classent dans le top 20 : No Particular Place to Go (en) (une nouvelle version humoristique de School Days), You Never Can Tell et Nadine (en). Il change de maison de disques en 1966, quittant Chess pour Mercury Records. Il enregistre cinq albums chez Mercury, dont son premier live, Live at the Fillmore Auditorium, sur lequel il est accompagné par le Steve Miller Band. Les concerts de Chuck Berry restent particulièrement appréciés, malgré son comportement parfois difficile, il lui arrive de parler longuement entre les morceaux, ainsi que de changer ses paroles dans d'imprévisibles improvisations, comme beaucoup de poètes le font[réf. nécessaire]. Sa tournée au Royaume-Uni en janvier 1965 est ainsi marquée par des performances parfois « médiocres », et sa méthode de travail, qui consiste à faire appel à des groupes locaux sans répéter avec eux avant les concerts, nuit à sa réputation dans le métier, tout comme son refus de toute négociation de contrat. Sur le sol américain, il se produit lors de grands festivals, comme le Schaefer Music Festival (en), à Central Park, en juillet 1969, ou le Toronto Rock and Roll Revival Festival, au mois d'octobre. Chuck Berry retourne chez Chess Records en 1970. En dépit d'une campagne tentant vainement de la faire interdire de diffusion à la BBC, My Ding-a-Ling décroche le no 1 du Hit-Parade au Royaume Uni et aux États-Unis, en 1972, son seul no 1 parmi une quarantaine de titres apparus aux classements des Charts anglais ou américains durant sa carrière. Il s'agit d'une chanson amusante, « le sous-entendu est au pire, du niveau des cartes postales de bord de mer, ou de l'humour au music-hall » , dira le patron de la BBC ; pour Yves Bigot le titre est « carrément pornographique et musicalement inattendu[e] ». Son single suivant, Reelin' and Rockin' (en), marque sa dernière apparition dans le top 40 en tant qu'interprète. Ces deux chansons figurent sur l'album The London Chuck Berry Sessions, enregistré à Londres dans la foulée du succès d'albums similaires de Howlin' Wolf et Muddy Waters. Le contrat de Berry avec Chess prend fin en 1975 avec un album simplement intitulé Chuck Berry (en). Quatre ans plus tard, Atco Records publie Rock It (en), le dernier album studio de Chuck Berry avant 2017. Sur la route (1979-2017) Tout au long des années 1970, Berry tourne « seul, sans manager ni musicien », dans sa Cadillac, avec sa seule guitare Gibson, confiant dans le fait de trouver sur place un groupe connaissant sa musique, et capable de le suivre sans avoir répété avant. Ces concerts, qui s'inscrivent dans le mouvement oldies, dépendent fortement de la qualité du groupe du moment et nuisent à la réputation du chanteur, aliénant ses anciens fans sans lui en gagner de nouveaux. Son concert le plus notable de la décennie est celui qu'il donne le 1er juin 1979 à la Maison-Blanche, à la demande du président Jimmy Carter. La fin des années 1970 est marquée par de nouveaux problèmes avec la justice : l'IRS accuse Berry, qui se fait généralement payer en liquide à chaque concert, d'évasion fiscale. Le chanteur plaide coupable et se voit condamné à quatre mois de prison et 1 000 heures de travaux d'intérêt général, qui se traduisent par des concerts de bienfaisance. Berry continue à donner entre 70 et 100 concerts par an tout au long des années 1980. En 1986, le cinéaste Taylor Hackford réalise le film-documentaire Hail! Hail! Rock 'n' Roll, entièrement consacré aux concerts organisés par Keith Richards pour célébrer le soixantième anniversaire de Chuck Berry. « Berry, homme de scène cabotin et conquérant, arbore fièrement sa guitare Gibson ES-335 rouge », notamment entouré du pianiste Johnnie Johnson (son mentor des premiers jours), du batteur Steve Jordan et des guitaristes Eric Clapton, Robert Cray, ainsi que des chanteuses Etta James et Linda Ronstadt et de Keith Richards lui-même. La même année, il fait partie des premiers musiciens intronisés au Rock and Roll Hall of Fame à Cleveland, dans l'Ohio. À la fin des années 1980, Chuck Berry rachète un restaurant à Wentzville, dans le Missouri, le Southern Air. En 1990, plusieurs femmes l'accusent d'avoir placé des caméras dans les toilettes des femmes. L'affaire est réglée à l'amiable, le propriétaire versant aux 59 plaignantes une somme non communiquée, mais que son biographe Bruce Pegg estime à environ 1,2 million de dollars, sans compter les frais de justice. Après l'an 2000, il donne une série de concerts qui rencontrent un vif succès, remplissant les salles européennes. Il se produit également un mercredi par mois au Blueberry Hill, un restaurant de Saint-Louis. Le 1er janvier 2011, âgé de 84 ans, l'artiste très fatigué doit interrompre une prestation à Chicago, après avoir donné un concert erratique. En octobre 2016, à l'occasion de ses 90 ans, il annonce son retour avec un nouvel album, Chuck (en). Mort La police du comté de Saint Charles (Missouri) est appelée, le 18 mars 2017, à 12 h 40 heure locale, pour une urgence médicale au domicile de Chuck Berry à Wentzville. Après des tentatives de réanimation infructueuses, le chanteur est déclaré mort à 13 h 26 par les secours. Discographie Style Chuck Berry est l'un des pionniers du rock and roll, aussi bien en termes de musique que d'attitude. Dans ses chansons les plus célèbres des années 1950, Maybellene, Roll Over Beethoven, Rock and Roll Music et Johnny B. Goode, il développe le rhythm and blues dans la direction qui sera celle du rock and roll, avec des solos de guitare et des paroles qui parlent de danse, de voitures et de la vie scolaire, autant de sujets qui s'adressent directement aux adolescents. Ses chansons sont de véritables petites histoires construites autour d'un riff de guitare, un modèle suivi par de nombreux auteurs-compositeurs de rock par la suite. Ses chansons ont été reprises par de nombreux artistes, dans des genres très variés. Sans être extraordinairement technique, Berry possède un jeu de guitare unique, clair et excitant, influencé par Carl Hogan (en) et T-Bone Walker,. Son attitude sur scène influence également de nombreux guitaristes. Il est notamment l'inventeur du duckwalk, un mouvement qui s'effectue avec les genoux pliés, parfois avec une jambe en l'air. Hommages et distinctions En 1977, Johnny B. Goode est choisi pour être emporté par la sonde Voyager I sur le Voyager Golden Record. C'est le seul titre rock'n'roll gravé sur ce disque contenant des sons et des images, afin de présenter à d'éventuels êtres extraterrestres la quintessence de la production vivante sur Terre (sous forme d'un inventaire des Arts et des Sciences),. En 1984, Chuck Berry reçoit le Grammy du couronnement d'une carrière. En 1986, il fait partie des premiers musiciens intronisés au Rock and Roll Hall of Fame. En 2000, il reçoit le Kennedy Center Honors. En 2003, Rolling Stone Magazine l'a classé 6e meilleur guitariste de tous les temps et 25e plus grand chanteur de tous les temps. Il est également classé 7e sur la liste des 10 plus grands joueurs de guitare électrique de tous les temps par le magazine Time en 2009. En 2014, il reçoit le prix Polar Music. Matériel Voici une liste du matériel le plus souvent employé par Chuck Berry : Gibson Les Paul Goldtop (à cordier trapèze) 1952 Gibson Byrdland ES 5 (trois micros) 1951 Gibson ES 350 À partir de 1958, Chuck Berry utilise presque exclusivement des Gibson ES-335 : Gibson ES-335 standard Gibson ES-335 T sunburst 1958 Gibson ES-335 (à cordier trapèze) 1960 Gibson ES-335 rouge TDC Publication (en) Chuck Berry, Chuck Berry: The Autobiography, Simon & Schuster, 1988(ISBN 0-671-67159-6). Références (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Chuck Berry » (voir la liste des auteurs). Bibliographie (en) Bruce Pegg, Brown Eyed Handsome Man: The Life and Hard Times of Chuck Berry, Routledge, 2003(ISBN 0-415-93751-5). Liens externes Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel ? International Standard Name Identifier ? Bibliothèque nationale de France (données) ? Système universitaire de documentation ? Bibliothèque du Congrès ? Gemeinsame Normdatei ? Bibliothèque nationale de la Diète ? Bibliothèque nationale d'Espagne ? WorldCat (en) Site officiel Entretien, RollingStone[1] Source : Wikipedia

Didier Barbelivien

Didier Barbelivien, né le 10 mars 1954 à Paris , est un auteur-compositeur-interprète français. Carrière Didier Barbelivien est élevé au Congo où son père fait de l'import-export de bestiaux, avant d'arriver en France à six ans. Il a tout juste 16 ans lorsqu’il commence à écrire de nombreuses chansons ; certains de ses textes feront l’objet d’adaptations de chansons à succès, comme Méditerranéenne qui est une reprise de la chanson L'Italiano de Toto Cutugno[réf. nécessaire]. En 1978, il écrit la chanson Il y aura toujours des violons, (composée par Gérard Stern) pour Joël Prévost, représentant la France au Concours Eurovision de la chanson se déroulant à Paris. Prévost se classa troisième sur vingt pays. Didier Barbelivien connaît le succès comme chanteur, d’abord en solo dès les années 1980 avec Elle, qui devient la 19e meilleure vente de l'année 1980 en France, puis en duo en 1990 avec Félix Gray, avec notamment les chansons À toutes les filles (reprise de la version de Julio Iglesias et Willie Nelson de To all the girls I've loved before) et Il faut laisser le temps au temps qui occuperont la première place du Top 50,. En 1993, Didier Barbelivien surprend son public en revenant sur le devant de la scène avec une fresque historique Vendée 93, inspirée du roman de Victor Hugo Quatre-vingt-treize. La chanson Les mariés de Vendée, interprétée avec Anaïs est encore aujourd’hui l’un de ses plus grands succès. En 1995, il écrit et compose avec François Bernheim la chanson Il me donne rendez-vous pour Nathalie Santamaria représentant la France au Concours Eurovision de la chanson. Elle s'est classée quatrième sur vingt-trois pays. L’année suivante, il signe tous les textes du spectacle musical Les enfants du soleil qui restera plusieurs semaines à l’affiche du Dôme à Marseille. Didier Barbelivien publie ensuite Envoie les clowns en 2005, adaptation de Send In The Clowns, chanson américaine de Glynis Johns, écrite et composée par Stephen Sondheim, extraite de la comédie musicale A Little Night Music, et chanté entre autres par Frank Sinatra. En 2007 sort États des Lieux, un album qui lui donne l’envie (pour la première fois de sa carrière) de monter sur scène, passant notamment par l’Alhambra en janvier 2012 avant de continuer une tournée en France. Son album Atelier d’Artistes, sorti en septembre 2009 dans lequel il revisite les plus grandes chansons qu’il a écrites pour les autres, est certifié disque de platine. Cette même récompense lui est remise pour l'album Mes préférences (2011), dans lequel il rend hommage à tous les artistes qu’il admire en dressant quelques magnifiques portraits « à la manière de ». La chanson Jean de France, dédiée à Jean Ferrat est devenue une pièce maîtresse du répertoire de l’artiste et connaît un triomphe à chacun de ses concerts. En juin 2012 est paru un best of de trois CD reprenant ses plus grands succès mais aussi deux inédits, La montagne et Que serais-je sans toi en duo avec Natasha St Pier. Didier Barbelivien prépare un nouveau spectacle musical Marie-Antoinette et le Chevalier de Maison-Rouge, co-écrit avec Antoine Rault, une adaptation du Chevalier de Maison-Rouge, d’après le roman historique d’Alexandre Dumas. Le premier single La France sorti début 2015 est interprété par les premiers rôles de la comédie musicale : Kareen Antonn, Mickaël Miro, Slimane et Valentin Marceau. Ce spectacle a été annoncé à plusieurs reprises : 2015, 2016, 2017, mais le projet a été ajourné. Titres écrits pour d'autres artistes Parmi les principaux titres écrits pour d'autres artistes, on peut citer L'été s'ra chaud et la bande originale de Albator et de San Ku Kaï (pour Éric Charden), Mon Italie, Pour te dire je t'aime, Là où je t'aime, C'était mon ami, Reviens-moi, Parce que je ne t'aime plus, Salut Salaud, Une femme à quarante ans (pour Dalida), Petite fille du soleil (pour Christophe), Et tu danses avec lui (pour C. Jérôme), Gina et Est-ce que tu viens pour les vacances ? (pour David et Jonathan), Un roman d'amitié (pour Elsa et Glenn Medeiros), Je te survivrai (pour Jean-Pierre François), Elle m'oublie (pour Johnny Hallyday), Mon mec à moi et Mademoiselle chante le blues (pour Patricia Kaas), Elle préfère l'amour en mer et Il tape sur les bambous (pour Philippe Lavil), Michèle (pour Gérard Lenorman), 28° à l'ombre (pour Jean-François Maurice), Les sunlights des tropiques et On va s'aimer (pour Gilbert Montagné), "J'étais un ange" (pour Michel Delpech), Nice baie des anges (pour Dick Rivers), Quand je t'aime et Loin des yeux, loin du cœur (pour Demis Roussos), Rouge, Les Yeux d'un animal, Le Privilège, La Rivière de notre enfance (pour Michel Sardou), Le tam-tam du vent (pour Sheila), Reviens, Je l'aime tant et Méditerranéenne (pour Hervé Vilard) et La Religieuse (pour Céline Dion). Discographie Principales chansons Être César Elle Elsa Vive le Roy À toutes les filles avec Félix Gray (1990) Il faut laisser le temps au temps avec Félix Gray E vado via avec Félix Gray Les Mariés de Vendée avec Anaïs Quitter l'autoroute avec Anaïs C'est de quel côté la mer Là où je t'aime Chanteur de slow Puy du fou Jean de France Baobab Albums 2001 : Chanteur français 1997 : Yesterday les Beatles 1995 : Que l'amour 1994 : Quitter l'autoroute (avec Anaïs) 1992 : Vendée 93 1991 : Les Amours cassées (avec Félix Gray) 1989 : Des mots d'émotion 1987 : Peut-être toi, peut-être une autre 1985 : C'est de quel côté la mer ? 1982 : Elsa 1980 : Elle Radio 1990 : il a composé et écrit des textes de jingles pour la radio Europe 2. été 2016 : Les Etoiles d'Europe 1 le dimanche de 11h à 12h Bibliographie Rouge Cabriolet, roman, Fixot, 1991. Léo Ferré, la chanson du bien-aimé (avec Dominique Lacout), Éditions du Rocher, 1993. Poetic Graffiti, Fixot, 1997. Je me souviens de tout, XO éditions, 2010. Opinions politiques Didier Barbelivien est royaliste,. Il a par ailleurs exprimé en 2010 son soutien à Nicolas Sarkozy, et de nouveau en 2016. Notes et références Liens externes Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel ? International Standard Name Identifier ? Bibliothèque nationale de France (données) ? Système universitaire de documentation ? Bibliothèque du Congrès ? Gemeinsame Normdatei ? WorldCat Site officiel (en) Didier Barbelivien sur l’Internet Movie Database Didier Barbelivien sur Allociné Source : Wikipedia

France Gall

Isabelle Gall, dite France Gall, née le 9 octobre 1947 dans le 12e arrondissement de Paris et morte le 7 janvier 2018 à Neuilly-sur-Seine, est une chanteuse française. Elle connaît de grands succès à partir du début des années 1960, remportant notamment en 1965 le premier prix au Concours Eurovision de la chanson avec le titre Poupée de cire, poupée de son. Alors qu'elle connaît le succès en Allemagne, sa popularité s'estompe en France jusqu'à sa rencontre avec l'auteur-compositeur-interprète Michel Berger, qu'elle épouse en 1976. Elle enchaîne à nouveau les succès du milieu des années 1970 au début des années 1990, avec des chansons composées pour elle par Michel Berger (notamment La Déclaration d'amour, Si, maman si, Il jouait du piano debout, Résiste, Débranche, Diego libre dans sa tête, Babacar, Ella, elle l'a ou Évidemment). Marquée par la mort de son mari en 1992, des problèmes de santé et la mort de sa fille, elle quitte la scène musicale en 1997. Elle crée la comédie musicale Résiste en 2015. Biographie Enfance et famille Isabelle Gall descend d’un seigneur de Tanlay, lié à la branche des Hohenstauffen et aux Capétiens du côté maternel, et de cordonniers alsaciens du côté paternel, de Rosheim. Le père d'Isabelle Gall, Robert Gall (1918-1990), ancien élève du conservatoire, est un chanteur et auteur, entre autres, des Amants merveilleux pour Édith Piaf (1960) et de La Mamma pour Charles Aznavour (1963). Sa mère, Cécile Berthier, est la fille de Paul Berthier (1884-1953), cofondateur de la Manécanterie des Petits Chanteurs à la croix de bois. Elle est la nièce de Jacques Berthier (1923-1994), compositeur et organiste, cousine du guitariste Denys Lable, de Vincent Berthier de Lioncourt (d) (fils de Jacques), fondateur, en 1987, du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV) et de François Brochet, sculpteur. Elle voit défiler chez ses parents de nombreux artistes comme Hugues Aufray, Marie Laforêt ou Claude Nougaro. Enfant, elle accompagne quelquefois son père dans les coulisses de l'Olympia. Il lui fait même manquer l'école pour l'emmener voir Piaf, Bécaud ou Aznavour en concert à Bruxelles. Elle commence le piano à cinq ans, puis la guitare vers onze ans. À treize-quatorze ans, elle fait de la musique avec ses deux frères, les jumeaux Patrice et Philippe : ils ont fondé un petit orchestre et jouent l'été sur les plages et l'hiver à Paris. La petite Isabelle est surnommée « Babou » par sa famille, surnom qu’elle portera jusqu'à sa mort. Son père, devant son caractère affirmé, lui octroie le titre de « petit caporal ». Ses violons d’Ingres sont la peinture et les jeux de société. Carrière artistique Débuts Isabelle Gall donne son premier concert privé à Auxerre dans l'atelier de Noël Brochet, un cousin éloigné sculpteur. Pendant les vacances de Pâques 1963, son père l'incite à enregistrer quelques chansons et remet les bandes à un éditeur musical, Denis Bourgeois. Le 11 juillet suivant, l'éditeur lui fait passer une audition au théâtre des Champs-Élysées. Du fait qu'elle est alors mineure, son père doit signer le contrat pour elle chez Philips où Denis Bourgeois est déjà directeur artistique de Serge Gainsbourg. Elle enregistre quatre titres avec l'arrangeur Alain Goraguer, jazzman et compositeur, qui a notamment travaillé avec Gainsbourg et Boris Vian. Pour ne pas interférer avec Isabelle Aubret, alors grande vedette, la direction artistique impose une contrainte à Isabelle Gall : Bourgeois lui demande d'abandonner son prénom et d'en choisir un autre. Elle devient alors « France Gall » à la scène. Ce prénom aurait été choisi par son père ou par Denis Bourgeois, directeur artistique de Philips, tous deux grands amateurs de rugby, pour faire un jeu de mot avec le match France-Galles de rugby, médiatisé lors de l'enregistrement de ses chansons. Sur ce prénom France, la chanteuse commentera simplement plus tard : « J’ai toujours été contre ?France?, je trouvais que c’était trop dur. ?Isabelle?, ça me correspondait, ça me plaisait. Je ne sais pas ce qui s’est passé pour que je me mette à aimer mon nom. Et maintenant c’est ?France Gall?. C’est exactement moi. » Le jour de ses seize ans, le 9 octobre 1963, ses chansons sont diffusées pour la première fois à la radio. C'est le titre phare, Ne sois pas si bête, qui obtient le succès. France Gall se place à la 44e place du hit-parade de Salut les copains du mois de novembre (derrière Tu n'y crois pas de Michel Berger et devant La Mamma de Charles Aznavour). Denis Bourgeois a alors une idée qui va s'avérer fructueuse. La carrière de son poulain Serge Gainsbourg piétine malgré plusieurs albums à son actif, ainsi que des compositions estimées pour des chanteurs rive gauche comme Michèle Arnaud ou Juliette Gréco. Il propose à Gainsbourg d'écrire pour France Gall. Le compositeur signe N'écoute pas les idoles sur le deuxième 45 tours de la chanteuse, titre qui se place en tête du hit-parade du mois de mars 1964. À propos de Serge Gainsbourg, France Gall confie : « C’est quelqu’un que j’avais du plaisir à voir parce que je l’admirais et j’aimais ce qu’il écrivait. Et j’aimais bien sa timidité, son élégance et son éducation. C’était très agréable comme relation. [?] J’étais très impressionnée que cet homme travaille pour moi et s’intéresse à moi? » Avec le succès, elle quitte le lycée Paul-Valéry où elle redoublait sa troisième[réf. souhaitée]. Paris Match du 21 mars 1964 lui consacre un article pour la première fois[réf. souhaitée]. Elle fait ses premiers pas sur scène le 14 avril 1964 en première partie de Sacha Distel à l'Ancienne Belgique de Bruxelles. Elle hérite de l'impresario de ce dernier, Maurice Tézé, qui est également parolier. Sous la direction de cette équipe composée de vétérans du métier, France Gall a des difficultés à défendre le choix de son répertoire (la seule chanson qu’elle a coécrite, avec son père, est Pense à moi sur une musique jazzy de Jacques Datin, un des quatre titres de son premier 45 tours). Néanmoins, cette équipe lui permet de créer un répertoire original, alors que la plupart de ses collègues yéyés recourent systématiquement à des adaptations de succès anglo-saxons. Formée à cette école, elle confie plus tard : « Une interprète, déjà qu'elle n'écrit pas les paroles et la musique, si en plus elle pique les chansons des autres, si elle ne crée pas la chanson, cela n'a pas un grand intérêt. » Outre son père et son frère Patrice, elle doit ses succès des années 1960 à la plume de grands auteurs et compositeurs français, dont beaucoup d’œuvres s’inscrivent au patrimoine de la chanson populaire : Gérard Bourgeois, Jean-Pierre Bourtayre, Vline Buggy, Pierre Cour, Joe Dassin, Jacques Datin, Pierre Delanoë, Jean Dréjac, Alain Goraguer, Hubert Giraud, Georges Liferman, Guy Magenta, Eddy Marnay, André Popp, Jean-Michel Rivat, Jean-Max Rivière, Gilles Thibaut, Frank Thomas, Maurice Vidalin et Jean Wiéner. S’ils donnent à cette femme-enfant de la chanson francophone des textes souvent stéréotypés d’une adolescente vue par des adultes, c’est Serge Gainsbourg qui apporte la note insolite en la promouvant « Lolita française ». De plus, les orchestrations hautement élaborées du jazzman Alain Goraguer harmonisent et unifient le style de cette jeune chanteuse qui navigue entre jazz, chansons enfantines et équivoques. À la scène, elle est successivement accompagnée par les groupes « Patrick Samson et les Phéniciens » et par « Les Français ». Cette période voit sortir Jazz à gogo (paroles de Robert Gall et musique de Goraguer), ainsi que Mes premières vraies vacances, œuvre du tandem Datin-Vidalin. L'association Gainsbourg-Gall se démarque durant l'été 1964 avec le tube Laisse tomber les filles renforcé par Christiansen des duettistes Datin-Vidalin. Entre temps, Gainsbourg a capté son rire pour le coller sur Pauvre Lola, l'une des chansons de son album Gainsbourg Percussions qui paraît la même année. Fin 1964, France Gall se plie aux demandes de ses managers en enregistrant un 45 tours destiné aux enfants. Son père lui écrit, sur une musique du compositeur Georges Liferman, un titre qu'elle enregistre à regret, Sacré Charlemagne : « Sacré Charlemagne, j'en étais malade, je me souviens, je n'aimais pas du tout ça. Je ne l'aimais pas et pourtant je l'ai laissé sortir. C'est vous dire à quel point je ne maîtrisais pas la situation. » Eurovision et premiers succès Sacré Charlemagne connaît un grand succès en France, où il se classe no 2 des ventes, mais aussi en Espagne (no 20) et en Turquie (no 5). Cette chanson devient même l'hymne du mouvement de la jeunesse algérienne et donnera, quelques décennies plus tard et à la demande des élèves du pôle scolaire d'Auvillers-les-Forges (Ardennes), le nom de « Rue du Sacré-Charlemagne» à celle qui passe devant leur école. France Gall est ensuite sélectionnée pour représenter le Luxembourg au 10e Concours Eurovision de la chanson. Elle a gain de cause en choisissant Poupée de cire, poupée de son sur les 10 titres qu'on lui propose. À l'automne 1964, elle était apparue sur la couverture du magazine Mademoiselle âge tendre et tapa dans l’œil de Serge Gainsbourg, qui en acheta un exemplaire. Rentré chez lui, il commença à composer la chanson qui deviendra Poupée de cire, poupée de son. Il s’inspira pour les paroles de la chanson des réponses de la jeune femme dans l’interview du magazine. Le 20 mars 1965, l'équipe des « 3 G », Gainsbourg-Gall-Goraguer, est à Naples, à la Sala di Concerto della RAI (la salle de concerts des studios napolitains de la télévision italienne) où se tient le Grand Prix Eurovision de la chanson. Les répétitions sont interrompues par des incidents entre l'orchestre italien et la délégation luxembourgeoise. Les musiciens n'apprécient guère l'attitude à leur égard de l'auteur-compositeur de la chanson. Certains comparent sa partition au bruit d'une cavalcade et d'autres huent la chanteuse. Gainsbourg, furieux, claque la porte des répétitions et menace de retirer sa chanson du concours. Un compromis finit par être trouvé, mais persiste une certaine tension qui se reflète dans l'attitude et la prestation de France Gall, déstabilisée par l'incident,. En 2015, elle indiquera : « J’y suis allée, dans ma tête, tellement perdante ». Passant en quinzième position sur les dix-huit participants et sous la direction d'Alain Goraguer, elle chante en effet d'une voix mal assurée devant plus de 150 millions de téléspectateurs. La singularité de la chanson étonne. Elle sera en tête du vote final (jurys nationaux uniquement lors de cette édition) du début jusqu'à la fin et finit par remporter le Grand Prix. Elle obtient quatre fois la note maximale, mais huit pays, dont la France, ne lui attribuent aucun point. France Gall apporte ainsi la deuxième victoire au Luxembourg quatre ans après Jean-Claude Pascal et son titre Nous les amoureux. Gainsbourg et France Gall reçoivent chacun la médaille du Grand Prix des mains de Mario Del Monaco. Pour la première fois dans l'histoire du concours, la chanson gagnante n'est pas une ballade. Le succès de Poupée de cire, poupée de son dépasse les frontières européennes et France Gall l'enregistre en trois langues : allemand, italien et japonais. La chanson atteint le top 10 de plusieurs pays : France, Allemagne, Espagne, Norvège, Danemark, Japon, Turquie, Argentine, Chili, Singapour, Autriche, Pays-Bas, Finlande, Suède.... Elle est l'une des premières chansons de l'histoire du concours à rencontrer un tel succès. Le public français s'émeut et reproche à Gall et à Gainsbourg d'avoir gagné pour le Luxembourg et non pour leur propre pays ; elle rétorque qu'elle ne connait guère les coulisses de sa sélection par RTL, affirmant avoir accepté la proposition de l'« état-major du Luxembourg ». Elle confiera par la suite que Claude François lui a annoncé la rupture de leur couple au téléphone juste après l'annonce de sa victoire, ce qui l'aurait déstabilisée alors qu'elle devait retourner sur scène interpréter la chanson, : « Tu as gagné, mais tu m’as perdu. », lui aurait alors dit le chanteur. De plus, juste après avoir remporté le concours, France Gall est giflée, dans les coulisses, par Kathy Kirby, la représentante du Royaume-Uni, classée deuxième avec la chanson I Belong et persuadée de s'être fait voler la victoire, alors qu'elle était la favorite de cette édition. France Gall éclate en sanglots alors que la presse ne se rend compte de la situation, pensant qu'il s'agit de larmes de joie. Chamboulée, elle n’assiste pas à la conférence de presse du lendemain et rentre à Paris pour se réconcilier avec Claude François. Elle part pour une tournée d'été de plusieurs mois sur les routes françaises avec le chapiteau du Cirque de France. Son frère Philippe a remplacé le bassiste de l'orchestre. Elle continue d'engranger des succès écrits par Gainsbourg : il y a Attends ou va-t'en puis, à la fin de l'année, Nous ne sommes pas des anges ainsi que L'Amérique du parolier Eddy Marnay et du compositeur Guy Magenta. Le 5 mars 1966, elle est présente à la villa Louvigny à Luxembourg, au Grand Prix Eurovision de la chanson européenne 1966. Pour rappeler le vainqueur de l'année précédente, seul l'orchestre joue Poupée de cire, poupée de son. À la fin du morceau la caméra filme une vue d'ensemble de l'orchestre avant un gros plan sur France Gall. Au terme de la soirée, elle remet la médaille du Grand Prix à Udo Jürgens, le gagnant autrichien avec la chanson Merci, Chérie. Suite à cette collaboration, Serge Gainsbourg rend hommage à France Gall, en 1978, dans l'émission Numéro un, en confiant à son mari Michel Berger, que « France Gall m'a sauvé carrément la vie, puisque j'étais un marginal. En 1964, N'écoute pas les idoles, en 1965, l'Eurovision avec Poupée de cire, poupée de son et là, les portes se sont ouvertes. Maintenant, je ne suis plus un marginal mais c'est toi qui est avec France Gall ». Nouvelles collaborations avec Gainsbourg L'année 1966 débute avec un nouveau tube de Gainsbourg, Baby Pop, un texte que France Gall qualifie de « brutal », mais dont on n'écoute pas la noirceur des paroles chantées par cette adolescente de dix-huit ans. France Gall figure sur la « photo du siècle » regroupant 46 vedettes françaises du yéyé en avril 1966. En revanche, l'œuvre suivante de Gainsbourg, Les Sucettes, commentée par les propos appuyés de son auteur, déclenche un vent de scandale grandissant au fil des mois. Ce succès s'accorde mal avec les autres chansons naïves du même disque, telles que Je me marie en blanc, Ça me fait rire et Quand on est ensemble. D’autant plus que, parallèlement, dans le spectacle télévisé Viva Morandi, qui s’inscrit dans la mouvance psychanalytique du dernier film de Fellini, Juliette des esprits (1965), France incarne l’une des deux jeunes filles en fleurs, sorties des bouches d'ombres, qui troublent le yéyé italien Gianni Morandi à la recherche de l'amour. Elle est « La Grâce » qui chante Les Sucettes (précédée d'un écriteau spécifiant « Fantaisie ») aux côtés de Christine Lebail qui est « La Pureté ». Ces interprétations contradictoires des Sucettes déroutent et provoquent un malaise dont France Gall ne sort pas indemne quand elle comprend, trop tard, qu'elle a été manipulée dans un but médiatique. Ce qui lui fait dire : « Je n'aime pas susciter le scandale. J'aime qu'on m'aime. » Désormais, ses disques suivants, même expurgés de la signature gainsbourgienne, sont suspectés de visées bassement mercantiles. Ainsi, on lui reproche sa chanson Bonsoir John-John dédiée au fils de John Fitzgerald Kennedy, John Fitzgerald Kennedy, Jr. : « ? France Gall : En France, on m'est encore tombé dessus. ? Philippe Constantin : Ah ! Oui ! Accusée de nécrophilie? Braves ménagères françaises, si elles avaient vu, aux USA, les ravissants coquetiers à l'effigie de Kennedy, avec la trace des balles dessinées en rouge sur le support? » Au début de l'année 1967, son duo avec Maurice Biraud, La Petite, évoquant une gamine convoitée par un ami du père, traîne ce disque vers le bas en éclipsant la poétique Néfertiti de Gainsbourg. Son 45 tours suivant est enregistré avec l'orchestrateur David Whitaker, talentueux compositeur anglais. De nouveaux auteurs, Frank Thomas et Jean-Michel Rivat, associés au compositeur-chanteur Joe Dassin, ont écrit pour France Gall Bébé requin, succès qui occulte les autres titres. Teenie weenie boppie, chanson avec laquelle Gainsbourg signe une charge contre le LSD, fait un flop qui marque la fin de leur collaboration au moment où Gainsbourg diversifie ses productions pour France Gall, notamment avec leur duo consacré à la peine de mort, Qui se souvient de Caryl Chessman ?, qui n'est pas commercialisé. Succès en Allemagne et déclin en France Dès 1966, France Gall entame une carrière en Allemagne où elle enregistre régulièrement jusqu'en 1972 avec une équipe, notamment avec le compositeur et orchestrateur Werner Müller. Des vedettes comme l'acteur Horst Buchholz (Les Sept Mercenaires) ou le compositeur de musiques de films Giorgio Moroder (Midnight Express, Top Gun) lui écrivent Love, l'amour und liebe (1967), Hippie, hippie (1968), Ich liebe dich, so wie du bist (1969) et Mein Herz kann man nicht kaufen (1970). Quelques-uns de ses autres succès en allemand : Haifischbaby (Bébé requin), Die schönste Musik, die es gibt, Was will ein Boy (1967), A Banda (Zwei Apfelsinen im Haar), Der Computer Nr. 3 (1968), Ein bißchen Goethe, ein bißchen Bonaparte, I Like Mozart (1969), Komm mit mir nach Bahia, Miguel (1972). En France, elle ne fait plus de succès et son association avec Gainsbourg ne fonctionne plus. Même certaines de ses chansons pour enfants enregistrées en 1966 ne lui épargnent pas des jugements peu amènes, car soupçonnées rétrospectivement d'être pernicieuses (Les Leçons particulières)[réf. nécessaire]. Les mises en scène corrosives de Jean-Christophe Averty lui faisant commander un troupeau d'hommes à quatre pattes pour illustrer sa chanson enfantine J'ai retrouvé mon chien dans son émission télévisée Les Raisins verts n'arrangent pas les choses[réf. nécessaire]. Avec David Whitaker, elle enregistre un autre 45 tours avec une nouvelle œuvre du trio Thomas, Rivat et Dassin, Toi que je veux, mais cela ne fonctionne plus. Les arrangements de bonne qualité, tels ceux de la Chanson indienne, composée par Whitaker, ne sauvent pas le disque.en 1968, elle retrouve son orchestrateur Goraguer pour son nouveau disque. Les quatre titres, le jazz Le Temps du tempo (paroles de Robert Gall et musique de Goraguer), le pop Dady da da (des paroles de Pierre Delanoë sur la musique composée par Michel Colombier pour l'indicatif du magazine TV Dim, Dam, Dom), le folk La Vieille Fille de Rivat et Dassin et le classique Allo ! Monsieur là-haut du compositeur Gérard Gustin avec des paroles écrites par le comédien Philippe Nicaud, sont balayés par Mai 68. Elle quitte Paris pour ne pas vivre les évènements de mai 1968 : « Ahlala, ce que j'ai pu avoir peur. Au début, je n'éprouvais qu'une certaine irritation. À cause des batailles du Quartier latin et des grèves, voilà que la sortie de mon nouveau super 45 tours était compromise. Moi qui avait tant travaillé pour qu'il soit réussi. Et à l'irritation a succédé la peur. Une peur carabinée. » Ses chansons suivantes, malgré la sensuelle et délicate jazzy Y'a du soleil à vendre écrite par Robert Gall sur une musique d'Hubert Giraud ou les compositions de Dassin (24 / 36, Souffler les bougies), ne suscitent pas d'intérêt. France Gall profite, fin 1968, de sa récente majorité, vingt et un ans à l'époque, et de l'échéance de son contrat chez Philips la même année pour voler de ses propres ailes en se séparant de Denis Bourgeois. Elle enregistre début 1969 pour une nouvelle maison de disques, La Compagnie, née de l'association d'artistes comme Hugues Aufray, Nicole Croisille et Michel Colombier. Avec La Compagnie et Norbert Saada comme producteur de musique et directeur artistique, France Gall commence une traversée du désert avec des enregistrements où le meilleur côtoie souvent le pire, sans qu'elle réussisse à trouver un style cohérent. Elle s'égare dès 1969 avec deux adaptations : l'une originaire d'Italie, L'Orage (La Pioggia), qu'elle défend pourtant avec Gigliola Cinquetti au festival de Sanremo 1969, et l'autre créée par la Britannique Barbara Ruskin, Les Années folles (Gentlemen Please). Elle se remémore cette époque lors d'un entretien accordé aux journalistes du magazine Platine en 1996 : « ? Platine : Vous avez souffert de ce creux de la vague ? ? France Gall : Qu'est-ce que je n'étais pas bien ! C'est assez angoissant à vingt ans de ne pas avoir d'argent quand on en a eu beaucoup à seize. ? Platine : La Compagnie, c'était une galère ? ? France Gall : Galère, c'est le mot ! Hallucinant. Je suis même allée au festival de Sanremo défendre L'Orage avec Gigliola Cinquetti. Là, j'ai même chanté avec little Stevie Wonder. Je me souviens avoir été très mauvaise. » Le meilleur est ignoré, tels Les Gens bien élevés de Frank Gérald et Hubert Giraud et La Manille et la Révolution de Boris Bergman et Hubert Giraud et, en 1970, Zozoï, paroles de Robert Gall sur une musique du brésilien Nelson Angelo et Les Éléphants, paroles de Jean Schmitt et musique de Jean Géral. De plus, sa maison de disques La Compagnie fait faillite. En 1971, elle est la première artiste à enregistrer en France pour le label américain Atlantic. Mais même avec des prestigieux auteurs comme Jacques Lanzmann et son C'est cela l'amour (sur une musique blues de Paul-Jean Borowsky ? ex-Martin Circus) ou Étienne Roda-Gil et son Chasse-neige, cela ne fonctionne pas. France Gall se tourne alors à nouveau vers Gainsbourg. Il lui écrit, en 1972, Frankenstein et, sur une musique de Jean-Claude Vannier, Les Petits Ballons, qu'elle enregistre pour le label EMI-Pathé, mais cela ne fonctionne pas non plus. Elle travaille cette fois avec Jean-Michel Rivat comme directeur artistique et, malgré la maturité des textes de celui-ci, c'est encore le flop avec 5 minutes d'amour (1972) et Par plaisir ou Plus haut que moi (1973). En 1971, elle participe avec son frère Patrice à un roman-photo que le magazine Télé Poche publie en huit épisodes, et qu'elle commente ainsi aux journalistes du magazine Platine : « Pour moi, ce roman-photo, c'était la déchéance. L'étape d'après aurait été de faire un film porno (rires) ». Rencontre avec Michel Berger C'est en entendant à la radio, un jour de 1973, la chanson Attends-moi interprétée par Michel Berger que France Gall est subjuguée par sa musique. À l'occasion d'une émission de radio, elle lui demande s'il peut lui donner son avis à propos des chansons que son producteur voudrait lui faire enregistrer. Bien que Michel Berger soit déconcerté par la pauvreté des chansons proposées à France Gall, il n'est pas question pour lui d'une collaboration entre eux. Ce n'est que six mois plus tard, en 1974, qu'il accepte d'écrire pour elle, après qu'elle a fait une voix sur le titre Mon fils rira du rock'n'roll du nouvel album de Berger (Chansons pour une fan), et après que l'éditeur de Gall le lui a proposé. La chanteuse a déjà décidé : « Ce sera lui ou ce sera personne ». C'est ainsi que naît en 1974 La Déclaration d'amour, premier succès d'une longue liste, et que la carrière de la chanteuse prend un nouvel essor : « Premier disque, première chanson. J'attendais tellement de cette première fois que quand il m'a joué la chanson au piano, j'ai été? comment dire? un peu déçue. Je rêvais d'une chanson rythmique, et me voilà avec une sensuelle déclaration. Le jour du studio, j'étais un peu tendue. Après une ou deux prises, Michel était content. Dans la foulée, il me demande d'écrire un texte parlé sur l’ad lib de la fin comme si j'avais fait ça toute ma vie, écrire ! Il s'est rendu compte qu'il manquait un solo de guitare à deux heures du matin. Effondré, il ouvre la porte du studio et croise un guitariste qui travaillait à côté et qui rentrait chez lui. En un quart d'heure, la guitare de Jean-Pierre Castelain s'imprimait sur la bande seize-pistes où le piano de Michel, omniprésent, donne à lui seul le balancement bien particulier de cette chanson. Premier cadeau. Le public a été là tout de suite. » Elle ajoutera à propos de cette rencontre décisive : « Ça a transformé mon existence, ma vie. Ça m’a apaisée ». Le 6 janvier 1976, après 12 ans de carrière, paraît son premier album studio, France Gall, enregistré en 1975. L'interprète s'entretient à ce sujet avec le journaliste Richard Cannavo : « C'est mon premier album ! C'est un truc énorme pour moi ». Richard Cannavo ajoute : « Ce premier album, c'est une manière d'effacer définitivement la France Gall des sixties : on est passé à autre chose. »,. Création familiale et musicale Comme un cadeau prénuptial, Michel Berger consacre son Numéro un, diffusé le 22 mai 1976 sur TF1, à l'écriture d'une comédie musicale, Émilie ou la Petite Sirène 76, inspirée du célèbre conte d'Hans Christian Andersen et dont l'héroïne est, bien sûr, France Gall : « C'est la date de cette émission qui a déterminé la date de notre mariage un mois plus tard ». Il en reste un duo du couple, succès de l'été : Ça balance pas mal à Paris. Les deux artistes se marient effectivement le 22 juin 1976 à la mairie du 16e arrondissement de Paris. Par cette alliance, France Gall devient la belle-fille du professeur Jean Hamburger, membre de l'Académie française, et de la pianiste Annette Haas. Deux enfants naissent de cette union : Pauline Isabelle (Neuilly-sur-Seine, 14 novembre 1978 - Paris, 15 décembre 1997 morte d'une mucoviscidose) et Raphaël Michel (Boulogne-Billancourt, 2 avril 1981). Gall partage avec Berger ses années de travail et une vie familiale qu'elle privilégie. Sous l'impulsion de Berger, elle reprend goût à la scène. En 1978, elle monte de nouveau sur les planches, celles du théâtre des Champs-Élysées (où elle avait auditionné quinze ans plus tôt), pour un spectacle intitulé Made in France. Outre le fait que les duettistes travestis brésiliens Les Étoiles assurent un intermède (contesté) en milieu de spectacle et que France Gall enchaîne avec eux sur la reprise d'une de ses chansons de 1973, Plus haut que moi (adaptation française de Maria vai com as outras, une bossa nova écrite, composée et interprétée à l'origine par les Brésiliens Vinícius de Moraes et Toquinho) ; une des originalités de ce spectacle est qu'il repose sur une formation exclusivement composée de femmes : à l'orchestre, aux chœurs et à la danse. En 1979, c'est un spectacle inédit auquel France Gall participe dans le rôle de Cristal et qui reste dans les mémoires. L'opéra-rock Starmania est présenté pendant un mois au Palais des congrès de Paris. Composé par Michel Berger et écrit par l'auteur québécois Luc Plamondon, c'est une réussite, alors que ce genre musical ne rencontrait pas les faveurs des producteurs en France. En 1982, durant plusieurs semaines à guichets fermés, France Gall investit le Palais des sports de Paris pour présenter un spectacle novateur sans paillettes et sans strass, mais haut en couleurs et en musiques électriques. C'est Tout pour la musique, dont le public reprend en chœur deux titres devenus depuis des standards de la chanson française : Résiste et Il jouait du piano debout. Entre 1980 et 1985, elle est présente pendant 36 semaines au classement du Top album, avec ses albums Paris, France et Débranche ! ayant respectivement été no 1 pendant 11 et 24 semaines. Musique et actions humanitaires Les années 1980 sont celles des grandes actions humanitaires dont l'impulsion est donnée par des Anglo-Saxons et le tube de leur Band Aid. France Gall se joindra aux Chanteurs sans frontières, à l'initiative de Valérie Lagrange et sous l'égide de Renaud, pour offrir, en 1985, un SOS Éthiopie au profit du pays en question. Elle prend le relais du même Renaud, au nouveau Zénith de Paris, pour une série de concerts durant trois semaines. Elle y interprète, accompagnée par son public, de nouvelles chansons comme Débranche, Hong-Kong Star, Plus haut, Diego libre dans sa tête et Cézanne peint. Les années 1985 et 1986 voient France Gall avec Michel Berger, Richard Berry, Daniel Balavoine et Lionel Rotcage œuvrer notamment pour le Mali grâce à leur association Action Écoles. Ce sont des écoliers volontaires qui récolteront des denrées de première nécessité pour ces pays d'Afrique où sévit la famine et la sécheresse. Ainsi, des tonnes de nourritures et des pompes à eau seront expédiées sous l'œil vigilant des artistes. À la suite de la mort accidentelle de Daniel Balavoine le 14 janvier 1986, France Gall chante en 1987 le titre Évidemment, écrit par Berger, en hommage à leur ami disparu. Ce titre figure sur l'album Babacar. Dans cet album, figure également le titre Ella, elle l'a, hommage à la chanteuse de jazz Ella Fitzgerald, qui est resté en tête pendant quatre semaines en Allemagne, étant le cinquième single le plus vendu cette année-là et qui a eu encore plus de succès qu'en France. Lors d'un passage à Grenoble en octobre 1987, France Gall est abordée par un jeune fan de 16 ans venant de participer à une émission de RTL dédiée à de jeunes talents. Elle décèle immédiatement les qualités du jeune Calogero et en parle à sa maison de production Apache. Calogero dira plus tard « qu'après l'avoir rencontrée, [il] étai[t] certain de réussir [s]on rêve ». Suit un nouveau spectacle qui, du Zénith de Paris, part en tournée dans toute la France. C'est l'éblouissant Tour de France 88 mis en scène par Berger. France Gall, qui a déjà songé à arrêter sa carrière, est interviewée à cette occasion par Richard Cannavo : « ? Lorsque vous préparez un spectacle, vous vous dites que c'est peut-être le dernier ? ? Non, mais je me dis que je n'en offrirai plus des quantités, ça c'est sûr? Mais ce n'est pas le dernier, parce que le dernier ce sera Michel et moi. En attendant, vous n'imaginez pas combien je vais en profiter, de celui-là. Vous ne pouvez pas vous imaginer ! De chaque soir, de chaque seconde ; il faut que j'amasse un maximum, des émotions, des souvenirs, pour ?après?? Parce que le jour où je m'arrêterai, ce sera quelque chose de très douloureux? Mais c'est une chose à laquelle je me prépare depuis des années déjà. Tant que je me sens proche de mon public, ça va. Mais un jour je m'arrêterai, c'est sûr. Je crois que ce qui sera plus fort que ma passion pour ce métier, c'est la crainte de tout gâcher. Parce que ce qui me fait peur surtout, c'est l'idée de ne pas me rendre compte que je vieillis, et que je ne parle plus le même langage. C'est ça qui me fera décrocher : lorsque je ne parlerai plus ?leur? langage. Et je veux que ce soit par ma propre volonté, par-delà ma tristesse. » Elle désire pourtant interrompre sa carrière après le succès de l'album Babacar et de la tournée consécutive ? à la surprise de Michel Berger, qui lui en veut beaucoup sur le moment au point de se sentir trahi. Mort de Michel Berger France Gall prend du recul et enregistre peu pendant les années qui suivent. Elle ne consent à reprendre le chemin des studios qu'à condition d'enregistrer un album avec Michel Berger. Elle s'investit comme jamais dans cette création à deux voix, pas tout à fait un duo ; l'album Double Jeu sort en juin 1992. France Gall et Michel Berger ont tourné ensemble le clip du titre-phare Laissez-passer les rêves. Ils annoncent une série de concerts dans des salles parisiennes comme La Cigale et Bercy. À partir de juillet 1991, Michel Berger vit avec la mannequin Béatrice Grimm. Il veut divorcer et se marier avec elle pour s'établir à Santa Monica. L'été 1992, il se ressource dans sa propriété de Ramatuelle, dans le Sud de la France, car l'enregistrement de l'album Double Jeu l'a épuisé en raison de désaccords artistiques avec France Gall et le règlement de ses problèmes de couple avec l'avocat ont engendré chez lui une grande anxiété. Le projet de concerts est interrompu par le décès brutal de l'auteur-compositeur-interprète, qui succombe à une crise cardiaque le 2 août 1992. Fin de carrière et comédie musicale Résiste France Gall participe au spectacle des Enfoirés deux années consécutives : Les Enfoirés chantent Starmania le 26 février 1993 à la Grande halle de la Villette à Paris et Les Enfoirés au Grand Rex le 27 janvier 1994. Elle continue de se produire dans des concerts dont l'Olympia en 1996, puis met fin à sa carrière de chanteuse en 1997. Approchée par Pascal Obispo, qui lui présente des compositions, elle ne donne pas suite. Les 12 et 15 août 2000, elle fait deux apparitions sur la scène de l'Olympia, pour interpréter Quelque chose de Tennessee en duo avec Johnny Hallyday. C'est la dernière fois qu'elle chante sur scène. Elle n'apparaît quasiment plus dans les média. En septembre 2002, alors que les participants à la deuxième saison de Star Academy font de la chanson Musique leur hymne qui figurera sur l'album Star Academy chante Michel Berger, France Gall se plaint de cette reprise à la production de l'émission. Les apprentis chanteurs se verront dans l'obligation de réenregistrer une nouvelle version. Elle refuse une participation au conte musical Le Soldat rose, présenté en 2006, que lui propose Louis Chedid pour le rôle finalement tenu par Vanessa Paradis. Le 2 août 2012, jour anniversaire des vingt ans de la mort de Michel Berger, la radio Europe 1 diffuse un entretien dans lequel France Gall annonce travailler à « l’écriture d’un spectacle musical autour de la musique de Michel, chantée par lui ou par [elle] ». Ce projet, qui répond selon elle « à une attente du public », consiste à « monter en spectacle, revivre les tournées même si [elle] ne va pas chanter », confie-t-elle lors de cet entretien. Début 2015, elle laisse toutefois planer le doute sur un éventuel retour à la chanson. Écrite par France Gall et Bruck Dawit et mise en scène par Ladislas Chollat, Résiste est une comédie musicale rendant hommage à Michel Berger. France Gall supervise les répétitions. Le spectacle est présenté au Palais des sports de Paris du 4 novembre 2015 au 3 janvier 2016. Une tournée en France, en Belgique et en Suisse suit et s'achève le 23 décembre 2016 au Zénith de Lille. Fin de vie et mort Le cancer du sein de France Gall ? traité en 1993 ? connaît une récidive en 2015. Sa maladie n'est pas révélée au grand public. Le 30 janvier 2017, France Gall participe à la cérémonie des Globes de cristal, où son spectacle Résiste reçoit le prix de la meilleure comédie musicale ; il s'agit de sa dernière apparition publique. Le 9 décembre 2017, elle ne peut assister aux obsèques de Johnny Hallyday, ce qui alimente les rumeurs sur son état de santé. Dix jours plus tard, le 19 décembre, elle est admise en soins intensifs à l'hôpital américain de Neuilly pour une « infection pulmonaire sévère ». Elle meurt dans cet hôpital le 7 janvier 2018, à l'âge de 70 ans, des suites de la récidive de son cancer,. Le cercueil de France Gall est exposé au public au funérarium du Mont Valérien. Ses funérailles auront lieu le 12 janvier 2018 « dans la plus grande intimité » selon le souhait de la famille, avant l'inhumation au cimetière de Montmartre, auprès de son époux Michel Berger et de leur fille. Vie privée En 1964, à l'âge de 17 ans, France Gall vit une histoire d'amour avec Claude François, qui est marié. Leur séparation définitive, en juillet 1967, inspire au chanteur les paroles de Comme d'habitude qui connaîtra un succès international, notamment dans sa version anglophone My Way. S'étant séparés en de mauvais termes, ils ne se revoient qu'en 1973 et chantent en duo dans une émission de télévision en septembre 1974. Elle vit avec le chanteur Julien Clerc de 1970 à 1974,. Sa collaboration avec Michel Berger, entamée en 1973, se mue progressivement en relation amoureuse. Ils se marient le 22 juin 1976 à Paris,. Ils ont deux enfants : Pauline Isabelle, née le 14 novembre 1978 et morte le 15 décembre 1997 d'une mucoviscidose ; Raphaël Michel, né le 2 avril 1981 Michel Berger meurt le 2 août 1992, des suites d'un infarctus, alors qu’il passe ses vacances en famille dans sa résidence d’été à Ramatuelle. Quelques mois après ce drame, dont elle souffre énormément, elle se voit diagnostiquer un cancer du sein, dont elle est opérée avec succès le 22 avril 1993. Elle déclarera par la suite : « À l'annonce de la mort de Michel, j'ai ressenti une douleur dans le ventre, dans le corps, tellement forte, je me suis dit qu'elle devait ressortir d'une manière ou d'une autre. Mon cancer était la concrétisation de mon mal intérieur ». Marquée par ce tragique évènement, frappée par un cancer du sein puis par le décès de sa fille aînée Pauline des conséquences de la mucoviscidose, France Gall, si elle fait ensuite quelques apparitions sur la scène musicale (Bercy 1993, Pleyel 1994, Olympia 1996), est moins présente dans l'univers médiatique. De 1995 à sa mort, elle partage sa vie avec Bruck Dawit, ancien collaborateur de Sting, Prince, The Rolling Stones ou Eric Clapton. Elle se rend régulièrement à Dakar au Sénégal à partir de 1969. Elle fait construire une résidence dans l’île de N’Gor en 1990 ainsi qu'un restaurant et une école. Après s'être retirée du monde de la chanson, elle y vit six mois par an. Elle refuse toute création de fan-club, n’encourage pas l’édition de biographies et ne signe jamais d'autographes. Elle déclare à ce sujet, en 1987 : « Qu’il reste quelque chose de moi m’indiffère. Je ne suis pas comme ces personnalités politiques qui éprouvent le besoin de faire bâtir un monument afin de laisser une trace tangible de leur passage : moi, je ne construis que ma vie? » En 2001, elle précise : « Je n'écrirai jamais d'autobiographie. Mon livre, c'était cet autoportrait que j'ai voulu le plus sincère possible », et, en 2004 : « Les chanteurs ne trichent pas. Chanter, ce n'est pas simplement aller chercher de l'air et le ressortir en mots et en notes. C'est donner, se livrer, s'exposer ». Un destin sans cinéma En 1965, une émission pour la télévision, réalisée par Jean-Christophe Averty et consacrée aux chansons de France Gall, est distribuée aux États-Unis. Gall est alors pressentie par Walt Disney pour incarner Alice dans une version musicale qu’il souhaite réaliser après avoir déjà fait Alice au pays des merveilles en dessin animé en 1951 et dont il n'est pas satisfait musicalement. C’est le seul projet cinématographique auquel elle répond favorablement, alors qu’elle a toujours demandé à son entourage de « l’empêcher de faire du cinéma ». Disney, déjà gravement malade, meurt le 15 décembre 1966 et son idée disparaît avec lui. Pourtant, en mars 1974, elle participe au téléfilm Notre correspondant à Madras réalisé par Jean-Pierre Spiero et diffusé sur la nouvelle troisième chaîne. Elle incarne la secrétaire lascive de Sacha Pitoëff dans cette courte fiction (25 min) d’une série expérimentale et ambitieuse voulue par la chaîne. Ce téléfilm et cette série ne laisseront pas un souvenir marquant dans l’histoire de la télévision française. En 1988, elle refuse même un projet cinématographique de Michel Berger. C’est ce qu’elle confie à Christophe Nicolas sur Radio Nostalgie : « ? Christophe Nicolas : Après l’énorme succès de l’album Babacar en 87. [?] Il voulait faire réaliser un film? ? France Gall : C’était un film musical. [?] J’ai refusé de faire ce film à la grande tristesse de Michel parce que je déteste jouer la comédie. J’aurais dû jouer la comédie, même si je devais chanter c’est quand même jouer la comédie. J’avais déjà du mal à tourner des clips de trois minutes, donc je me suis dit si je pars dans un film ça va être horrible, je vais être malheureuse. Voilà pourquoi ça ne s’est pas fait. » En 1993-1994, naît l'idée d'une collaboration cinématographique avec son amie la scénariste Telsche Boorman, mais le projet s'éteint avec le décès de Telsche en février 1996. En 1996, elle contacte Jean-Luc Godard, dont elle a notamment aimé le film Nouvelle Vague (1990), pour qu’il réalise le clip de sa chanson Plus haut à la suite de la sortie de son album France. Godard, qui, jusque-là, n'a jamais été sollicité pour tourner un clip, accepte. Ils mettent en boîte, dans les bureaux du cinéaste à Rolle (Suisse), un minifilm, car Godard, après avoir visionné de nombreux clips, lui a dit : « On ne va pas faire ça quand même, vous êtes d'accord. » Cela aboutit au pictural et onirique Plus oh ! qui, après son unique diffusion le 20 avril 1996 sur M6, est interdit d’antenne, car Godard ne s’est pas acquitté de tous les droits d'auteur (voir l'album France, section « Autour de l'album »). En 2012, dans l'émission télévisée d'Alessandra Sublet, C à vous, France Gall se rappelle avoir décliné l'offre du réalisateur Jean Herman pour interpréter, dans Adieu l'ami (sorti en 1968), le rôle de Dominique à cause d'une scène où elle aurait dû embrasser Alain Delon, car, à l'époque, elle avait une relation amoureuse avec Claude François. En 2015, dans un entretien pour Gala, elle déclare s'être vue proposer de tourner pour Claude Chabrol et Robert Hossein. Prises de position En dehors de ses engagements humanitaires, France Gall s'est peu exprimée sur ses opinions politiques durant sa carrière. Elle participe pour la première fois à un rassemblement politique en apparaissant à un meeting de François Mitterrand pour l'élection présidentielle de 1988. Lors de l'élection présidentielle de 2007, elle affiche sa préférence pour Nicolas Sarkozy. Lors de l'élection de 2012, elle choisit de soutenir François Hollande, déclarant : « J'avais voté Sarkozy à la présidentielle précédente, et donc pour la première fois à droite. Sans doute parce que je l'avais croisé dans le cadre de l'association Cœur de femmes que je défendais. Il a naturalisé 25 femmes qui venaient de la rue. Mais, l'an passé, j'ai voté Hollande parce que, ici, nous sommes une maison de gauche. » En 2013, elle exprime ses doutes sur le projet de loi ayant autorisé le mariage homosexuel en France, mais déclare ensuite s'être mal exprimée : « À force de vouloir tout expliquer, je me suis mal exprimée. [?] Et j'ai été mal comprise. [?] Mes potes gays étaient furieux et stupéfaits. [?] Donc je le dis clairement, je ne suis pas, absolument pas, contre le mariage pour tous, au contraire, je suis pour l'égalité des droits. » L'interprète et ses auteurs Énigmes Claude Dejacques, producteur chez Philips en 1966, conçoit de sortir, pour le 1er avril de la même année, un album-gag dans lequel les plus grands artistes maison échangent leurs tubes respectifs. Ainsi, France Gall reprend Jolie Môme, une chanson écrite par Léo Ferré dont Juliette Gréco a fait grand succès en 1961, tandis qu'Anne Sylvestre reprend L'Amérique, un tube de France Gall en 1965. Comme beaucoup d'idées originales, l'album « poisson d'avril » restera dans les placards de Philips, on ignore pour quelles raisons. En 2003, Universal sort le CD Volume no 5 (S.O.S. mesdemoiselles) de son anthologie compilée Pop à Paris. C'est avec surprise qu'on découvre et entend France Gall chanter un titre dit « inédit » écrit par Serge Gainsbourg en 1967, Bloody Jack, avec les mêmes musique et arrangements que ceux de sa chanson gainsbourgienne Teenie Weenie Boppie, sortie la même année. Le texte de ce Bloody Jack est identique à celui de la chanson du même titre que Gainsbourg interprétera en 1968 sur une musique totalement différente. Pour épaissir le mystère, Zizi Jeanmaire reprend, toujours en 1968, la version de Gainsbourg avec un texte légèrement modifié. Hommages Ses ruptures sentimentales ont inspiré trois chansons : 1967 : Comme d'habitude de Claude François (paroles de Claude François et Gilles Thibaut, musique de Claude François et Jacques Revaux) ; 1968 : Reste de Claude François, adaptation française par Jacques Plante de Beggin' du groupe The Four Seasons (paroles et musique originales de Bob Gaudio/Peggy Santiglia) ; 1975 : Souffrir par toi n'est pas souffrir de Julien Clerc (paroles d’Étienne Roda-Gil et musique de Julien Clerc). Michel Berger lui consacre également deux chansons d'amour : 1974 : La Déclaration d'amour (paroles et musique de Michel Berger) ; 1983 : Lumière du jour (paroles et musique de Michel Berger). France Gall et ses chansons dans la fiction Son personnage au cinéma 2010 : Gainsbourg, vie héroïque, film de Joann Sfar : incarnée par Sara Forestier. 2012 : Cloclo, film de Florent Emilio-Siri : incarnée par Joséphine Japy. Ses chansons au cinéma et au théâtre Cinéma 1966 : Objectif 500 millions de Pierre Schoendoerffer : Dis à ton capitaine, paroles de Maurice Tézé et musique de Guy Magenta 1966 : Au hasard Balthazar de Robert Bresson : Je me marie en blanc, paroles de Jean Dréjac et musique de Jean Wiéner 1994 : Portrait d'une jeune fille de la fin des années 60 à Bruxelles de Chantal Akerman (collection TV d'Arte, Tous les garçons et les filles de leur âge) : Bébé requin, paroles de Jean-Michel Rivat/Frank Thomas et musique de Joe Dassin 1995 : L'Âge des possibles de Pascale Ferran : Babacar, paroles et musique de Michel Berger 1997 : On connaît la chanson d’Alain Resnais : Résiste, paroles et musique de Michel Berger 1998 : La fille d'un soldat ne pleure jamais (A Soldier's Daughter Never Cries) de James Ivory : Teenie Weenie Boppie, paroles et musique de Serge Gainsbourg 1999 : But I'm a Cheerleader (Mais je suis une pom-pom girl) de Jamie Babbit : Chick Habit (Laisse tomber les filles), version américaine interprétée par April March, paroles d'April March et musique de Serge Gainsbourg 2005 : 40 milligrammes d'amour par jour de Charles Meurisse : Besoin d'amour, paroles de Luc Plamondon et musique de Michel Berger 2006 : Qui m'aime me suive de Benoît Cohen : La Déclaration d'amour, paroles et musique de Michel Berger 2007 : Boulevard de la mort (Death Proof) de Quentin Tarantino : Chick Habit / Laisse tomber les filles, versions américaine et française interprétées par April March, paroles d'April March/Serge Gainsbourg et musique de Serge Gainsbourg 2009 : Home de Yann Arthus-Bertrand : La Rose des vents, paroles de Maurice Vidalin et musique de Jacques Datin 2010 : Les Amours imaginaires de Xavier Dolan : Cet air-là, paroles de Robert Gall et musique d'Alain Goraguer 2010 : Gainsbourg, vie héroïque de Joann Sfar : Baby Pop, paroles et musique de Serge Gainsbourg 2012 : Cloclo de Florent Emilio-Siri : Laisse tomber les filles et Poupée de cire, poupée de son, paroles et musique de Serge Gainsbourg 2013 : 20 ans d'écart de David Moreau : Résiste, paroles et musique de Michel Berger 2015 : Vue sur mer (By the Sea) d'Angelina Jolie : Néfertiti, paroles et musique de Serge Gainsbourg Théâtre 2007 : Les Belles-sœurs, comédie d'Éric Assous, mise en scène de Jean-Luc Moreau, avec François-Éric Gendron, Sabine Haudepin, Manuel Gélin et Élisa Servier : La Déclaration d'amour, paroles et musique de Michel Berger. Théâtre Saint-Georges (Paris) et tournée en 2008 2009 : Monique est demandée caisse 12, spectacle musical humoristique de Raphaël Mezrahi, mise en scène de Philippe Sohier, avec Raphaël Mezrahi, Ginette Garcin et invités-surprises : J'ai retrouvé mon chien, paroles de Maurice Tézé/Pierre Delanoë et musique d'Alain Goraguer... Théâtre des Variétés (Paris) Distinctions 1965 : Grand Prix du Concours Eurovision de la chanson remporté par le Luxembourg avec Poupée de cire, poupée de son, paroles et musique de Serge Gainsbourg, arrangements et direction d'orchestre par Alain Goraguer. 1987 : Victoires de la musique, catégorie « Artiste interprète féminine de l'année ». 1988 : Victoire de la musique « artiste qui s'exporte le mieux à l'étranger » (500 000 exemplaires de Ella, elle l'a), no 1 en Allemagne. 1988 : « Artiste de l'année », prix décerné en Allemagne (notamment devant Eros Ramazzotti et Sandra). 1993 : Marraine de l'association Droit de cité. 1994 : Trophée Femmes en Or ? Section « Spectacle ». 2006 : Marraine de l'association Cœur de Femmes. 2013 : Chevalier de la Légion d'honneur. 2017 : Officier de l'ordre national du Mérite Discographie Les succès 1963 : Ne sois pas si bête, adaptation française par Pierre Delanoë de Stand a Little Closer, œuvre originale américaine écrite et composée par Jack Wolf et Maurice « Bugs » Bower 1964 : N'écoute pas les idoles, paroles et musique de Serge Gainsbourg 1964 : Laisse tomber les filles, paroles et musique de Serge Gainsbourg 1964 : Sacré Charlemagne, paroles de Robert Gall et musique de Georges Liferman 1965 : Poupée de cire, poupée de son, paroles et musique de Serge Gainsbourg ? 1er Grand Prix du Concours Eurovision de la chanson 1965 pour le Luxembourg 1965 : L'Amérique, paroles d’Eddy Marnay et musique de Guy Magenta 1966 : Baby pop, paroles et musique de Serge Gainsbourg 1966 : Les Sucettes, paroles et musique de Serge Gainsbourg 1967 : Bébé requin, paroles de Jean-Michel Rivat et Frank Thomas, musique de Joe Dassin 1974 : La Déclaration d'amour, paroles et musique de Michel Berger 1974 : Mais, aime-la, paroles et musique de Michel Berger 1975 : Comment lui dire, paroles et musique de Michel Berger 1975 : Samba mambo, paroles et musique de Michel Berger 1976 : Ça balance pas mal à Paris, paroles et musique de Michel Berger, en duo avec Michel Berger, extrait de la comédie musicale télévisée Émilie ou la Petite Sirène 76 1977 : Musique, paroles et musique de Michel Berger 1977 : Si, maman si, paroles et musique de Michel Berger 1978 : Viens je t'emmène, paroles et musique de Michel Berger 1979 : Besoin d'amour, paroles de Luc Plamondon et musique de Michel Berger, extrait de l’opéra-rock Starmania 1980 : Il jouait du piano debout, paroles et musique de Michel Berger 1980 : Donner pour donner, paroles de Michel Berger et Bernie Taupin, musique de Michel Berger, en duo avec Elton John 1981 : Tout pour la musique, paroles et musique de Michel Berger 1981 : Résiste, paroles et musique de Michel Berger 1981 : Diego libre dans sa tête, paroles et musique de Michel Berger et reprise par Johnny Hallyday en 1990 1984 : Débranche, paroles et musique de Michel Berger 1984 : Hong-Kong Star, paroles et musique de Michel Berger 1985 : Calypso, paroles et musique de Michel Berger 1985 : Cézanne peint, paroles et musique de Michel Berger 1987 : Babacar, paroles et musique de Michel Berger 1987 : Ella, elle l'a, paroles et musique de Michel Berger 1988 : Évidemment, paroles et musique de Michel Berger 1989 : La Chanson d'Azima (Quand le désert avance), paroles et musique de Michel Berger 1992 : Laissez passer les rêves, paroles et musique de Michel Berger, en duo avec Michel Berger 1992 : Superficiel et léger, paroles et musique de Michel Berger, en duo avec Michel Berger 1996 : Plus haut (2e version), paroles et musique de Michel Berger 2004 : La seule chose qui compte, inédit enregistré en 1987, paroles et musique de Michel Berger Télévision 1965 à 1966 : Marie-Mathématique, bande dessinée animée de Jean-Claude Forest et Jacques Ansan ? Le rire de Marie-Mathématique est celui de France Gall tandis que Serge Gainsbourg chante, sur une musique de sa composition, des textes écrits par André Ruellan ? 6 épisodes de 5 minutes, noir et blanc ? Série diffusée dans le cadre de l’émission Dim, Dam, Dom de Daisy de Galard, 2e chaîne ORTF 1966 : Viva Morandi avec Gianni Morandi et Christine Lebail, rôle de « La Grâce » ? Téléfilm musical, durée 60 min, noir et blanc ? 1re chaîne ORTF 1967 : Le Lapin de Noël ? Conte écrit par Roland Topor pour Dim, Dam, Dom ? Production de Daisy de Galard ? Réalisation de Georges Dumoulin, rôle de l’agent de la circulation ? Couleur, durée 25 min, ? 2e chaîne ORTF 1974 : Notre correspondant à Madras ? Téléfilm avec Sacha Pitoëff, rôle de la secrétaire ? Couleur, durée 25 min ? Diffusion le 10 mars sur la troisième chaîne 1976 : Émilie ou la Petite Sirène 76 (Numéro Un Michel Berger) ? Conte musical de Michel Berger et Franck Lipsik ? Réalisation de Marion Sarraut, rôle d'Émilie ? Couleur, durée 56 min ? Diffusion le 22 mai sur TF1 ? Parution du DVD INA / Éditions LCJ en 2005, réédition en 2007. 1978 : Numéro Un France Gall ? Réalisation de Marion Sarraut ? Durée 68 min ? Diffusion le 11 mars sur TF1 1982 : Tout pour la musique (France Gall au Palais des Sports) ? Émission réalisée par Mathias Ledoux ? Durée 58 min ? Diffusion le 3 octobre sur Antenne 2 1984 : Formule 1 / France Gall ? Émission réalisée par André Flédérick et produite par Maritie et Gilbert Carpentier ? Durée environ 70 min ? Diffusion le 6 avril sur TF1 1987 : Grand Public / France Gall ? Émission présentée par Patrick Sabatier ? Durée environ 70 min ? Diffusion le 10 avril sur TF1 1993 : Taratata no 15 / France Gall ? Émission présentée par Nagui et réalisée par Gérard Pullicino ? Durée 70 min ? Diffusion le 10 avril sur France 2 1993 : Fréquenstar ? Émission présentée par Laurent Boyer ? Diffusion le 25 avril sur M6 1994 : Taratata no 39 / France Gall ? Émission présentée par Nagui et réalisée par Gérard Pullicino ? Durée 70 min ? Diffusion le 12 février sur France 2 1996 : Taratata no 146 / France Gall ? Émission présentée par Alexandra Kazan et réalisée par Gérard Pullicino ? Durée 70 min ? Diffusion le 5 novembre sur France 2 1997 : Concert acoustique ? Réalisation de Stéphane Rybojad ? Durée 83 min ? Diffusion le 26 avril sur M6 2001 : France Gall par France Gall ? Autoportrait réalisé par Éric Guéret entretien conduit par Didier Varrod ? Durée 105 min ? Diffusion le 9 octobre sur France 3 2002 : Michel Berger par France Gall ? Portrait réalisé par Philippe Gautier ? Durée 115 min ? Diffusion le 30 décembre sur TF1 2007 : Tous? pour la musique ? Émission de variétés-fiction (diffusée en hommage à Michel Berger disparu il y a 15 ans) ? Réalisée par François Hanss et animée par France Gall ? Durée 110 min ? Diffusion le 21 novembre 2007 sur France 2 2008 : Cœur de femmes, de la rue à la vie (Collection La Vie comme un roman) ? Documentaire réalisé par Véronique Bonnet-Nora ? Durée 52 min ? Diffusion le 14 mars 2008 sur France 3 2008 : Johnny Hallyday : ça n'finira jamais? ? Émission de variétés-fiction ? Réalisée par François Hanss et animée par Johnny Hallyday ? Durée 140 min ? Diffusion le 13 décembre 2008 sur France 2 2009 : Starmania, une histoire pas comme les autres ? Anniversaire des 30 ans de la création de l’opéra-rock Starmania à la scène ? Émission réalisée par François Hanss et animée par France Gall ? Diffusion le 24 avril 2009 sur France 2 2010 : Quatre idoles dans le vent ou comment, dans les années 1960, quatre chanteuses d'à peine 20 ans, France Gall, Françoise Hardy, Sheila et Sylvie Vartan, donnèrent de nouveaux codes à une génération de jeunes français ? Documentaire de Mireille Dumas réalisé par Alain Chauffour et Anne Sédès ? Avec la participation de Jean-Marie Périer ? Diffusion le 12 juillet 2010 sur France 3 2010 : Vu du ciel ? Les Héros de la nature : Sénégal, les nouveaux sanctuaires ? Documentaire de Yann Arthus-Bertrand réalisé par Thierry Machado et Anastasia Mikova ? Diffusion le 8 septembre 2010 sur France 3 2015 : C'est votre vie ! « France Gall », émission présentée par Stéphane Bern et réalisée par Gérard Pullicino ? Durée 130 min ? Diffusion le 26 septembre 2015 sur France 2 2016 : France Gall et Michel Berger : Toi, sinon personne, documentaire écrit et commenté par Franck Ferrand, réalisé par Olivier Amiot et Antoine Coursat ? Durée 120 min ? Diffusion le 30 mai 2016 sur France 3 Vidéographie 1978 : Live au Théâtre des Champs-Élysées, Super 8 1986 : France Gall au Zénith, VHS ? Réédition en 1989 1988 : Le Tour de France 88, VHS,LaserDisc 1988 : Portrait en tournée, VHS 1994 : Bercy 93, VHS ? Réédition en 2006 en 1 DVD Région 2, 90 min (Warner Vision France) ? Mise en scène France Gall et Hervé Lebeau ? Direction musicale de France Gall ? Décors de Jean Haas ? Avec la participation des rappeurs de l'association « Droit de cité » ? Réalisation vidéo de Gérard Pullicino ? Paroles et musique de Michel Berger, liste des titres : 1. Laissez passer les rêves ? 2. Bats-toi ? 3. Le Paradis blanc ? 4. Cézanne peint ? 5. Les Élans du cœur ? 6. Évidemment ? 7. Débranche ? 8. La Déclaration d'amour ? 9. Si, maman si ? 10. C'est difficile d'être un homme aussi ? 11. J'ai besoin de vous ? 12. Il jouait du piano debout ? 13. La Minute de silence ? 14. La Chanson de la négresse blonde ? 15. Mademoiselle Chang ? 16. Ella, elle l'a ? 17. Jamais partir 1997 : Concert public Olympia, VHS 2004 : Évidemment, 5 clips DVD toutes régions, inclus dans une édition spéciale double CD + 1 DVD ? Liste des titres : 1. Débranche réalisé par Jeep Novak (1984) ? 2. Ella, elle l'a réalisé par Bernard Schmitt (1987) ? 3. Évidemment réalisé par Michel Berger (1988) ? 4. Laissez passer les rêves, en duo avec Michel Berger, réalisé par Philippe Gautier (1992) ? 5. Résiste réalisé par Philippe Gautier (1997) 2005 : Émilie ou la Petite Sirène 76, édition du conte musical original télévisé de Michel Berger et Franck Lipsik diffusé en 1976, 1 DVD région 2, INA / Éditions LCJ (rééditions mai 2007, novembre 2007) Reprises Vers 1965-1966, la chanteuse Barbara reprend Nous ne sommes pas des anges, titre seulement édité en 2012 sur la compilation double CD Barbara Best of (Mercury-Universal) ; En 1982, le groupe The Honeymoon Killers reprend Laisse tomber les filles sur son premier et unique album ; En 1995, la chanteuse April March reprend Cet air-là et Laisse tomber les filles en version française et anglaise (Chick Habit) sur son album Chick Habit ; En 1996, le groupe Heavenly reprend Nous ne sommes pas des anges sur son album Operation Heavenly (label Wiiija) ; En 2007, lors de leur tournée, le groupe Arcade Fire reprend Poupée de cire, poupée de son. En 2008, la chanteuse Kate Ryan reprend la chanson Ella, elle l'a, puis en 2009 Babacar ; En 2012, le chanteur canadien The Weeknd reprend Laisse tomber les filles sur son titre Montréal figurant dans son premier album Trilogy. En 2012, le groupe de heavy metal symphonique suédois Therion reprend Poupée de cire, poupée de son, Polichinelle et Les Sucettes dans son album de reprises de chansons populaires françaises intitulé Les Fleurs du Mal ; En 2013, la chanteuse Jenifer reprend sur son album Ma déclaration quelques-uns de ses plus grands succès. France Gall s'élève contre cet album qu'elle ne cautionne pas. France Gall s'est aussi élevée contre l'usage que TF1 a fait de son répertoire dans une soirée « hommage » qu'elle qualifie de « cheap et ratée » et où elle n'était pas présente ; En 2013, le groupe Tropical Family décide de reprendre Il jouait du piano debout ; En 2013, Alka Balbir, dans son album La Première Fois, écrit et composé par Benjamin Biolay, reprend le titre Les Gens bien élevés interprété par France Gall en 1969 ; En 2016, le groupe suédois Therion reprend Nous ne sommes pas des anges sur l'EP L'Épave, tirage limité à 1 000 exemplaires (label Alduruna). Notes et références Annexes Bibliographie Biographies Hugues Royer et Philippe Séguy, France Gall, Michel Berger : Deux destins pour une légende, Monaco, Éditions du Rocher, 1994, 240 p. (ISBN 2-268-01873-3) Alain Wodrascka, France Gall : Muse et Musicienne, Paris, Éditions Didier Carpentier, coll. « Biographies », 2010, 240 p. (ISBN 978-2-84167-691-0) Alain Wodrascka, Douce France, éditions du Moment, 28 octobre 2015, 315 p. (ISBN 2354174438 et 978-2354174439) Essais France Gall et Jean Brousse, Michel Berger, si le bonheur existe, Paris, Le Cherche midi, 2002, 128 p. (ISBN 2-7491-0012-7) (en) Jean-Emmanuel Deluxe (préf. Lio), Yé-Yé Girls of 60s French Pop (anthologie), Port Townsend (États-Unis), Feral House, 17 novembre 2013, 256 p., broché, 20,3 cm x 20,3 cm (ISBN 9781936239719 et 9781936239726, présentation en ligne, écouter en ligne) écoute en ligne no 2 ? Édition française à l'étude. Photographies Murielle Bisson et Patricia Martoglio (préf. France gall), Sur les pas de France Gall et Michel Berger : Road-book d'une groupie, Paris, Éditions Descartes & Cie, 14 juin 2012, 176 p. (ISBN 9782844462374, présentation en ligne) France Gall (photogr. Thierry Boccon-Gibod), Michel Berger - Haute fidélité, Paris, Éditions Fetjaine, coll. « Musique », 2012, 144 p., relié, 28 cm x 23 cm (ISBN 9782354253776) Album-souvenir de photos prises par l'ami d'enfance de Michel Berger, Thierry Boccon-Gibod (auteur, notamment, de nombreuses pochettes d'albums-musique) et commentées par France Gall. Articles connexes Concours Eurovision de la chanson Serge Gainsbourg Michel Berger Salut les Copains  Liens externes Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel ? International Standard Name Identifier ? Bibliothèque nationale de France (données) ? Système universitaire de documentation ? Bibliothèque du Congrès ? Gemeinsame Normdatei ? Base de bibliothèque norvégienne ? WorldCat Archive du site officiel sur Universal Music (en) France Gall sur l’Internet Movie Database Source : Wikipedia

George Michael

Georgios Kyriacos Panayiotou, connu sous le nom de scène de George Michael, est un auteur-compositeur-interprète britannique, né le 25 juin 1963 à Londres et mort le 25 décembre 2016 à Goring-on-Thames. En 2009, il a vendu plus de 100 millions de disques durant sa carrière et a à son actif onze singles et sept albums no 1 dans les charts britanniques, et six singles no 1 aux États-Unis. Biographie Les premières expériences musicales de Georgios Kyriacos Panayiotou Le vrai nom de George Michael est Georgios Kyriacos Panayiotou. Son père, Kyriacos Panayiotou, est né à Chypre. Il émigre en Grande-Bretagne dans les années 1950 et se fait appeler Jack Panos. En Angleterre, Jack Panos obtient un travail de serveur dans un restaurant, puis il crée sa propre entreprise de restauration. Il se marie avec une danseuse anglaise du nom de Lesley Angold Harrison. Le couple a trois enfants : Yioda, Melanie et Georgios, qui est né le 25 juin 1963 à Londres, dans le quartier d'East Finchley. En 1974, la famille Panayiotou déménage dans le comté londonien d'Hertfordshire. Le jeune Georgios entre à l'école Bushey Meads de Bushey. Il y rencontre Andrew Ridgeley qui devient son ami et qui le surnomme « Yog ». Les deux adolescents fréquentent les discothèques londoniennes et, avec leur ami David Mortimer - plus tard connu sous le nom de David Austin - ils reprennent des titres des Beatles, de David Bowie ou d'Elton John dans le métro de Londres. À l'issue de leur scolarité, George Panayiotou, Andrew Ridgeley et David Mortimer décident de fonder leur propre groupe de musique. Pendant l'été 1979, les trois amis créent The Executive, accompagnés de Paul Ridgeley, le frère d'Andrew, et d'Andrew Leaver. Ce groupe est inspiré par la musique ska des formations anglaises comme The Specials ou Madness. The Executive enregistre quelques chansons pour une maquette, notamment un morceau composé par George Panayiotou et David Mortimer intitulé Rude Boy. Les membres de The Executive présentent leur maquette à des responsables de maisons de disques de Londres, mais elle est refusée. Au même moment, Andrew Leaver meurt d'un cancer à l'âge de vingt ans et David Mortimer quitte l'Angleterre. En 1980, l'expérience de The Executive est alors terminée. Mais George Panayiotou et Andrew Ridgeley veulent continuer de travailler dans la musique. Les débuts de Wham! (1981-1983) En 1981, George Panayiotou a dix-huit ans. Il travaille comme disc-jockey dans un restaurant, puis comme employé dans un cinéma. Andrew Ridgeley est au chômage. Pendant leur temps libre, les deux jeunes hommes écrivent des chansons. Dans un transport en commun, George Panayiotou imagine un morceau qu'il intitule Careless Whisper,. Des années plus tard, le chanteur anglais se rappelle encore comment cette chanson a été écrite : « Je me souviens que j'ai composé Careless Whisper en allant travailler (j'étais DJ au restaurant Bel Air). J'ai toujours écrit dans des autobus, des trains et des voitures. [?] Pour Careless Whisper, je me rappelle exactement quand j'en ai eu l'idée et à quel endroit j'ai pensé à la partie de saxo. » Au restaurant où il est DJ, George Panayiotou teste son titre auprès du public, qui semble bien l'accueillir. George Panayiotou et Andrew Ridgeley constituent alors une maquette de leurs compositions et y incluent Careless Whisper, ainsi que Wham Rap!, Club Tropicana et Come On. Comme au temps de The Executive, George Panayiotou et Andrew Ridgeley soumettent leur maquette à des maisons de disques, en prenant le nom de « Wham! », le titre de l'une de leurs chansons,. Mark Dean, le responsable du label indépendant Innervision Records, distribué par CBS Records, écoute la maquette et offre un contrat à Wham!. George Panayiotou et Andrew Ridgeley le signent sans hésiter le 24 mars 1982. Trois mois plus tard, ils sortent leur premier single : Wham Rap! (Enjoy What You Do). Dans cette chanson, le groupe évoque notamment le chômage des jeunes dans l'Angleterre de Margaret Thatcher. C'est à cette période que George Panayiotou décide de changer son nom de famille pour s'appeler George Michael. Le jeune artiste se produit dans des discothèques avec Andrew Ridgeley, Shirlie Holliman et Amanda Washburn, plus tard remplacée par Dee C. Lee. En septembre 1982, Wham! sort un deuxième single intitulé Young Guns (Go for It). Grâce à son passage dans l'émission de télévision de BBC One Top of the Pops le 4 novembre 1982, le groupe réussit à placer Young Guns (Go for It) à la 3e place du hit-parade anglais,. Après ce succès, Wham! sort un troisième single composé par George Michael, intitulé Bad Boys. La chanson se classe no 2 en Grande-Bretagne et entre dans le hit-parade américain. George Michael et Andrew Ridgeley apparaissent dans le clip de la chanson habillés en « mauvais garçons ». Quelques années plus tard, George Michael déclare qu'« il y avait un côté très blagueur dans [ses] premiers titres. » En juillet 1983, le premier album de Wham! est en préparation et le groupe sort son quatrième single : Club Tropicana. Le groupe semble aborder des sujets plus légers et tourne son clip sur les plages d'Ibiza. Club Tropicana se vend à 400 000 exemplaires et fait connaître Wham! en France,. À la même période, Wham! sort son premier album : Fantastic. Il est produit par Steve Brown, Bob Carter et George Michael. Fantastic se hisse à la première place du UK Albums Chart pendant deux semaines et arrive à la 83e place du Billboard 200 aux États-Unis,. Don Shewey du magazine Rolling Stone donne un avis contrasté sur l'album. Toutefois, il apprécie le titre Nothing Looks the Same in the Light, qui lui fait penser à un air des Bee Gees et sur lequel George Michael joue de tous les instruments. Après la sortie de leur album pendant l'été 1983, les membres de Wham! entament leur première tournée en Angleterre. À la fin de l'année 1983, CBS Records ne renouvelle pas le contrat de Wham! avec Innervision et fait signer le groupe chez le label Epic. Au même moment, la chanteuse et danseuse Dee C. Lee quitte le groupe et Pepsi Demacque la remplace. Wham! s'apprête bientôt à confirmer son succès. Le succès de Wham! (1984-1985) En 1984, George Michael écrit une nouvelle chanson qui s'intitule Wake Me Up Before You Go-Go. Au mois de mai, elle sort en single et fait connaître le groupe Wham! internationalement. En effet, la chanson se classe en bonne position dans les hit-parades en Allemagne, au Canada, aux États-Unis, en Norvège ou encore en Australie,,. Au Royaume-Uni, elle est no 1 pendant deux semaines. Les sonorités dance-pop et parfois soul de Wake Me Up Before You Go-Go font penser à la musique du label Motown,. D'ailleurs, George Michael se dit influencé par la musique soul, particulièrement par celle de Marvin Gaye. Le clip de Wake Me Up Before You Go-Go amplifie la célébrité de Wham!. Dans ce clip, les membres du groupe dansent sur une scène de concert en shorts fluorescents et portent des tee-shirts blancs avec l'inscription « Choose Life ». En 2016, un journaliste du Monde constate que « dans une Grande-Bretagne, marquée par la noirceur post-punk, Wham! symbolise une jeunesse cherchant à s'échapper dans des danses plus colorées. » Avec Wake Me Up Before You Go-Go, Wham! parvient à tirer son épingle du jeu et rivalise avec les autres groupes de pop anglais de l'époque : Duran Duran, Culture Club et Frankie Goes to Hollywood. Mais George Michael commence à prendre une certaine indépendance par rapport à Wham!. Au cours de l'été 1984, George Michael part seul à Miami pour tourner le clip de Careless Whisper, la chanson qu'il a coécrit avec Andrew Ridgeley en 1981. Careless Whisper sort d'ailleurs comme un single de George Michael, et non comme un disque de Wham!. La ballade de George Michael se vend à 1 million d'exemplaires au Royaume-Uni. Le 16 mars 1985, le jeune chanteur interprète Careless Whisper sur le plateau de l'émission française Champs-Élysées, présentée par Michel Drucker. À la même époque, George Michael affirme encore son indépendance en composant et en produisant la chanson Turn to Gold pour son ami d'enfance David Mortimer-Austin. Il participe aussi aux chœurs de la chanson The Last Kiss de David Cassidy. Mais les membres de Wham! ne sont pas en train de se séparer. En octobre 1984, le groupe sort son deuxième album, Make It Big, et connaît un succès public mondial. Wham! a enregistré cet album au studio Miraval, dans le Var, en France. Pour promouvoir Make It Big, le groupe sort le single Freedom, puis Everything She Wants, deux titres écrits et produits par George Michael. Après leur tournée américaine, Wham! a l'opportunité de jouer en Chine. En avril 1985, Wham! donne un concert à Pékin et à Canton et devient le premier groupe occidental à se produire dans la Chine communiste. Le réalisateur Lindsay Anderson a filmé le groupe dans le pays et en a fait un documentaire intitulé Wham! in China: Foreign Skies. À Noël 1985, Wham! sort la chanson Last Christmas, qui n'est pas présente sur son nouvel album et qui est un succès commercial,. Un an auparavant, Wham! avait déjà participé à un chant de Noël en intervenant sur la chanson Do They Know It's Christmas? du collectif Band Aid, créé par Bob Geldof afin de récolter des fonds pour la famine en Éthiopie. En juillet 1985, Wham! participe au concert caritatif Live Aid et interprète Don't Let the Sun Go Down on Me aux côtés d'Elton John. En janvier 1985, George Michael avait déjà collaboré avec Elton John en dehors de Wham!. Il avait participé aux chœurs des chansons Nikita et Wram Her Up pour l'album Ice on Fire. Ainsi, même si George Michael est toujours membre de Wham!, il a déjà entamé plusieurs collaborations artistiques en solitaire. La séparation du groupe s'annonce imminente. La séparation de Wham! (1985-1986) L'année 1985 est fructueuse pour Wham! : le groupe gagne le prix du meilleur groupe britannique aux Brit Awards. Mais George Michael, qui a remporté le prix Ivor Novello du meilleur compositeur cette année-là, souhaite véritablement mener une carrière en soliste,. « Je ne veux pas que Wham! devienne un mensonge », déclare George Michael à cette période. En novembre 1985, alors que Wham! sort le single I'm Your Man qui se classe 1er au Royaume-Uni, le groupe décide de se séparer,. Wham! prépare alors son concert d'adieu et la sortie de son dernier album. George Michael veut être perfectionniste : « Je voulais bien terminer [?] J'en arrivai à la conclusion que la meilleure preuve à donner au public était un très bon disque et un excellent concert. » Avant la sortie du dernier album de Wham!, George Michael sort en avril 1986 un deuxième single en solitaire : A Different Corner. Cette chanson, beaucoup plus épurée que Careless Whisper, se classe en première position du hit-parade anglais pendant trois semaines. En juin 1986, Wham! sort au Royaume-Uni son dernier album intitulé The Final. Il rassemble des titres inédits, comme The Edge of Heaven, avec des anciens singles du groupe. En juillet 1986, Wham! sort son album outre-Manche sous le titre Music from the Edge of Heaven. Il ne contient cette fois que les nouveaux titres du groupe. Dans sa critique de l'album, David Fricke de Rolling Stone écrit que « George Michael est définitivement prêt à devenir le nouveau Elton John des années 1980. » Le 28 juin 1986, Wham! donne son dernier concert au stade de Wembley, à Londres, devant 72 000 spectateurs. George Michael, Andrew Ridgeley, Shirlie Holliman et Pepsi Demacque sont réunis sur scène pour la dernière fois. Elton John et Simon Le Bon se produisent avec eux. Quand le groupe se sépare, Andrew Ridgeley se lance dans la compétition automobile. Pepsi et Shirlie forment un duo et remportent un succès avec la chanson Heartache,. En janvier 1987, George Michael s'affirme désormais comme un chanteur à part entière. Il chante I Knew You Were Waiting (For Me) avec Aretha Franklin et sa carrière est propulsée. En effet, le titre est no 1 au Royaume-Uni et aux États-Unis et George Michael reçoit un Grammy Award pour sa performance en duo,. La carrière en solo de l'artiste est lancée. Faith : le succès international de George Michael (1987-1989) En 1987, George Michael veut donner plus de crédibilité à sa carrière d'artiste et prépare un projet ambitieux. Il déclare vouloir en finir avec son image de « minet sans cervelle » que certains journaux lui attribuent depuis Wham!. En juin 1987, George Michael sort un single intitulé I Want Your Sex et gagne en notoriété. Les paroles sont très explicites, presque provocatrices, mais George Michael n'invite pas à la débauche. Au contraire, la chanson prône la monogamie et la fidelité en amour,. I Want Your Sex ressemble sur ce point à la chanson Kiss de Prince ou à Sexual Healing de Marvin Gaye. Le titre de George Michael se fait surtout remarquer pour son clip suggestif, où le chanteur apparaît notamment avec Kathy Jeung dans un lit,,. Au Royaume-Uni, la BBC censure le clip, tandis qu'aux États-Unis, MTV n'en diffuse qu'une partie. Mais la même année, le réalisateur Tony Scott n'hésite pas à ajouter I Want Your Sex dans une scène du Flic de Beverly Hills 2. La chanson de George Michael devient ensuite un tube : elle se classe troisième dans le hit-parade anglais et même deuxième aux États-Unis,. Avec I Want Your Sex, George Michael réussit à s'imposer dans le monde musical. Le 30 octobre 1987, le chanteur sort son premier album : Faith. Toutes les chansons sont composées par George Michael, hormis Look at Your Hands qui est coécrite avec son ami David Austin. Dans ses titres, qui parlent majoritairement d'amour, George Michael explore différents genres musicaux. Faith est un morceau rock, Father Figure contient des airs orientaux, la mélodie de One More Try est proche du gospel, Kissing a Fool est une ballade jazz et enfin, Hard Day est une chanson de synthpop, influencée par Sign o' the Times de Prince,. Au Royaume-Uni et en France, tous les singles entrent dans le hit-parade, ce qui contribue au succès de l'album,. Aux États-Unis, Faith, Father Figure, One More Try et Monkey sont classés no 1 aux côtés des titres de Michael Jackson et de Madonna. Depuis sa sortie en 1987, l'album Faith s'est vendu à 25 millions d'exemplaires,. En 2012, le magazine Rolling Stone le classe à la 472e place des 500 meilleurs albums de tous les temps. Faith est définitivement l'album qui a fait de George Michael une star internationale. En 1988, le chanteur accroît sa célébrité en entamant une tournée mondiale intitulée Faith World Tour. George Michael donne ses premiers concerts en février au Japon et se produit une dernière fois en octobre en Floride. La star anglaise est aussi passée dans des salles de concerts françaises, à Paris et à Fréjus,. Le 11 juin 1988, George Michael participe également à un grand concert donné à Londres à l'occasion des 70 ans de Nelson Mandela. Le chanteur reprend trois chansons sur scène : Village Ghetto Land de Stevie Wonder, If You Were My Woman de Gladys Knight et Sexual Healing de Marvin Gaye. À la fin de l'année 1988, George Michael annule la fin de sa tournée à cause d'un kyste à la gorge. Mais cela n'empêche pas le chanteur d'être récompensé par plusieurs prix en 1989. Tout d'abord, George Michael reçoit de nouveau le prix Ivor Novello du meilleur compositeur et Faith le prix de la chanson internationale de l'année. Le chanteur est ensuite honoré du MTV Video Vanguard Award pour tous les clips des singles de Faith. George Michael est également récompensé par trois American Music Awards, dont le prix du meilleur artiste masculin pop-rock et du meilleur artiste masculin soul et R&B. Aux Grammy Awards, Faith est élu meilleur album de l'année 1988. Certains artistes noirs comme Gladys Knight ou le groupe Public Enemy pensent qu'il est injuste qu'un chanteur blanc gagne à la place de Bobby Brown ou de Michael Jackson,. Néanmoins, George Michael a réussi à s'imposer comme un artiste populaire et international. Un artiste en quête de liberté (1990-1995) Listen Without Prejudice, Vol. 1 : un album émancipateur George Michael ne se contente pas du succès de Faith. Dès le début de l'année 1990, il se remet au travail et compose de nouvelles chansons. Un album en deux volumes est alors envisagé. Listen Without Prejudice, Volume 1 sort en septembre 1990 sous le label Epic. George Michael explique le choix de ce titre par le fait que la musique, de façon générale, doit être écoutée sans préjugé racial,. Le chanteur ne souhaite faire aucune promotion pour son nouvel album. Il veut laisser de côté son statut de star pour n'être reconnu que pour sa musique,. Cependant, George Michael accepte de donner quelques interviews, notamment à Melvyn Bragg, qui réalise un documentaire sur le chanteur avec Alan Benson pour BBC et CBS. À la même période, George Michael coécrit avec Tony Parsons son autobiographie, qui s'intitule Bare,. Mais George Michael ne veut pas jouer avec sa célébrité. Il n'apparaît pas sur la pochette de son nouvel album Listen Without Prejudice, Vol. 1, qui est illustré par la photographie Crowd at Coney Island prise par Weegee en 1940,. George Michael ne se met pas non plus en scène dans les clips de ses singles Praying for Time et Freedom! '90, qui est réalisé par David Fincher et qui rassemble les mannequins Linda Evangelista, Naomi Campbell, Christy Turlington, Cindy Crawford et Tatjana Patitz,. Par ailleurs, les chansons de Listen Without Prejudice, Vol. 1 sont différentes, parfois plus engagées, que celles de l'album Faith. Praying for Time est une chanson sobre sur l'indifférence face à la misère, qui peut rappeler certaines ballades de John Lennon,. Elle se classe no 1 au hit-parade américain. Mother's Pride évoque le départ d'un enfant à la guerre. Cowboys and Angels est un morceau jazz, accompagné par le saxophoniste anglais Andy Hamilton. George Michael reprend également, avec une certaine gravité dans sa voix, They Won't Go When I Go de Stevie Wonder. Listen Without Prejudice, Vol. 1 contient aussi des titres à la guitare, presque folk, comme Something to Save, Waiting for That Day, Heal the Pain et Waiting (Reprise). Enfin, avec Freedom! '90 et Soul Free, George Michael signe deux chansons soul. James Hunter de Rolling Stone pense que dans les paroles de la chanson Freedom! '90, George Michael se montre « prêt à échanger à tout prix ses lunettes de soleil d'idole de la pop pour une reconnaissance dans le rock & roll. » En effet, George Michael veut rompre avec son image de star et être libre,. Frank Sinatra lui écrit alors une lettre ouverte dans le Los Angeles Times et lui dit de ne pas gâcher son talent en refusant la célébrité. Mais George Michael exerce pleinement sa liberté sur scène, pendant sa tournée intitulée Cover to Cover, où il interprète très peu de titres de son nouvel album. Pendant les concerts qu'il donne dans le monde en 1991, George Michael reprend notamment Fame de David Bowie, Back to Life (However Do You Want Me) de Soul II Soul, Ain't No Stoppin' Us Now de McFadden & Whitehead et fait un medley de Killer d'Adamski et Seal avec Papa Was a Rollin' Stone des Temptations,. Le 23 mars 1991, Elton John rejoint George Michael sur la scène du stade de Wembley, à Londres, pour interpréter ensemble Don't Let the Sun Go Down on Me, un titre qu'ils avaient déjà repris en 1985,. La chanson sort en single en 1991 et se classe première dans de nombreux pays. George Michael et Elton John donnent un demi-million de dollars de recettes à la recherche contre le sida,. Pendant la tournée Cover to Cover, George Michael reprend un autre titre d'Elton John intitulé Tonight, qui est enregistré pour l'album Two Rooms: Celebrating the Songs of Elton John & Bernie Taupin qui rend hommage à Elton John et à son compositeur Bernie Taupin. Au cours de sa tournée, George Michael chante également des tubes de Wham!. Le 25 et 27 janvier 1991, le chanteur se produit au festival Rock in Rio au Brésil et invite Andrew Ridgeley sur scène pour reprendre I'm Your Man,. Un an auparavant, George Michael aide son ami pour son come-back musical. En effet, Andrew Ridgeley sort un album intitulé Son of Albert et George Michael intervient sur les chœurs de la chanson Red Dress,. En février 1991, Listen Without Prejudice, Vol. 1 gagne le prix du meilleur album britannique aux Brit Awards. Même si cet album se hisse à la première place du hit-parade anglais pendant une semaine et à la deuxième place du Billboard 200 aux États-Unis, Listen Without Prejudice, Vol. 1 n'obtient pas le même succès commercial que Faith,,. En effet, Listen Without Prejudice, Vol. 1 s'est vendu à 7 millions d'exemplaires. Dès lors, les relations entre George Michael et sa maison de disque CBS Records se détériorent,. George Michael contre Sony : un artiste face à l'industrie musicale Le conflit entre George Michael et sa maison de disque s'amplifie quand CBS Records est racheté par la compagnie japonaise Sony en 1988 et devient Sony Music Entertainment en 1991. En effet, George Michael est déçu par la façon dont Sony gère sa carrière et ses droits d'auteurs et le chanteur souhaite mettre fin à son contrat Mais les responsables de Sony ont l'intention d'obliger George Michael à honorer son contrat, que le chanteur a signé en 1982. Sony accuse en retour George Michael d'être responsable des faibles ventes de Listen Without Prejudice, Vol. 1, car l'artiste a refusé d'en assurer la promotion. Le 30 octobre 1992, George Michael assigne Sony devant la Haute Cour de justice de Londres. En juin 1994, le juge Jonathan Parker ne considère pas le contrat du chanteur défavorable et donne raison à Sony,. En août 1994, George Michael et son avocat Tony Russell font appel du jugement. Mais entre 1994 et 1995, George Michael trouve un accord avec Sony et arrête la procédure judiciaire,. Le chanteur signe un contrat américain chez DreamWorks, récemment créé par David Geffen, Jeffrey Katzenberg et Steven Spielberg, et un contrat pour les autres pays avec Virgin Records,. Néanmoins, Sony Music détient toujours un pourcentage sur les ventes des prochains albums de George Michael et réclame la sortie d'une compilation des anciennes chansons de l'artiste, dont la compagnie possède encore les droits,. Entre 1995 et 1996, Prince est lui aussi en désaccord avec sa maison de disque Warner Bros. Records et se considère comme « esclave » des majors, Un chanteur engagé dans la lutte contre le sida Pendant cette période de procès avec Sony, entre 1992 et 1995, George Michael ne trouve plus l'énergie pour poursuivre l'écriture du deuxième volume de Listen Without Prejudice, qui n'existera pas,. Cependant, George Michael participe à plusieurs projets musicaux et caritatifs au cours de cette période. Le 24 novembre 1991, le chanteur anglais Freddie Mercury meurt du sida. Le 20 avril 1992, les membres de son groupe Queen organisent un concert à sa mémoire et invitent plusieurs artistes, dont George Michael. Devant les 72 000 spectateurs du stade de Wembley, George Michael et Queen reprennent trois chansons de Freddie Mercury : '39, These Are the Days of Our Lives accompagnés de Lisa Stansfield et Somebody to Love. En 1993, un EP intitulé Five Live regroupe deux chansons interprétées par George Michael et Queen lors du concert hommage à Freddie Mercury : Somebody to Love et These Are the Days of Our Lives avec Lisa Stansfield. Five Live contient également trois autres performances lives de George Michael, enregistrées pendant sa tournée Cover to Cover : Killer, Papa Was a Rollin' Stone et Calling You de Jevetta Steele. Les bénéfices de cet EP sont reversés à la fondation Mercury Phoenix Trust, qui aide les victimes du sida. Five Live se classe no 1 au hit-parade anglais pendant trois semaines. En 1992, George Michael participe à un autre projet caritatif, celui de la Red Hot Organization qui lutte contre le sida à travers la musique. L'organisation fait appel à George Michael pour participer à un album dance intitulé Red Hot + Dance. Trois morceaux du chanteur anglais, aux sonorités funk voire electro, sont inclus dans cet album : Too Funky, Do You Really Want to Know et Happy. Too Funky sort en single, avec le titre Crazyman Dance en face B, et se classe quatrième au hit-parade anglais en avril 1992 et dixième au hit-parade américain en août 1992,. Le styliste Thierry Mugler réalise le clip de Too Funky et met en scène les mannequins et actrices Linda Evangelista, Shana Zadrick, Eva Herzigova, Nadja Auermann, Emma Sjöberg, Estelle Lefébure, Tyra Banks et Rossy de Palma. Si le clip évoque celui de Freedom! '90, Thierry Mugler « a voulu montrer [avec Too Funky] l'opposition entre le paradis des podiums et l'enfer des coulisses », écrit le journaliste Anthony Vincent en 2015. George Michael apparaît furtivement dans le clip de Too Funky dans le rôle d'un cameraman. En 1996, George Michael collabore de nouveau avec la Red Hot Organization pour l'album Red Hot + Rio, dont les bénéfices sont reversés aux victimes du sida en Amérique latine. Cette fois, George Michael enregistre le titre Desafinado avec la chanteuse brésilienne Astrud Gilberto. George Michael a participé à de nombreux concerts caritatifs au profit de la lutte contre le sida. En octobre 1992, le chanteur intervient sur la scène du Madison Square Garden, à New York, pour The Elizabeth Taylor AIDS Foundation. En décembre 1993, George Michael fait partie des organisateurs du Concert of Hope pour la journée mondiale de lutte contre le sida, à Londres. Enfin, en 1995, George Michael et Elton John reprennent Don't Let the Sun Go Down on Me pour le concert de charité Commitment to Life à Los Angeles. Une période difficile (1996-2000) Older : George Michael en pleine maturité Après l'expérience de Listen Without Prejudice, Vol. 1 et son procès contre Sony Music, George Michael entre dans une période de maturité artistique et individuelle. Pendant sa tournée à Rio en 1991, George Michael rencontre le Brésilien Anselmo Feleppa qui devient son compagnon. Anselmo Feleppa meurt des complications du sida le 26 mars 1993. Un an plus tard, George Michael compose une nouvelle chanson directement inspirée par le deuil de son ami : elle s'intitule Jesus to a Child. Les paroles de ce morceau évoquent la perte d'un être aimé, qui était aussi attentionné que Jésus-Christ avec les enfants. Cette référence est issue des Évangiles. Bien avant que Jesus to a Child ne sorte en single, George Michael interprète pour la première fois cette chanson le 24 novembre 1994, lors de la première édition des MTV Europe Music Awards à la porte de Brandebourg de Berlin,. Jesus to a Child ne sort en single qu'en janvier 1996, le temps que George Michael signe un nouveau contrat chez Virgin et DreamWorks. Le single atteint la première place du hit-parade anglais pendant une semaine. Il se hisse également à la septième place du hit-parade américain et se vend à plus de 100 000 exemplaire en France,. Une partie des bénéfices de Jesus to a Child a été reversée à Childline, un centre d'écoute qui aide les adolescents du Royaume-Uni. En mai 1996, George Michael sort sont troisième album intitulé Older, qui signifie « plus vieux », « plus âgé ». Cet album, qui marque une étape de maturité pour le chanteur, est dédié à deux brésiliens : Anselmo Feleppa et Antônio Carlos Jobim. Le premier, ancien compagnon de George Michael, a inspiré les paroles mélancoliques de Jesus to a Child et de You Have Been Loved. Le second, chanteur de bossa nova mort un an après Anselmo Feleppa, a pu influencer la tonalité jazz de l'album Older. En effet, la plupart des chansons de ce disque comme Older, Spinning the Wheel, To Be Forgiven et Move On sont des morceaux jazz sophistiqués. The Strangest Thing est un morceau plus électronique, devenu presque house suite à un remix en 1997. Fastlove et Star People sont deux chansons soul et R&B. Fastlove contient d'ailleurs un sample de Forget Me Nots de Patrice Rushen. George Michael joue de plusieurs instruments sur son album, dont il a lui-même signé les arrangements. Toutes les chansons ont été écrites par George Michael, hormis Spinning the Wheel, coécrite avec Jon Douglas, et You Have Been Loved, avec David Austin. Older est coproduit par Ægean, une société de production créée par George Michael avec son cousin Andros Georgiou. En 1987, George Michael collabore déjà avec son cousin en reprenant Jive Talkin' des Bee Gees pour son projet de groupe Boogie Box High. En 1997, George Michael produit la ballade Waltz Away Dreaming de Toby Bourke sous son label Ægean et chante en duo avec Toby Bourke sur ce titre. En 1996, George Michael produit et enregistre plusieurs chansons pour les faces B des singles de Older. « Sur le plan artistique, maintenant, je produis davantage ; je vais m'occuper des faces B et sortir tous les EP possibles des prochains singles d'Older pour que le public ait constamment de nouvelles chansons », déclare le chanteur. Ainsi, en face B de The Spinning the Wheel E.P. on trouve les titres You Know That I Want To, Safe et un remix de Spinning the Wheel. En face B du single Older, le chanteur inclut une reprise de I Can't Make You Love Me de Bonnie Raitt,. À la fin de l'année 1997, George Michael sort une édition limitée de Older intitulée Older & Upper. Elle inclut les faces B de The Spinning The Wheel E.P., ainsi que des nouvelles versions de Star People et The Strangest Thing et une deuxième partie de Fastlove. Même si George Michael se consacre totalement à l'enregistrement et à la production de sa musique, il accepte de donner quelques interviews, dont une au journaliste français Éric Jean-Jean. George Michael accepte également de donner une interview moins conventionnelle au magazine The Big Issue, qui est vendu dans la rue par des sans-abri. En 1996, l'album Older s'est vendu à plus de 6 millions d'exemplaires. La même année, aux MTV Europe Music Awards, George Michael interprète Star People et remporte le prix du meilleur chanteur masculin. En 1997, George Michael gagne pour la troisième fois le prix Ivor Novello du meilleur compositeur. Pour promouvoir Older, George Michael se produit le 8 octobre 1996 dans la Broadcasting House de BBC Radio 1. Le 11 octobre 1996, George Michael réorchestre les titres de son nouvel album, ainsi que des anciennes chansons, à l'occasion d'un concert acoustique enregistré au 3 Mills Studios de Londres pour l'émission MTV Unplugged. Certains titres chantés pendant ce concert sont insérés dans The You Have Been Loved E.P. et dans le single de Star People '97,. Lesley, la mère du chanteur, est présente dans l'assistance pendant l'enregistrement de cette émission. Peu de temps après, en février 1997, elle meurt d'un cancer de la peau. George Michael sombre alors dans une dépression et arrête la promotion de son album. À la même période, il ne vient pas recevoir le Brit Award du meilleur artiste masculin des mains d'Elton John. Le 31 août 1997, George Michael est de nouveau endeuillé par la mort de Diana Spencer, avec qui il était proche. Le chanteur est présent lors de ses funérailles à l'abbaye de Westminster, aux côtés d'Elton John. Alors que George Michael a essayé de se libérer par la création musicale, il se renferme sur lui-même à la suite de ces deux décès. « Let's go outside » : l'homosexualité de George Michael au grand jour En 1996, George Michael dédie son album Older à Anselmo Feleppa et considère alors avoir publiquement révélé son homosexualité, sans passer par la presse. « Lorsque j'ai écrit et dédié cet album pour lui [Anselmo], je pensais avoir annoncé mon coming out à mes fans, et je ne faisais pas attention aux gens qui n'étaient pas intéressés par ma musique », indique George Michael lors d'une interview. Au moment de la mort d'Anselmo Feleppa, George Michael annonce également à ses parents son homosexualité. Mais en 1998, le chanteur est contraint d'annoncer officiellement son orientation sexuelle. En effet, le 7 avril 1998, George Michael fait du cottaging dans le Will Rogers Memorial Park de Beverly Hills, en Californie. Ce mot argotique anglais signifie que George Michael cherche à avoir une relation homosexuelle dans les toilettes publics du parc. Mais le même jour, l'officier de police américain Marcelo Rodriguez et son coéquipier patrouillent en civil dans le parc pour intercepter ces actes d'exhibitionnisme, dont certaines personnes se sont plaintes,. Marcelo Rodriguez prend George Michael sur le fait et l'arrête pour atteinte à la pudeur dans un lieu public. Il est libéré le soir même, après le paiement d'une caution de 500 dollars. En décembre 1998, dans le talk show anglais de Michael Parkinson, George Michael revient sur ses agissements et explique qu'« [il] n'étai[t] pas dans le meilleur état d'esprit » et que « c'était irresponsable de faire ça. » La presse internationale relaie cet événement et contraint George Michael à un outing public. Autrement dit, le chanteur déclare publiquement qu'il est homosexuel, alors qu'il n'avait pas l'intention de l'annoncer dans la presse. « Je ne sais pas si je l'aurais un jour dévoilé aux journalistes », déclare George Michael. Quelques années plus tard, Elton John remarque, avec ironie, qu'« une pissotière n’est pas le meilleur endroit pour faire son coming out. » Mais cette expérience a finalement libéré George Michael, qui n'a pas toujours été sûr de sa sexualité pendant sa jeunesse. « Grâce à ma mésaventure, je me suis rendu compte que, au fond, ma différence était ma principale qualité », explique-t-il au magazine français Télérama en 2004. À la fin de l'année 1998, George Michael, pour qui l'homosexualité n'est pas honteuse, compose une chanson sur son exhibition et sur son arrestation, intitulée Outside. Ce morceau funk est surtout une invitation à vivre son amour librement et en plein jour. Dans le clip d'Outside, George Michael parodie son arrestation par la police : on y voit des toilettes se transformer en piste de disco et le chanteur danser en tenue de policier. En 1999 et 2002, George Michael est poursuivi en justice pour diffamation par Marcelo Rodriguez, l'officier de policer qui l'a arrêté. La United States District Court de Californie déboute à chaque fois la demande de Marcelo Rodriguez. En 1998, le single Outside est no 2 en Angleterre pendant deux semaines et atteint la vingt-sixième place du hit-parade français pendant une semaine,. Succès commerciaux et échec critique de Songs from the Last Century Avec Outside, George Michael renoue avec le succès. En 1998, la sortie de la compilation Ladies and Gentlemen: The Best of George Michael confirme définitivement la popularité du chanteur. En effet, ce double album, dédié entièrement à sa mère, se vend à 9 millions d'exemplaires dans le monde. Il reste huit semaines en tête du hit-parade anglais. Ladies and Gentlemen: The Best of George Michael est distribué par Sony Music, qui possède encore les droits des anciennes chansons de l'artiste. La compilation rassemble des tubes de George Michael, ainsi que des titres moins connus comme A Moment with You et Fantasy, qui était la face B du single Freedom! '90. George Michael inclut également une reprise de As de Stevie Wonder, chantée en duo avec Mary J. Blige. Sortie en single en 1999, As se classe 27e au hit-parade français. Ce n'est pas la première chanson de Stevie Wonder que George Michael reprend. En 1985, le chanteur anglais chante en duo avec la star américaine Love's in Need of Love Today sur la scène de l'Apollo Theater de New York. En 1997, George Michael et Stevie Wonder se retrouvent de nouveau à Los Angeles pour interpréter Living for the City. Enfin, en 1991, George Michael inclut une version de I Believe (When I Fall in Love It Will Be Forever) sur la face B de Don't Let the Sun Go Down on Me. Peu avant Noël 1999, George Michael sort un quatrième album intitulé Songs from the Last Century. Produit par le chanteur et Phil Ramone pour le label Virgin-DreamWorks, il s'agit d'un album de reprises jazz. Le chanteur anglais reprend des chansons des années 1930 et 1940 comme Brother, Can You Spare a Dime?, You've Changed, My Baby Just Cares for Me, I Remember You, Secret Love, Wild Is the Wind, Where or When et It's All Right with Me, et signe également des versions jazz de chansons plus récentes comme The First Time Ever I Saw Your Face, Roxanne et Miss Sarajevo. Aucun single n'est extrait de l'album. Toutefois, un clip presque documentaire est tourné dans le Red Light District d'Amsterdam pour la reprise de Roxanne, dont les paroles traitent de la prostitution. Songs from the Last Century reçoit un mauvais accueil critique. Par exemple, Nigel Packer de BBC, bien que soulignant les qualités vocales de George Michael, écrit que « dans l'ensemble, le résultat est plus anesthésique que swing. » Songs from the Last Century atteint la deuxième place du hit-parade anglais et est le seul album de George Michael à ne pas avoir atteint la première place. L'album ne dépasse pas la 157e place du Billboard 200 aux États-Unis. En marge de cet album, George Michael participe à plusieurs concerts entre 1999 et 2000. En avril 1999, il rend hommage à Linda McCartney pendant un concert organisé par son mari Paul. Linda McCartney est morte un an avant d'un cancer du sein. « Ma mère a perdu le même combat que Linda », déclare George Michael sur scène. En octobre 1999, le chanteur prend part au concert de charité NetAid au stade de Wembley et interprète en live une chanson de chacun de ses albums : Fastlove, Brother, Can You Spare a Dime?, Father Figure et Freedom! '90. George Michael n'a pas souhaité que la BBC retransmette sa performance à cause de problèmes techniques pendant le concert. La même année, George Michael se produit également au Royal Albert Hall de Londres pour l'association caritative LGBT Stonewall. En 2000, George Michael chante plusieurs fois en duo. Le 29 avril 2000, George Michael rejoint plusieurs artistes au Robert F. Kennedy Memorial Stadium de Washington pour le concert Equality Rocks, sponsorisé par la Human Rights Campaign, qui lutte notamment contre les crimes de haine homophobes. George Michael y interprète Freedom! '90 aux côtés de la star américaine du country Garth Brooks. Le 6 juin 2000 , George Michael chante Don't Let the Sun Go Down on Me avec le ténor italien Luciano Pavarotti à Modène, pour un concert de charité. Enfin, en août 2000, George Michael enregistre If I Told You That en duo avec Whitney Houston. En 1998, Whitney Houston chantait déjà seule cette chanson pour son album My Love Is Your Love, et son duo était à l'origine prévu pour Michael Jackson. Finalement, même si George Michael a vécu une période difficile, surtout ponctuée de deuils, il a poursuivi sa carrière musicale et a encore obtenu du succès auprès du public. Les années 2000 Depuis 1998, George Michael n'a pas écrit de nouvelles chansons. Le chanteur sort alors deux nouveaux singles en 2002 : Freeek! et Shoot the Dog. Dans le premier titre George Michael fustige les médias et tire une sonnette d'alarme contre la pornographie, tandis que le second est un véritable réquisitoire contre la guerre, n'hésitant pas à ridiculiser le président des États-Unis et le Premier ministre britannique dans un clip sous forme de dessin animé. George Michael enterre définitivement la hache de guerre avec Sony Music (avec qui il avait sorti Ladies & Gentlemen: The Best of George Michael) avec son dernier album : Patience. Patience est un album qui sent la nostalgie comme le témoignent des chansons telles que John and Elvis Are Dead ou le très personnel My Mother Had a Brother, un des morceaux phares. Album autobiographique à bien des égards, outre My Mother Had a Brother, on y trouve aussi Patience, American Angel, et Please Send Me Someone (Anselmo's Song). Mais c'est aussi l'album d'un véritable mélodiste pop du début de siècle avec Amazing, Cars and Trains, Flawless (Go to the City), ainsi que Freeek!, et Shoot the Dog qui y ont été intégrés. Avant de participer à la compilation Hope (Warchild, 2004) en faveur de l'arrêt de la Guerre d'Irak où il reprend The Grave de Don McLean, George Michael annonce le 10 mars 2004 à la BBC Radio que Patience est son dernier album commercial. Selon ses propres aveux : « Maintenant j'aimerais vraiment que les gens puissent télécharger mes chansons sur internet, gratuitement, avec la possibilité pour eux en contrepartie de faire un don à une œuvre de charité ». Puis de continuer : « Croyez-moi, dans le monde moderne, si vous n'êtes dans aucun classement, si vous ne faites gagner d'argent à personne, si vous ne faites perdre d'argent à personne, vous présentez alors très peu d'intérêt pour la presse », et de finir par : « .. et je serai alors un homme beaucoup plus heureux. » (BBC Radio, le 10 mars 2004). En 2005, le réalisateur Southan Morris propose à George Michael de faire un film sur sa vie. George Michael accepte. A Different Story (distribué en France sous le titre George Michael : Mon Histoire), est un documentaire retraçant la carrière de l'artiste. Accompagné d'entretiens de George Michael lui-même, d'Andrew Ridgeley son comparse de Wham!, des choristes Shirlie Holliman-Kemp et Pepsi Demacque-Crockett, David Austin (ex-The Executive et un des plus proches amis de la star), Jack Panayiotou (son père), Sir Elton John, Paul Gambaccini (historien et journaliste), Geri Halliwell (La Spice Girl, une amie), Kenny Goss (son compagnon), Mariah Carey, Boy George, Martin Kemp (bassiste du groupe Spandau Ballet), Sting, Phil Ramone (producteur de Songs from the Last Century) et Noel Gallagher (Oasis), ce documentaire assez classique dans sa construction chronologique éclaire l'affaire qui l'opposait à Sony Music, et des sujets aussi sensibles que la perte de son compagnon (Anselmo Feleppa) et de sa mère, ainsi que sur ses engagements politiques et sociaux. Ce documentaire sera vendu en DVD exclusivement pendant la tournée mondiale qui suivra. La même année, George Michael est en « guest star » au Live 8 aux côtés de Paul McCartney pour chanter en duo avec l'ancien Beatles Drive My Car (Lennon/McCartney). En 2006, George Michael se lance dans une tournée pour fêter ses 25 années de carrière : C'est le « 25 Live Tour » qui sera prolongé durant l'été 2007. Cette tournée est l'occasion pour George Michael de sortir Twenty Five, une compilation de ses années Wham! et ses années en solo. La compilation sort sous deux formes : un double album composé d'un CD de slows et d'un CD de ses morceaux les plus dansants, et l'autre support est un triple album (en digipack) pour les plus fans comprenant les deux CD cités et un CD en plus. Twenty Five comprend deux nouveautés : le single This Is Not Real Love, chanté avec Mutya, et un nouveau duo avec Sir Paul McCartney où les deux stars reprennent ensemble Heal the Pain de George Michael. L'événement le plus marquant de cette tournée, qui est un véritable show de la part d'un artiste que les fans attendaient depuis des années (il n'était pas venu en concert à Paris depuis 1988 pour The Faith Tour), est le moment où apparaît sur scène une poupée gonflable géante de George W. Bush avec un chien habillé du drapeau britannique et faisant une fellation au président des États-Unis pendant que George Michael chante Shoot the Dog. George Michael est présent sur deux CD en hommage à deux grands artistes de la musique : Genius & Friends où il chante en duo avec Ray Charles Blame It on the Sun. Le morceau avait été enregistré un peu avant le décès de Ray Charles mais l'album n'est sorti qu'en 2005 chez Rhino/WEA. Dans Duets : An American Classic, c'est avec le crooner Tony Bennett qu'il interprète la chanson How Do You Keep the Music Playing?. En juillet 2007, le groupe Gossip, fait une reprise rock et déjantée de Careless Whisper à l'occasion d'un concert à Liverpool, en Angleterre. Cette version figurera sur leur album Live in Liverpool (2007). Le 16 janvier 2008, Reuters informe que George Michael a signé un contrat avec l'éditeur HarperCollins pour une autobiographie. Le retour sur scène de George Michael est annoncé le 18 juillet 2008 au Centre Bell à Montréal. Il s'agit du prolongement de la tournée « Twenty Five Live ». George Michael se produit alors dans une dizaine de villes aux États-Unis et au Canada. La compilation Twenty Five qui sort en 2008 dans ces deux pays diffère légèrement de l'édition européenne : elle contient un inédit, Feeling Good (une reprise de Nina Simone), et des tubes qui ne figurent pas dans le Twenty Five Live . Le 1er décembre 2008, George Michael donne un ultime concert au Zayed Sports City Stadium à Abou Dabi, aux Émirats arabes unis. À cette même date, parait un nouveau single spécialement pour Noël : December Song. Celui-ci est alors disponible en téléchargement gratuit sur le site internet officiel de l'artiste. Les années 2010 Le 24 août 2010, le chanteur plaide coupable à la cour Highbury Corner Magistrates à Londres après avoir reconnu la conduite sous l'influence de drogues. Le 14 septembre, à la même cour, il est condamné à huit semaines de prison, une amende et une interdiction de cinq ans de conduite. Il sera libéré le 11 octobre 2010, après avoir purgé la moitié de sa peine, soit quatre semaines, à la prison Highpoint, dans le Suffolk. Le 27 septembre 2010, est annoncée la sortie d'une version remastérisée dite « Deluxe Edition » de l'album Faith. Elle ne sortira que le 31 janvier 2011. George Michael sort un nouveau single intitulé True Faith le 14 mars 2011. Il s'agit d'une reprise de la chanson du groupe New Order datant de 1987. George Michael reverse alors tous les bénéfices de la vente à Comic Relief, une association qui s'occupe de personnes très défavorisées au Royaume-Uni et en Afrique. L'année suivante, George Michael entame une nouvelle tournée mondiale avec orchestre symphonique, « Symphonica Tour 2011 ». Lors de la soirée d'ouverture de cette tournée à l'opéra national de Prague, il annonce en direct sa séparation avec Kenny Goss, après 15 ans de vie commune. La cause serait les problèmes d'alcool de ce dernier. Il devient le compagnon de Fadi Fawaz,. En décembre 2011, il confie avoir failli mourir des complications dues à une pneumonie. Sa maladie lui inspire notamment la chanson White Light. Le 12 août 2012, il participe à la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Londres. Il y interprète les chansons White Light et Freedom. Le 9 septembre 2012, il est le premier artiste pop anglo-saxon à se produire sur la scène de l'Opéra Garnier, à Paris au profit de la lutte contre le sida, accompagné d'un orchestre symphonique. Un nouvel album live intitulé Symphonica sort le 17 mars 2014, soit dix ans après l'album Patience. Il reprend le répertoire de la tournée internationale du chanteur, en 2011 et 2012, et est constitué en bonne partie de reprises de standards du jazz, de la soul ou de la variété. Il meurt le 25 décembre 2016, à son domicile du comté d'Oxfordshire, à l'âge de 53 ans, à la suite d'une crise cardiaque,,. Apparitions de George Michael à la télévision et clins d'œil cinématographiques En tant qu'acteur, George Michael apparaît en guest dans la série télévisée Eli Stone en 2007. À la fin de l'année 2007, on le voit dans un épisode de Extras, la série de Ricky Gervais et Stephen Merchant. Toujours en 2007, il fait une apparition dans la sitcom britannique The Catherine Tate Show. Dans cet épisode, il fait une allusion humoristique à sa sexualité. Quand l'infirmière Bernie (Catherine Tate) lui fait des avances en lui demandant "Do you want my sex/ Vous voulez mon sexe", il répond "Do you not read the papers, love?/ Vous ne lisez pas les journaux, mon amour ?" Par ailleurs, on peut entendre des chansons de George Michael dans des séries télévisées telles que Beavis And Butt-Head (1993) de Mike Judge (Killer/Papa Was a Rollin' Stone et Wake Me Up Before You Go-Go), Scrubs (2001) de Bill Lawrence (Faith), Cold Case (2003) de Meredith Stiehm (Faith), et plus récemment encore Nip/Tuck (2003) de Ryan Murphy où on entend Jesus to a Child. Dans la série Friends, lors d'un épisode flashback en 1987, Ross et Chandler, encore étudiants, ont des tenues colorées à l'instar du groupe Wham!. Autre petit clin d'œil dans Friends, lorsque Ross porte une boucle d'oreille, il est taquiné par Chandler qui, lorsqu'il s'en va, lui dit : « Wake me up before you go go!! ». Le personnage de Alex Fletcher, auteur-compositeur du film américain, Le Come-Back (de Marc Lawrence) est en partie inspiré de George Michael. En effet, Alex Fletcher faisait partie d'un groupe des années nommé PoP! (nom très proche de Wham!) et l'un des tubes de ce groupe est Meaningless Kiss, dont le titre et le riff d'introduction joué au saxophone fait penser à Careless Whisper. Discographie Wham! Albums 1983 : Fantastic (Innervision) 1984 : Make It Big (Epic) 1986 : The Final (Epic) 1986 : Music from the Edge of Heaven (Columbia) Compilation 1997 : The Best of Wham!: If You Were There? (Epic) George Michael Albums studio 1987 : Faith (Epic) 1990 : Listen Without Prejudice, Vol. 1 (Epic) 1996 : Older (Virgin / Dreamworks / Ægean) (édition limitée : Older & Upper) 1999 : Songs from the Last Century (Virgin / Ægean) 2004 : Patience (Epic / Sony Music / Ægean) Album live 2014 : Symphonica (Virgin-EMI / Ægean) Compilations 1998 : Ladies & Gentlemen: The Best of George Michael (Epic) 2006 : Twenty Five (Sony Music) 2008 : Twenty Five (Sony Music US) EP 1993 : Five Live (Hollywood / Parlophone) 1996 : The Spinning the Wheel E.P. (Virgin / Ægean) 1996 : The Older E.P. (Virgin / Ægean) 1997 : The You Have Been Loved E.P. (Virgin / Ægean) Captations vidéos Les dates mentionnées ci-dessous correspondent aux dates de sorties des captations vidéos. Compilations des clips de Wham! 1984 : Wham! - The Video (CBS/Fox Video) 1985 : Wham! - 85 (CBS/Fox Video) 1986 : Wham! - The Final (CBS/Fox Video) 2001 : The Best of Wham! (Sony Music Video) Compilations des clips de George Michael 1987 : I Want Your Sex - George Michael (CBS/Fox Video) 1988 : Faith - George Michael (CBS Music Video) 1999 : Ladies & Gentlemen: The Best of George Michael (Sony Music Video) 2002 : George Michael - Shoot The Dog / Freeek! (Universal) 2006 : George Michael - Twenty Five (Sony BMG / Ægean) Captations de concerts 1988 : Nelson Mandela 70th Birthday Tribute (CBS Music Video) 2004 : Live Aid (Warner Music Vision) 2005 : Live 8: One Day, One Concert, One World (EMI) 2009 : George Michael - Live in London (en) (Sony Music / Ægean) 2013 : The Freddie Mercury Tribute Concert (Eagle Vision) 2014 : Symphonica - George Michael (Virgin-EMI / Ægean) Notes et références Notes Références bibliographiques George Michael : de A à Z George Michael Do You Really Want to Know George Michael Autres sources Annexes Bibliographie Arturo Blay (trad. de l'espagnol), George Michael, Valence (Espagne), La Máscara, coll. « Idoles de la pop » (no 8), 1998, 48 p. (ISBN 84-7974-568-1) Stéphane Boudsocq (ill. Léon Pistache), George Michael : de A à Z, Paris (France), Groupe Express Éditions, coll. « Les Guides Music Book », 2005, 119 p. (ISBN 2-84343-289-8) (en) Lucy Ellis et Bryony Sutherland, The Complete Guide to The Music of George Michael & Wham!, Omnibus Press, 1998(ISBN 0-7119-6822-5) (en) Nigel Goodall, George Michael : In His Own Words, Londres (Angleterre), Omnibus Press, 1999 (1re éd. 1995), 107 p. (ISBN 0-7119-7891-3) (en) Rob Jovanovic, George Michael : The Biography, Grande-Bretagne, Steve Gove, 2007, 240 p. (ISBN 978-0-7499-5141-2) (en) George Michael et Tony Parsons, George Michael : Bare, Penguin Books, 1991, 256 p. (ISBN 978-0140132359) (en) Mike Middles, George Michael : Freedom, Chameleon Books, 1997, 128 p. (ISBN 978-0233991764) (en) Robert Steele, Careless Whispers : The Life & Career of George Michael, Omnibus Press, 2011, 376 p. (ISBN 978-0-85712-726-6) Xavier Uffenvanken, Do You Really Want to Know George Michael, France, octobre 2006, 80 p. (ISBN 2-9527760-0-8) Fanny Walters, George Michael : Unique, Éditions Fanny Walters, 2004, 140 p. (ISBN 2-9521177-0-5) (en) Nicholas et Tim Wapshott, Older : The Unauthorized Biography of George Michael, Sidgwick & Jackson, 1998, 368 p. (ISBN 978-0330367547) Films documentaires (en) Wham! in China: Foreign Skies de Lindsay Anderson, CBS/Fox Video (États-Unis et Royaume-Uni), 1986, VHS (en) George Michael de Alan Benson, CBS Music Video (États-Unis, Royaume-Uni et Europe), 5 novembre 1990, VHS George Michael : Mon histoire (George Michael: A Different Story) de Southan Morris, Pretty Pictures (France), 11 janvier 2006 Liens externes (en) Site officiel (en) George Michael sur l’Internet Movie Database Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel ? International Standard Name Identifier ? Bibliothèque nationale de France (données) ? Système universitaire de documentation ? Bibliothèque du Congrès ? Gemeinsame Normdatei ? Bibliothèque nationale de la Diète ? Bibliothèque nationale d'Espagne ? WorldCat Source : Wikipedia

Heintje

Heintje Simons, né Hendrik Nikolaas Theodoor Simons le 12 août 1955 à Kerkrade dans le Limbourg, est un chanteur de schlager néerlandais. Il fait sa carrière essentiellement lorsqu'il est un enfant, aussi bien dans son pays natal qu'en Allemagne. Biographie Le musicien et producteur néerlandais Addy Kleijngeld fait la rencontre grâce à une connaissance de Heintje en 1966. Après que Heintje remporte le concours de chant à Schaesberg avec une version néerlandaise de Mamma, Kleijngeld lui fait signer un contrat. Kleijngeld devient son manager et compose la plupart de ses chansons de son premier album en néerlandais. En octobre 1967, il commence sa carrière en Allemagne en remportant un concours avec une version germanophone de Mamma. Mama est présent durant presque un an dans les meilleures ventes et est le single le plus vendu en 1968. Il reste présent dans les meilleures ventes avec les titres qu'il sort ensuite pendant quatre ans. Son producteur en Allemagne est Ronny (de) jusqu'en 1976. Il entame aussi une carrière anglophone qui l'amène en Australie, aux États-Unis et au Canada. En 1968, il commence une carrière au cinéma. Il commence par un petit rôle, avant que trois films lui soient consacrés. Il ne continuera pas cette carrière d'acteur. Sa mue arrive lorsqu'il a seize ans. Il revient lorsqu'il en a dix-huit mais il n'arrive pas à se détacher de son image d'enfant-star. En 1975, il arrive en Afrique du Sud et sort deux albums en afrikaans tandis que sa carrière en Europe décline. Il tente plusieurs retours sous le nom de Heintje Simons puis de Hein Simons, au milieu des années 1990 dans le domaine de la Volkstümliche Musik. Il est souvent invité dans des émissions de télévision et sort des albums sans grand succès. Filmographie 1968: Zum Teufel mit der Penne (de) (Die Lümmel von der ersten Bank 2. Teil) 1969: Heintje - Ein Herz geht auf Reisen 1969: Hurra, die Schule brennt (de) (Die Lümmel von der ersten Bank 4. Teil) 1970: Heintje - einmal wird die Sonne wieder scheinen 1970: Heintje - mein bester Freund 1971: Morgen fällt die Schule aus (de) (Die Lümmel von der ersten Bank 6. Teil) Notes et références (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Heintje » (voir la liste des auteurs). Liens externes Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel ? International Standard Name Identifier ? Bibliothèque nationale de France (données) ? Bibliothèque du Congrès ? Gemeinsame Normdatei ? Bibliothèque royale des Pays-Bas ? WorldCat (de) Publications de et sur Heintje dans le catalogue en ligne de la Bibliothèque nationale allemande (DNB) (en) Heintje sur l’Internet Movie Database Source : Wikipedia

James Last

James Last, de son vrai nom Hans Last, né le 17 avril 1929 à Brême et mort le 9 juin 2015 à Palm Beach en Floride, est un compositeur et chef d'orchestre allemand. Son style est représentatif de l'easy listening, une forme de musique accrocheuse destinée au grand public. Biographie Brême Hans Last est né à Hemelingen (de), un quartier de Brême, d'un père employé aux Bremer Stadtwerken. Passionné par la musique, il transporte un bandonéon et une batterie à l'arrière de son vélo pour jouer à 4 Reichsmark la soirée. En 1943, en pleine guerre, toutes les possibilités de se former à la musique dans le civil étant fermées, il s'inscrit à l'école de musique militaire de Francfort. Les bâtiments de l'école ayant été détruits par un raid aérien, il ira à celle de Bückeburg,. L'école est fermée en 1945, mettant un terme à ses études musicales. Hans Last entame alors une carrière de musicien professionnel en jouant du piano dans des clubs en zone d'occupation américaine, puis de la contrebasse. Il fait son premier arrangement pour le film The Hunters,. Il commence ensuite en tant que bassiste auprès de l'orchestre de danse de Radio Bremen à la fin 1945. À côté du grand orchestre de danse se forme le Last-Becker Ensemble (de) avec jusqu'à 13 musiciens et qui anime de nombreuses soirées. Il est nommé meilleur bassiste de jazz en 1950 et les deux années suivantes par le magazine populaire masculin Die Gondel. Il joue au premier Deutsches Jazzfestival (de) à Francfort, concert publié en disque. À la suite de ses succès en tant qu'arrangeur de musique de danse pour le Last Becker Ensemble et le grand orchestre de danse de Radio Bremen, cette station lui demande de former un orchestre à cordes qui jouera en direct deux fois par semaine. Hambourg Il quitte en 1955 Radio Bremen qui ne compte pas assez d'auditeurs pour Hambourg, où il est bassiste auprès de l'orchestre de danse de la Nordwestdeutscher Rundfunk (NDR), où il accompagne souvent les chanteurs en vogue à ce moment et fait aussi des arrangements. En plus de la basse acoustique, il commence à la basse électrique. Hans Last fait aussi des arrangements pour Helmut Zacharias, qui est passé du jazz à la musique populaire et part avec lui en tournée européenne. Il arrange aussi pour Harry Hermann (de) et Michael Jary, pour lequel il écrit la musique du film Wie werde ich Filmstar? (de). Il sort ses premiers disques chez Polydor en 1963. Deux disques de Hans Last und die Rosenkavaliere font un pot-pourri des succès des années 1940 et 1950, un troisième reprend de la musique classique, le tout sans grand succès public. En 1965, il renonce à sa place de bassiste auprès de la NDR. Il sort un nouvel album chez Polydor qui comble cette fois ses attentes. C'est lors de la préparation de la publication de l'album Non Stop Dancing '65 pour le marché international que Polydor se décide pour le nom d'artiste James Last, qui est rapidement aussi utilisé en Allemagne,. Ce nom est écrit avec des « ombres » assez typiques des années 1970 sur les pochettes des albums. Son « happy sound » ou « son heureux » remporte un énorme succès à partir de 1965 et pour deux décennies. Il compte à l'époque à lui seul pour près de 30 pourcent des ventes de disques de Polydor en Allemagne. Il est le seul artiste de la maison de disques à obtenir son propre bureau avec une secrétaire. Au début, les couvertures de ses albums privilégient des images de femmes, mais à partir de 1968 il est en photo. En 1973, il reçoit son 100e disque d'or. À cette époque, Elvis Presley n'en compte que 76 en Allemagne et les Beatles 58. Il sort jusqu'à douze albums par an. Autour de 1985, ses producteurs Ossi Drechsler et Werner Klose avaient quitté Polydor, et les nouveaux dirigeants considèrent James Last comme un modèle dépassé. Il perd son bureau lorsque l'entreprise déménage. Le studio de Rahlstedt (de) n'est plus disponible à partir des années 1990. James Last songe à changer de maison de disques, mais les droits sont à l'entreprise et non au musicien. C'est ainsi que sortent de nombreuses reprises, portant préjudice à la sortie de nouveaux albums. La Floride Il déménage complètement à partir des années 1980 en Floride, où il installe un studio d'enregistrement et produit des albums. Il rencontre des difficultés financières et il est victime d'escrocs lors de ses investissements. Il meurt en Floride en 2015. Selon sa volonté, il est enterré au cimetière d'Ohlsdorf. Style musical James Last adopte un style musical principalement instrumental, souvent swinguant et propice à la danse, très en vogue au cours des années 1960 et 1970, tout en gardant l'aspect de musique légère et de divertissement, souvent mis en relief par deux trompettes, une basse incisive assorties de chœurs et la batterie, à l'instar des orchestres de Bert Kaempfert, Herb Alpert ou Roberto Delgado. De nombreux succès de variétés et presque tous les genres de musiques traditionnelles et folkloriques de nombreux pays, tels que l'Autriche, le Mexique, l'Irlande, les musiques de Westerns ou la Russie, seront abordés et repris par son orchestre renforcés par la rythmique d'un accompagnement modernisé. Les polkas, notamment dans sa série "Polka Party" et valses viennoises seront aussi mises à l'honneur dans un style entraînant. Les instruments solistes seront aussi mis en vedette, dans sa série "Instrument à Gogo", tels que trompette, saxophone, orgue Hammond, guitare électrique, etc. Un second style principalement sera abordé de manière beaucoup plus romantique, mettant cette fois en relief les violons, reprenant avec une touche légèrement modernisée par l'appoint de la basse et de la batterie, plusieurs mélodies classiques et airs de Noëls. Plusieurs artistes solistes s'adjoindront à son orchestre pour quelques compositions, tels que : le cithariste autrichien Alfons Bauer (de) en 1968, les flûtistes de Pan Gheorghe Zamfir (Le berger solitaire) en 1971 et Horea Crishan (Paradis des oiseaux) en 1982, un groupe folk celtique (In Ireland) en 1986, la flûtiste traversière Berdien Stenberg (nl) (Flûte fiesta) en 1988 puis le pianiste Richard Clayderman en 1995. Les dernières années, face à la mode de plus en plus rythmique, il s'adonnera au disco et convergera souvent vers les rythmes actuels. Ce sera l'un des orchestres dont la discographie microsillon, puis CD (reprenant les vinyls ou nouveaux) sera la plus importante en diversité, vendus internationalement. Discographie Filmographie comme compositeur émission télé 1979 : James Last in London (TV) Récompenses et nominations Références Voir aussi Crédits de traduction (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « James Last » (voir la liste des auteurs). Bibliographie (de) James Last, James Last Story, R. Glöss, Hambourg 1975, ISBN 3-87261-005-8 (en) Robert Wilcox, James Last, Everest, Londres, 1976, ISBN 0-905018-12-5 (en) Howard Elson, James Last, Proteus Books, Londres, 1982, ISBN 0-86276-174-3 (de) James Last, Thomas Macho, Mein Leben. Die Autobiografie, Heyne, Münich, 2006, ISBN 3-453-12063-9 (de) James Last, Thomas Macho, Non stop Leben. Die Autobiografie, Heyne, Münich, 2015, ISBN 978-3-453-60352-3. Liens externes Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel ? International Standard Name Identifier ? Bibliothèque nationale de France (données) ? Système universitaire de documentation ? Bibliothèque du Congrès ? Gemeinsame Normdatei ? Bibliothèque nationale d'Espagne ? WorldCat RadioGentleman, Web radio consacrée principalement à sa musique (en+de) Site officiel (en) « James Last », sur Find a Grave James Last fansite James Last | The famous German composer Source : Wikipedia

Johnny Hallyday

Jean-Philippe Smet, dit Johnny Hallyday, est un chanteur, compositeur et acteur français, né le 15 juin 1943 à Paris et mort le 5 décembre 2017 à Marnes-la-Coquette. Durant ses 57 ans de carrière, il est l'un des plus célèbres chanteurs francophones et l'une des personnalités les plus présentes dans le paysage médiatique français. S'il n'est pas le premier à chanter du rock en France, il est, à partir de 1960, le premier à populariser le rock 'n' roll dans l'Hexagone. Les différents courants musicaux auxquels il s'adonne - le rock 'n' roll, la pop, le rhythm and blues, la soul, le rock psychédélique - puisent tous leurs origines dans le blues. Bien qu'il interprète de nombreuses chansons de variété, de ballades et parfois de country, le rock reste sa principale référence. Sa longévité au premier plan de la scène artistique et ses prestations vocales et scéniques lui attirent la reconnaissance de ses pairs et du public. Au total, il réalise 79 albums, dont 50 albums studio. Il obtient 5 disques de diamant, 40 disques d'or, 22 disques de platine et 10 victoires de la musique. En dehors des pays francophones, s'il ne parvint pas à s'imposer durablement malgré plusieurs tournées à succès, notamment en Amérique du Sud, sa réputation d'homme de scène franchit les frontières. Il effectue ainsi 184 tournées et donne plus de 3 250 concerts, totalisant 29 millions de spectateurs, avec des prestations à gros budgets et effets scéniques. Alors qu'il est atteint d'un cancer du poumon, il effectue sa dernière tournée en juin et juillet 2017, aux côtés de ses amis Jacques Dutronc et Eddy Mitchell, avec qui il a formé le trio des Vieilles Canailles. Sa mort, survenue quelques mois plus tard des suites de sa maladie, donne lieu à un important hommage populaire. Au moment de sa mort, les ventes de ses disques se chiffrent à 110 millions d'exemplaires. Biographie Enfance et adolescence Fils d'Huguette Clerc (1920-2007), alors employée de crèmerie, et de Léon Smet (1908-1989), artiste de cabaret belge,,, Jean-Philippe Léo Smet naît à la clinique Villa Marie-Louise située au 3, cité Malesherbes dans le 9e arrondissement de Paris, le 15 juin 1943. À sa naissance, Jean-Philippe porte le nom de sa mère, Clerc, car Léon Smet ne l'a pas reconnu. Début 1944, Léon Smet abandonne sa compagne et son fils, âgé de huit mois. À la demande d'Huguette, le couple se reforme le temps d'un contrat de mariage et d'une reconnaissance en paternité, le 7 septembre 1944 ; dès lors, l'enfant se nomme officiellement Jean-Philippe Smet. Avant le jour de son baptême, célébré le 10 septembre 1944 en l'église de la Sainte-Trinité à Paris, Léon et Huguette Smet demandent au second époux de Jacqueline Harpet, l'homme de radio Alain Trutat, de devenir le parrain de leur fils. Peu après, Léon Smet part définitivement. Huguette Clerc reprend après la naissance de Jean-Philippe une activité professionnelle, devenant mannequin de cabine pour des couturiers,,. Son métier lui laissant peu de temps, elle confie son enfant à sa belle-sœur Hélène Mar,. Cette dernière devient pour l'enfant une figure maternelle de substitution, aidée de ses filles Desta et Menen (cette dernière étant devenue la marraine de Jean-Philippe lors de son baptême en 1944). Le 28 mars 1945, le mari d'Hélène, Jacob Mar, est arrêté pour faits de collaboration, ayant été speaker et éditorialiste à Radio-Paris, la radio de la propagande nazie, ce qui compromet la carrière de première danseuse-étoile des filles d'Hélène. Après-guerre, dans une France marquée par la guerre et avec un père absent, Jean-Philippe sera traité de « fils de boche », de « bâtard » ou de « fils de divorcé », « stigmates sociaux que la légende de Johnny va (plus tard) récupérer pour les convertir en signes positifs ». À trois ans, Jean-Philippe entame une vie d'enfant de la balle au gré du travail de danseuses classiques de ses cousines. Fin 1946, Desta et Menen s'installent à Londres pour deux ans avec leur jeune cousin. Desta épouse Lee Lemoine Ketcham, un danseur américain connu sous le nom de scène de Lee Halliday. Le trio de danse acrobatique, Desta, Menen et Lee, se produit à travers l'Europe jusqu'en 1949. Le trio devient ensuite duo : Desta et Lee se font alors appeler « Les Halliday's ». Lee Halliday, qui est aux yeux de l'enfant une incarnation du rêve américain, devient son père de cœur et le surnomme Johnny. Plus tard, au moment de choisir un nom d'artiste, il optera ainsi pour le nom de scène « Johnny Halliday ». Inscrit à l'école des enfants du spectacle, il suit des cours par correspondance, apprend la danse classique et, à Paris, suit des cours de théâtre au Centre d'art dramatique de la rue Blanche et au Théâtre du Petit Monde. Selon ses propres déclarations effectuées à l'occasion d'un spectacle à l'opéra Garnier, Johnny Hallyday reconnait « avoir été petit rat sur cette même scène de l'Opéra dans la troupe dirigée par Serge Lifar »'. Il apprend le violon qu'il déteste et finit par l'échanger, au grand dam de ses aînés, contre une guitare. Durant deux ans, où il vit à Genève, inscrit au conservatoire, il prend des cours de guitare avec le maître José de Azpiazu. Ce dernier, n'appréciant guère qu'il joue dans les rues des airs de cow-boy, finit par le renvoyer. Dès l'âge de neuf ans, il occupe la scène pendant les changements de costume du couple, en chantant des chants traditionnels français ou américains. Il monte officiellement sur scène, pour la première fois le 13 juin 1956, en première partie du spectacle des Halliday's, à l’Atlantic Palace de Copenhague, où il chante La Ballade de Davy Crockett, en s'accompagnant à la guitare, habillé en cow-boy. Rentrée à Paris, la famille demeure dans le « quartier de la Trinité » au 13, rue de la Tour-des-Dames. Johnny obtient divers petits rôles : il est figurant dans Les Diaboliques, tourne une réclame pour une marque de vêtements, participe à la télévision à l'émission Martin et Martine, où il chante Dans les plaines du Far-West. À 14 ans, en voyant au cinéma le film Amour frénétique, Johnny découvre Elvis Presley et le rock 'n' roll. C'est une révélation et, convaincu d'avoir trouvé sa voie, il décide de devenir rockeur. Débuts musicaux (1958-1960) Johnny débute avec le soutien de ses proches, notamment de Lee Halliday, qui le produit. Convaincu que cette musique peut s'imposer en France, Lee Halliday fait envoyer d'Amérique, par sa famille, des disques de rock qui permettent à Johnny de faire son apprentissage de rockeur. Il devient dans le même temps possesseur d'une collection de disques alors inconnus en France. Eddy Mitchell se souvient à ce propos : « Johnny avait beaucoup de disques américains qu'on ne pouvait pas acheter en Europe, ce qui me permettait d'écouter tout ce que je ne pouvais pas écouter autrement, si bien qu'on passait souvent des après-midi et des soirées à écouter Presley, Bill Haley et des tas d'autres trucs qui n'étaient pas encore disponibles chez nous ». À partir de 1958, Johnny fréquente ce qui bientôt devient le lieu culte du rock français : le Golf-Drouot, d'Henri Leproux. C'est là qu'il retrouve d'autres copains, futurs confrères et concurrents : Long Chris, Dany Logan, Jacques Dutronc et Eddy Mitchell. Sur le tremplin, s'inspirant de ses idoles, il chante des reprises et adaptations françaises du répertoire américain en s'accompagnant à la guitare. À l'Orée du Bois, durant les changements de costumes de Desta et Lee, Johnny chante Elvis, sous les sifflets du public. Dès le second soir, il est renvoyé. Accompagné par Philippe Duval, son premier guitariste, il cherche à se produire dans divers clubs mais, partout le scénario est identique : on le refuse ou il est remercié. Il obtient ses premiers succès publics en chantant pour les GIs dans les bases américaines. Le 30 décembre 1959, il participe à l'émission radio Paris cocktail de Pierre Mendelssohn, avec en vedette Colette Renard. Il chante Viens faire une partie. Les auteurs-compositeurs Jil et Jan, enthousiasmés par sa prestation, le présentent à Jacques Wolfsohn de la maison de disques Vogue. Années Vogue (1960-1961) Le 16 janvier 1960, Johnny, encore et pour peu de temps « Halliday », signe un contrat avec Vogue. Quelques semaines plus tard, il participe à Namur, en Belgique, à un show-radio, la maison de disque Vogue proposant quatre artistes, dont Jean-Jacques Debout et Johnny Halliday (il chante un seul titre). Son premier disque, un super 45 tours, sort le 14 mars. Sur la pochette, son nom est, par erreur, orthographié avec deux « y », graphie qui sera, dorénavant et définitivement, adoptée. T'Aimer follement (titre également chanté par Dalida, son disque est sorti en février), est la chanson promue. L'accueil des radios est très défavorable voire franchement hostile, Johnny provoquant un choc de générations, alors que les auditeurs réclament de l'André Claveau ou du Georges Guétary. Seule l'émission Salut les copains, quotidiennement programmée sur Europe N°1, fait figure d'exception ; dès la parution du disque le chanteur est largement soutenu par les présentateurs Daniel Filipacchi et Frank Ténot. En avril, le chanteur obtient son premier contrat professionnel de 500 nouveaux francs et se produit, les 16 et 17, au Cabaret l'Escale à Migennes, (Johnny Hallyday 1960 : À la Roche-Migennes). Le lendemain, parrainé par Line Renaud, il fait sa première télé dans L'École des Vedettes d'Aimée Mortimer. Elle le présente comme un chanteur d'origine franco-américaine ? plus tard, sur les conseils de Charles Aznavour, Johnny rétablit la vérité sur ce demi-mensonge,. Il chante Laisse les filles en jouant de la guitare tout en se roulant par terre, ce qui défraie la chronique mais aussi dope les ventes du disque qui, de trente mille exemplaires déjà vendus, passent en quelques jours à cent mille. Souvenirs, souvenirs, son nouvel EP (sorti en juin), offre au chanteur son premier succès, tandis que son impresario Georges Leroux lui décroche de nombreux galas. Johnny est engagé en première partie de la tournée de Sacha Distel, avant de se produire durant l'été au casino de Juan-les-Pins. Durant cette tournée, on assiste aux premiers mouvements de foule. Ses prestations sont marquées par de nombreuses mini-émeutes, émaillées de multiples dégradations par ses admirateurs. La presse, unanimement hostile, parle d'hystérie collective pour dépeindre l'ambiance de ses galas. En septembre, durant trois semaines, à l'Alhambra, il est programmé en vedette américaine de Raymond Devos. Son jeu de scène divise une fois de plus le public. Au balcon, si les plus jeunes sont enthousiastes et le lui font savoir avec véhémence, en revanche, au parterre, les aînés indignés le huent. Le tollé est tel que la direction veut supprimer Johnny du programme. Raymond Devos s'y oppose et Hallyday va jusqu'au bout de son engagement. Après le succès de Souvenirs, souvenirs et la sortie en octobre d'un troisième 45 tours (Itsy bitsy, petit bikini), d'autres émissions de radio vont le programmer. Ce même mois, sort son premier 33 tours 25 cm Hello Johnny. Cette fois encore, avec la chanson Itsy bitsy petit bikini, Johnny Hallyday est en concurrence avec Dalida (sa propre version est sortie un mois plus tôt) et Lucien Morisse, directeur des programmes d'Europe no 1 et compagnon de Dalida, après la diffusion du disque de Johnny, le 11 octobre, dans son émission Le Discobole, excédé, casse le disque en direct à l'antenne en déclarant « C'est la dernière fois que vous l'entendez,. » En novembre, le chanteur se produit plusieurs jours à l'Alcazar de Marseille, où il confirme son succès naissant, avant de s'imposer à Monte-Carlo. Autour de Johnny Hallyday, le 24 février 1961 est organisé le Premier festival international de rock au Palais des sports de Paris dans une ambiance survoltée et explosive où bagarres et arrestations sont nombreuses. L'événement, qui lance véritablement le rock en France, est gravé sur le disque Johnny Hallyday et ses fans au festival de Rock'n'Roll. Vraisemblablement il s'agit du premier album live de rock au monde, si ce n'est qu'il est enregistré en faux live et de facto devient le premier faux live de l'histoire internationale du rock. À cette époque, le marché du disque est dominé par les vinyles 25 cm et les EP et la publication d'un 33 tours 30 cm témoigne de la notoriété d'un artiste et de sa reconnaissance. C'est ainsi qu'Hallyday voit confirmé son récent statut de vedette, avec la sortie de son premier album Nous les gars, nous les filles. Pour autant un profond désaccord oppose Vogue et le chanteur. Désormais, Johnny n'est plus seul en France sur le marché du rock et la concurrence est rude, notamment celle du groupe d'Eddy Mitchell, Les Chaussettes noires. Aussi demande-il davantage de musiciens et des arrangements plus sophistiqués, avec saxophones et claviers. La réponse est « Tu fermes ta gueule et tu chantes », à quoi il réplique : « Je ne vois pas comment je peux chanter en fermant ma gueule » et part pour ne plus revenir. Johnny Hallyday, âgé de 18 ans, professionnel depuis à peine plus d'un an, a déjà enregistré 36 chansons et vendu un total de 1 673 000 disques. Sur fond de procès avec Vogue, il signe chez Philips le 19 juillet 1961. Johnny Stark devient son nouvel imprésario, tandis que Vogue sort un troisième et dernier 25 cm, Tête à tête avec Johnny Hallyday. « L'idole des jeunes » (1961-1964) Alors que de nombreux incidents parsèment toujours ses apparitions et que plusieurs villes (Biarritz, Bayonne, Strasbourg, Cannes...) lui ferment leurs portes, Johnny enregistre, aux studios Fontana à Londres, son premier disque Philips Viens danser le twist, qui sort le 20 septembre 1961. Le jour même et jusqu'au 9 octobre, il est le premier artiste de sa génération à se produire en vedette à l'Olympia de Paris, où il lance le twist en France. Pour Noël, sort l'album Salut les copains, titre qui se veut un clin d'œil reconnaissant à la célèbre émission radio. La chanson Retiens la nuit s'impose particulièrement et marque sa carrière. Si ce n'est pas la première chanson douce du rockeur, écrite par Charles Aznavour et Georges Garvarentz, elle fait date et lui vaut un regard des critiques plus clément. Son jeu de scène et les débordements que provoquent ses apparitions publiques sont toujours dénoncés, mais on souligne aussi, à présent, ses qualités vocales et son talent d'interprète. Désormais, il alterne chansons rythmées et chansons sentimentales, suivant en cela le conseil de Charles Aznavour, chanteur lui aussi contesté à ses débuts (25 cm Retiens la nuit). Au printemps 1962, il enregistre à Nashville l'album Sings America's Rockin' Hits, chanté entièrement en anglais. Jamais encore un tel disque n'a été réalisé à l'attention du public français, alors peu enclin aux chansons en langue étrangère et, s'il ne bouleverse pas les ventes, l'opus obtient un réel succès d'estime et est distribué dans de nombreux pays (Japon, Royaume-Uni, États-Unis...). En avril, Johnny reçoit son premier disque d'or pour Let's Twist Again, avant de retourner aux États-Unis pour une tournée de promotion, où il participe à plusieurs émissions, dont l'Ed Sullivan Show, qui est tourné au Moulin-Rouge, en France . Les succès s'enchaînent : Laissez-nous twister, Pas cette chanson, Elle est terrible et surtout L'idole des jeunes, une appellation qui, désormais, va durablement lui coller à la peau. Nanti de ce nouveau titre, il investit l'Olympia du 25 octobre au 12 novembre 1962, où (après le twist), il lance le mashed potato. Sur le titre La bagarre, il se met en scène dans une rixe avec des voyous et sur I Got a Woman, à genoux devant sa guitare, il mime la scène finale de La Fureur de vivre. Ce second Olympia est un nouveau succès public et les critiques soulignent d'évidentes qualités scéniques (Johnny à l'Olympia). Début 1963, il chante au Palladium de Londres, puis s'envole pour le Liban pour une série de galas. Arrivé à Beyrouth, on lui annonce que sa venue crée des troubles politiques et que les représentations sont annulées. Indésirable, il rentre en France, où l'incident fait débat à l'Assemblée nationale. Pour le premier anniversaire du magazine Salut les copains, Europe no 1 organise, le 22 juin 1963, un concert gratuit place de la Nation, réunissant (notamment), Sylvie Vartan, Richard Anthony, les Chats sauvages et Johnny Hallyday. Alors que quelque trente mille personnes sont attendues par les organisateurs, la manifestation rassemble entre cent cinquante mille et deux cent mille jeunes. Le retentissement est considérable et, si le concert lui-même se déroule sans incidents, des heurts ont lieu en périphérie entre bandes rivales. Le lendemain et les jours suivants, dans la presse, le concert passe au second plan, on ne retient de l'événement que les dégradations et les interpellations de blousons noirs par la police,. Le quotidien Le Monde, le 6 juillet, publie un long article du sociologue Edgar Morin dans lequel l'auteur invente et sacralise l'expression yéyé,, qui s'impose de facto pour qualifier cette génération et ses idoles, en raison des nombreuses onomatopées qui parsèment leurs chansons. D'onomatopées, il en est encore question avec le nouveau succès de Johnny Da dou ron ron, son premier à rester huit semaines no 1 dans les hit-parades (25 cm Da dou ron ron). La tournée d'été, toujours mouvementée, crée une nouvelle polémique après son passage à Trouville, où en ce 14 juillet il interprète La Marseillaise ; ce qui lui vaut les foudres des anciens combattants, qui l'accusent de l'avoir chantée en rock. L'initiative fait scandale et l'incident est commenté au journal télévisé du soir. Le chanteur est en vedette dans le film D'où viens-tu Johnny ?. Pour moi la vie va commencer et Ma guitare, extraits de la BOF éponyme, sont à l'automne deux énormes succès. Début 1964, sort le 25 cm Les guitares jouent, enregistré avec son nouveau groupe Joey and the Showmen. Pour la première fois, avec Quand je l'ai vue devant moi, il chante une adaptation d'une chanson des Beatles (I Saw Her Standing There) et donne dans le country blues avec Excuse-moi partenaire. Le succès, tant public que critique, est au rendez-vous de son troisième Olympia, où il se produit du 6 février au 15 mars. (Johnny Hallyday Olympia 64) Il donne encore quelques galas en province, à l'issue desquels il est incorporé, le 8 mai, au 43e régiment d'infanterie de marine d'Offenbourg (le chanteur a bénéficié d'un report d'une année afin de pouvoir honorer tous ses engagements). Enregistré avant son incorporation, sort début juillet l'album Johnny, reviens ! Les Rocks les plus terribles. L'opus entièrement rock 'n' roll, propose des adaptations de standards américains. L'armée profite du passage dans ses rangs pour dix-huit mois de la célèbre recrue pour tourner des petits films de propagande bon enfant, à l'attention de la jeunesse, ainsi que quelques émissions de variétés réalisées en direct de la caserne, et, à la condition qu'il pose en tenue militaire sur les pochettes de disques, il obtient l'autorisation de poursuivre ses enregistrements. C'est durant cette période qu'il grave l'un de ses plus grands succès, Le Pénitencier, extrait du 25 cm éponyme. Errances musicales et reconquête (1965-1968) Johnny Hallyday et Sylvie Vartan se marient le 12 avril 1965, à Loconville, envahie pour l'occasion par le public et la presse. L'album Hallelujah sort le 9 juillet 1965. S'il est toujours militaire, c'en est fini des poses en tenue règlementaire et sur la pochette Hallyday apparaît guitare à la main, vêtu d'un blouson et d'un blue-jeans. Libéré le 20 août, le chanteur reprend aussitôt ses activités et le 28, il est sur la scène du casino de Juan-les-Pins. En novembre sort un second album Johnny chante Hallyday qu'il a entièrement composé et qui marque le début d'une longue collaboration artistique avec son ami Long Chris. Le chanteur se produit à partir du 18 octobre à l'Olympia, durant plus d'un mois. Musicalement Hallyday évolue vers le rhythm and blues, son tour de chant est entièrement renouvelé et les anciennes chansons sont expédiées en un medley qui ouvre le récital. Seul le hit Le Pénitencier parmi les anciens succès est présent et le public, quelque peu dérouté, ne retrouve pas le copain Teenager. Son retour laisse une impression mitigée. En ce début d'année 1966, plus rien ne semble aller pour lui : ses ventes de disques connaissent une forte baisse et multipliant les galas, il ne joue pas toujours à guichet fermé. En cette période difficile, Hallyday se produit dans plusieurs pays étrangers, notamment en Europe de l'Est. Arrive alors un nouveau chanteur nommé Antoine qui connait un succès fulgurant avec le titre Les Élucubrations d'Antoine, où au détour d'un couplet, il propose d'enfermer « Johnny Hallyday en cage à Medrano ». Peu après, Hallyday réplique avec le titre Cheveux longs et idées courtes qui connait un succès égal. Il figure à une place privilégiée sur la « photo du siècle » regroupant 46 vedettes françaises du yéyé en avril 1966. Johnny, en août, enregistre un nouvel album à Londres. Il y fait la connaissance de Noel Redding et Jimi Hendrix, qu'il contribue à faire connaître en les engageant dans sa tournée. Une plaque commémorative au Novelty de la rue Chartraine à Évreux, évoque le premier concert de la toute première tournée d'Hendrix le 13 octobre 1966, en première partie de Johnny Hallyday. Si professionnellement cela va mieux, il n'en est pas de même côté vie privée. Alors que son fils, David, naît le 14 août, lui chante à Milan. Le lendemain, pour quelques heures il est au chevet de Sylvie, puis s'envole pour Venise, où il se produit le soir même. La presse se fait l'écho d'une séparation imminente alors que le fisc lui réclame un lourd arriéré d'impôts. Le 10 septembre, Johnny doit chanter à la fête de l'Humanité ; épuisé par le rythme des galas et profondément déprimé, à quelques heures de la représentation, il tente de se suicider puis est hospitalisé d'urgence. C'est dans ce contexte, que Philips sort le titre Noir c'est noir, qui devient un énorme tube (le plus important depuis Le Pénitencier). Après quelques semaines de convalescence, à l'occasion d'un Musicorama Johnny chante à l'Olympia le 18 novembre, accompagné par une nouvelle formation, les Blackburd, que dirige le guitariste Mick Jones et le batteur Tommy Brown. C'est un Johnny nouveau qui apparaît, son récital, sur des sonorités pop et rhythm and blues, est totalement inédit, son jeu de scène est renouvelé, son chant aussi. Désormais Hallyday « donne de la voix » et à force de débauches d'énergies, il emporte l'adhésion. Cette représentation à l'Olympia relance totalement sa carrière. Le lendemain, l'album La Génération perdue est commercialisé. Ce disque, qui regorge de hits et de titres pour la scène demeure l'un des plus importants de sa production. L'année s'achève sur un autre grand succès, Si j'étais un charpentier. Enregistrée à Londres en décembre, avec la participation de Jimi Hendrix, l'adaptation de Hey Joe est un nouveau tube pour Hallyday au printemps 1967. La séparation entre Sylvie et Johnny n'est plus d'actualité et le couple se produit à l'Olympia du 15 mars au 16 avril. Johnny assure la seconde partie et commence son tour de chant avec Les coups, qu'il entame depuis les coulisses, le son allant crescendo à mesure qu'il avance vers la scène. Côté orchestration, priorité est donnée aux cuivres sur des tonalités très soul (Olympia 67). Fort de ce succès, le couple entame une tournée sud américaine de plusieurs semaines. Amour d'été, adapté d'un classique d'Elvis Presley et Aussi dur que du bois sont les titres forts du nouvel album Johnny 67, qui confirme son orientation vers la musique soul. À l'automne, avec San Francisco et Fleur d'amour et d'amitié imposées par sa maison de disques, le rockeur cède à la mode hippie, alors que Mon fils et Psychedelic ? titre sur lequel joue le guitariste Jimmy Page ? complètent ce nouvel EP. Europe no 1 lui consacre, le 14 novembre, un Musicorama exceptionnel organisé au Palais des sports de Paris. 450 projecteurs et 800 phares de voitures dressés tel un mur au fond de la scène servent de décors. Pour la première fois, il utilise des écrans sur lesquels sont projetés une multitude d'images disparates. Le récital très contrasté alterne séquences peace and love et rock psychédéliques et violents. Johnny quitte la scène après un Lucille déchaîné, et s'effondre au bord de la syncope dans la voiture qui l'emporte. La presse française et internationale commente largement la prestation d'Hallyday qui acquiert ses galons de bête de scène. (Johnny au Palais des sports). À ce moment de sa carrière, un constat s'impose. Depuis deux ans, Johnny Hallyday est de toutes les influences musicales de l'époque : rhythm and blues, musique pop, musique soul, rock psychédélique et il n'a plus enregistré de rock 'n' roll depuis Rock and Roll Music (1965) et, bien qu'il ait repris à la scène le classique de Little Richard Lucille, il faut attendre l'album Rêve et amour et la chanson Cours plus vite Charlie pour qu'il y revienne furtivement. En 1968, Johnny confirme ses errances musicales tous azimuts, avec plusieurs Maxi 45 tours, qui précèdent la sortie, en juin, de son neuvième album studio Jeune Homme, avec lequel il poursuit sa période psychédélique qu'il parachève avec l'emblématique album Rêve et amour qui paraît en octobre. La pochette du disque, mi-photo mi-dessin, est fortement influencée par celle de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles. Johnny y apparaît vêtu d'une tunique couverte de médaillons aux effigies de nombreuses personnalités de la chanson, du cinéma, de la politique... Les titres Entre mes mains, Fumée et Cours plus vite Charlie, s'imposent au public. Ce dernier est l'unique reprise d'un disque qui initialement devait être enregistré en anglais. Lors des Jeux olympiques d'hiver de 1968 à Grenoble, il se produit le 10 février dans l'émission Musicorama d'Europe 1 où il chante Mon fils, Si j'étais un charpentier, ou encore Le Pénitencier. Le 10 mai 1968, lors de sa troisième tournée en Afrique, Hallyday est expulsé du Cameroun à la suite d'une rixe avec le ministre centrafricain de la Fonction publique à l'hôtel Indépendance de Yaoundé. En concert à Johannesburg, en octobre, ébloui par un projecteur, Johnny tombe dans la fosse d'orchestre et se fracture un pied. Il termine malgré tout la représentation et c'est dans le plâtre qu'il honore chacun de ses engagements en Afrique du Sud. Contre l'avis des médecins, il fait de même en France, jusqu'à ce que, victime d'un malaise, il s'effondre sur la scène du Palais d'Hiver à Lyon. Cet incident l'oblige à plusieurs semaines de repos forcé, durant lesquelles il travaille avec Mick Jones et Tommy Brown à la formation d'un nouveau groupe. Rocks violents et chants contestataires (1969-1971) En février 1969, Johnny Hallyday reprend la scène, d'abord au Canada, puis en France, où il rode son nouveau tour de chant, avant de se produire au Palais des sports de Paris du 26 avril au 4 mai. Un nouveau guitariste (remarqué en février au Golf-Drouot), a intégré la formation ; nommé Jean-Pierre Azoulay, il va fortement marquer le « son Hallyday » au cours des années à venir,. Au Palais des sports, l'artiste propose un spectacle totalement inédit. Évoluant sur plusieurs scènes reliées à la principale, sur l'une d'elles, il interprète Caché derrière mes poings chanson dédiée au « noble art », sur laquelle il se met en scène en boxeur. Que je t'aime alors inédite fait grosse impression et compte parmi les moments forts du tour de chant. 100 000 spectateurs assistent à ce qui est véritablement son premier « grand » spectacle qualifié par le magazine Rock & Folk de « show de l'an 2000 ». (un live nommé Que je t'aime sort en novembre). En cette période post-soixante-huitarde, Johnny Hallyday s'oriente vers un rock plus dur, plus violent, plus engagé. Communément appelé Rivière? ouvre ton lit, un nouvel album très blues rock, pour lequel il s'est entouré de nombreux musiciens anglais, notamment Peter Frampton et Steve Marriott, sort en mai. Aux manettes Glyn Johns, producteur, ingénieur du son ayant collaboré avec la crème de la musique pop rock (The Beatles, The Rolling Stones, Led Zeppelin...) c'est à l'époque un disque très novateur dans le paysage rock français. Si le disque offre au chanteur nombre de chansons pour la scène, seul Je suis né dans la rue accède au rang de tube et devient un classique de son répertoire. La chanson Que je t'aime diffusée en 45 tours en juin, obtient un grand succès et demeure l'une des plus célèbres de l'interprète. Sa tournée d'été bat des records d'affluence et Que je t'aime déclenche d'authentiques scènes d'hystérie et nombre d'évanouissements. Le spectacle achevé, Hallyday est très souvent évacué en car de police pour échapper à l'enthousiasme des fans. En 1970, sa collaboration avec le journaliste, écrivain et cinéaste Philippe Labro poursuit cette évolution et marque grandement sa carrière. Amis, ils partagent une passion commune pour l'Amérique, et les textes écrits par Labro donnent aux chansons d'Hallyday plus de profondeur, révélant un nouvel aspect du chanteur. La première chanson Labro-Hallyday à être diffusée leur attire bien des problèmes. Alors que la face B du 45 tours On me recherche (qui raconte le périple d'un truand et ose quelques insolences envers la police), passe sans encombre, il n'en est pas de même pour le titre Jésus Christ, sur lequel Johnny chante que « si le christ vivait encore aujourd'hui, il serait un hippie », ce qui déclenche polémiques et scandales. La chanson s'attire les foudres de l'église et le Vatican menace d'excommunier l'auteur et l'interprète. Interdit d'antenne, le disque est retiré des rayons dans plusieurs magasins. Cette censure dope les ventes. Cependant, s'il ne la clame pas, Johnny Hallyday n'a jamais caché sa foi catholique. Un nouvel album, intitulé Vie, sort en novembre. Le disque diffère des productions précédentes du chanteur ; plus engagé plus contestataire, l'opus évoque des problèmes contemporains comme l'écologie ; sur C'est écrit sur les murs, il chante la fracture de la génération 1968 d'avec ses aînés. Poème sur la 7e, dit sur le 2e mouvement de la symphonie no 7 de Beethoven, parle du monde après une catastrophe nucléaire. Essentiellement écrit par Philippe Labro et Jacques Lanzmann (écrivain et parolier attitré de Jacques Dutronc), Vie est l'une des plus fortes ventes de cette fin d'année. L'année est également marquée par le cinéma, où pour la première fois le chanteur trouve deux véritables rôles : il incarne un justicier dans Le Spécialiste, western spaghetti de Sergio Corbucci et un voyou repenti dans Point de chute, drame policier de Robert Hossein. Le 20 février 1970, Sylvie Vartan et Johnny Hallyday se rendent à Belfort pour un gala et sont victimes d'un grave accident de la route. Si lui n'est que très légèrement touché, c'est beaucoup plus grave pour Sylvie, sérieusement blessée au visage. Des spécialistes américains en chirurgie esthétique parviennent, après plusieurs opérations, à lui rendre son visage. Début 1971, l'affiche d'une tournée aux Antilles et au Canada fait scandale : Hallyday y apparaît crucifié sur une guitare. À Pointe-à-Pitre, le spectacle se transforme en émeutes et durant les étapes canadiennes les incidents sont également nombreux. Le succès de la chanson Oh ! Ma jolie Sarah est fulgurant et s'inscrit parmi les plus gros succès de la décennie. Elle précède la sortie en juin de Flagrant délit, un album exclusivement rock, entièrement écrit par Philippe Labro. Johnny Hallyday a longtemps dit que Flagrant délit était son album préféré (jusqu'à ce que Rock'n'Roll Attitude ne prenne cette première place). L'artiste chante au Palais des sports de Paris du 21 septembre au 14 octobre. Jamais encore il ne s'était produit dans la capitale sur une aussi longue période. Le son, volontairement poussé dans le rouge confirme une orientation musicale où la violence va crescendo. En fin de spectacle, le chanteur interprète un Medley Rock'n'Roll en anglais, sur lequel, chaque soir, l'accompagne au piano Michel Polnareff. Au cours de la dernière représentation, Johnny multiplie les standards américains et reste en scène plus de trois heures et demie. (Live at the Palais des sports). Ballades, country et rock 'n' roll (1972-1975) 1972 marque l'arrivée de l'auteur-compositeur-interprète Michel Mallory qui, après Philippe Labro, va fortement influencer la carrière de Johnny Hallyday. Parolier attitré du chanteur durant près de dix ans, il écrit ou adapte une centaine de chansons, au fil desquelles se révèle un Johnny plus intime. Son chant devient moins agressif, sa musique moins dure et, délaissant les rocks violents, il s'oriente vers un rock plus mélodieux mais non moins fougueux. Au cinéma, sous la direction de Claude Lelouch, Johnny organise son propre enlèvement dans L'Aventure c'est l'aventure, film dont il interprète la chanson titre. J'ai tout donné de François Reichenbach, film consacré au phénomène Hallyday, est présenté en ouverture du festival de Cannes 1972. Pour les besoins de ce documentaire, le réalisateur a suivi Johnny avec sa caméra durant une année : aux États-Unis, sur la scène du Palais des sports de Paris, en tournée à travers la France, etc. Sorti en juin, l'album Country, Folk, Rock est l'une des premières incursions d'Hallyday dans la country. Genre, à l'époque, peu prisé en France, le disque connaît un succès d'estime. Pour sa tournée d'été, il s'essaye à un nouveau spectacle le Johnny Circus mêlant numéros de cirque et musique. L'entreprise de par son gigantisme est un gouffre financier pour Johnny Hallyday. Ce qui l'empêche, durant quatre années, de produire de nouveaux shows sur une scène parisienne. Un nouveau 45 tours, Avant, conclut une année en demi-teinte pour le chanteur. Début 1973, la chanson La Musique que j'aime s'impose au public et devient l'un de ses grands classiques. Elle ouvre l'album Insolitudes, où blues, rocks et ballades font la part belle aux guitares. Le disque compte parmi les meilleures réussites du tandem Mallory-Hallyday. À la demande de Bruno Coquatrix, alors en proie à d'importants problèmes financiers, Johnny donne gracieusement plusieurs représentations à l'Olympia, en juin, alors que sur les ondes, en duo avec Sylvie Vartan, la chanson J'ai un problème est un hit et l'un des grands succès de l'année. (album J'ai un problème). Durant l'été, le couple se produit à de nombreuses reprises ensemble sur scène. En 1974, Je t'aime, je t'aime, je t'aime, un nouvel album essentiellement composé de ballades, offre à Johnny l'occasion de chanter avec emphase et lui révèle la recette de succès à venir tels que Requiem pour un fou ou Derrière l'amour. Michel Mallory est l'unique auteur d'un opus qui voit Mick Jones jouer une dernière fois pour Hallyday. Le 28 juin 1974, il chante au pénitencier de Bochuz en Suisse. Malgré plusieurs tentatives, le chanteur n'a jamais réussi à obtenir les autorisations nécessaires pour concrétiser un tel projet en France. Sa prestation est enregistrée et diffusée à la télévision suisse romande le 23 juillet, durant l'émission Pour vous Messieurs X : Johnny Hallyday et Raymond Devos à Bochuz. Lors de l'entretien avec les prisonniers, Johnny déclare : « J'ai été sauvé par mon métier, peut-être que je serais ici aujourd'hui si je n'avais pas eu cette chance ». Lorsqu'il quitte le pénitencier, les détenus le saluent en frappant avec leurs gobelets aux barreaux de leurs cellules. Sa tournée croise celle de Michel Sardou, les 3 et 29 août, et les deux amis se produisent ensemble à Béziers et Genève. Comme durant la totalité des années 1960-1970, Johnny Hallyday enchaîne les tournées et donne quelque deux cents galas par an. Sur scène, il déploie tant d'énergie qu'il en sort souvent au bord du K.O.. Cet engagement sans retenue, doublé par une existence de noctambule qui l'entraîne dans bien des excès, n'est pas sans quelques « clashs », comme ce soir d'été, où il s'effondre d'épuisement sur scène à Alençon. Lors d'un entretien télévisé, Johnny Hallyday déclare : « Je suis un chanteur de rock revu et corrigé par la variété ». À peine a-t-il dit cela que, se faisant mentir, il enregistre coup sur coup trois albums de rock 'n' roll : Rock'n'Slow est le premier volume de ce qu'il nomme sa « trilogie retour aux sources ». Hallyday mêlant créations originales et « classiques » chante Berry, Cochran, Presley, mais aussi les Stones. La sortie de l'album précède une tournée de promotion, qu'il débute par Souvenirs, souvenirs, marquant un peu plus encore ce retour aux origines. Début 1975, le chanteur est en studio à Memphis et Nashville. Sur Rock à Memphis, il grave treize standards des « fifties ». L'album, publié en mai, est favorablement accueilli par la critique et le public. Dans la foulée, l'album La Terre promise est enregistré à Nashville. Le disque, aux sonorités très country rock, sort en septembre. Sur les ondes, dès avril, les titres La Fille de l'été dernier et Hey lovely lady, pressés sur un même 45 tours, sont des « hits ». À la suite d'ennuis avec le fisc, qui lui réclame plusieurs centaines de millions de francs d'arriérés, Johnny fait part de son désir de tout arrêter, et s'installe aux États-Unis avec Sylvie et David. Mais l'envie de chanter et le démon de la scène reprennent vite le dessus et, à l'automne, il enregistre deux albums et annonce sa rentrée au palais des sports de Paris en septembre 1976. One-man-show, rocks et variétés (1976-1981) Ce retour est marqué par de nombreux changements artistiques. Jacques Revaux (avec qui Johnny a travaillé occasionnellement une dizaine d'années auparavant), assure désormais la réalisation des albums, et les chansons dites de variétés se font plus nombreuses : la popularité du chanteur se renforce, les succès présents renouant avec ceux de ses premières années. Sortie en février 1976, Requiem pour un fou se classe au sommet des hit-parades en deux jours et est très vite disque d'or. Johnny obtient un second hit avec la chanson Derrière l'amour annonciatrice de l'album éponyme. Le disque, qui alterne rock et variété, obtient un grand succès et devient la meilleure vente de la décennie de l'artiste. À l'automne, la chanson Gabrielle (unique titre rock du chanteur à accéder, en cette période, au rang de tube), devient un nouveau no 1. En mai, en Italie, sort son second album enregistré dans une langue étrangère, In Italiano. Il se produit au Palais des sports de Paris du 28 septembre au 30 octobre. À la scène aussi les changements sont notoires et, si le tour de chant conserve la fougue dont est coutumier le chanteur, il est aussi nettement moins agressif que lors de ses précédents concerts. La mise en scène, plus soignée, gagne en standing ce qu'elle perd en violence. Ce one-man-show consacre sa première partie aux succès des années soixante, tandis que la seconde fait la part belle aux titres actuels. Le spectacle attire deux cent mille personnes et Johnny établit un nouveau record du plus grand nombre de spectateurs pour un spectacle musical,. Désormais les effets spéciaux et les innovations techniques agrémenteront ses prestations à venir, dans un gigantisme et une mise en œuvre de moyens exceptionnels pour un chanteur français. (Johnny Hallyday Story - Palais des sports) Hamlet, premier double album studio du chanteur et l'un des tout premiers opéra-rock en France, paraît en novembre. Gilles Thibaut signe le livret de l'adaptation en vers de la pièce de Shakespeare, sur une musique composée par Pierre Groscolas, fortement influencée par le rock progressif. L'album, sort sans aucune promotion et ne trouve pas son public (d'autant que l'actualité du moment, c'est le show Johnny Hallyday Story, avec lequel le chanteur tourne en province durant plusieurs mois). Hamlet est un échec commercial et l'idée de le monter sur scène, sur une mise en scène confiée à Robert Hossein, est abandonnée. En cette période, les disques d'or se succèdent. La réussite de Derrière l'amour fait des émules et les albums à venir s'inspirent grandement du même concept. Bien qu'Hallyday ne délaisse nullement le rock, ses productions du moment sont estampillées variétés et si, jusqu'alors, il s'est souvent entouré de pointures parmi les musiciens pour ses enregistrements, le chanteur se contente désormais d'orchestres sans autre forme distinctive. En octobre 1977, sort l'album C'est la vie. Le titre phare, J'ai oublié de vivre, est l'unique tube d'un disque qui obtient pourtant les faveurs du public. Jacques Revaux cède la place de directeur artistique à Eddie Vartan en 1978. La chanson Elle m'oublie (premier extrait de l'album Solitudes à deux), est un énorme hit, comptant parmi les plus importants de la décennie et remporte le grand prix du Midem à Cannes. Cette année-là, Antoine avec Les Élucubrations revisited donne une suite à son succès de 1966 et à nouveau interpelle Johnny Hallyday, qui cette fois, ne répond pas. Hollywood, enregistré à Los Angeles, sort en janvier 1979. L'album contient de nombreuses adaptations et emprunte de multiples couleurs musicales : Hallyday chante Bob Seger, Robert Palmer et (plus étonnant), Jimmy Cliff. Le bon temps du Rock'n'Roll est l'unique tube et single d'un album qui rompt avec les précédentes productions. À l'occasion des festivités de bicentenaire de la marine, le 29 septembre, il chante sur le Foch, devant un parterre de marins ; le show est retransmis en direct sur TF1. Du 18 octobre au 26 novembre, Johnny présente au pavillon de Paris son nouveau spectacle, conçu sur un thème de science-fiction, L'ange aux yeux de lasers. Le chanteur interprète nombres d'inédits, notamment Ma gueule, qui très vite devient un standard. Pour son entrée en scène, Hallyday porte des lunettes spécialement adaptées pour lancer des rayons lasers en direction du public. C'est encore sous des lasers qu'il termine, foudroyé, cette première partie, après avoir chanté un vibrant plaidoyer contre la peine de mort, Sauvez moi. La seconde partie est d'une facture plus classique : Hallyday y interprète de nombreux succès et achève son récital par une longue séquence rock 'n' roll, sur laquelle l'accompagne au piano Gilbert Montagné. Lors de la dernière représentation, David Hallyday (alors âgé de 13 ans), fait sa première apparition publique en accompagnant son père à la batterie sur Rien que huit jours. Joué à guichets fermés durant six semaines, le spectacle attire 250 000 spectateurs, et le double album Pavillon de Paris : Porte de Pantin bat des records de vente pour un disque live. Diffusé en juin 1980, l'album À partir de maintenant, essentiellement composé de ballades, ne contient aucun tube et n'est jamais parvenu à s'imposer comme marquant dans la discographie du chanteur. Il se distingue par la reprise de La Poupée qui fait non de Michel Polnareff et par la création de Je ne suis pas un héros, chanson écrite par Daniel Balavoine pour Johnny Hallyday. Ce même mois, Sylvie et Johnny chantent à la Fête de la Liberté devant plus de 200 000 spectateurs. Après un concert à Orange, le couple se produit encore aux Arènes de Béziers le 13 août ; le public ignore alors qu'il assiste à ce qui est leur dernière représentation commune. Sylvie Vartan et Johnny Hallyday ont officiellement divorcé le 5 novembre. Début 1981, sort l'album En pièces détachées, qui marque un net retour au rock dur et violent : avec le titre Guerre, Hallyday s'offre une incursion dans l'univers du hard rock et la chanson Lady Divine, qui se veut une mise en garde contre la consommation de substances illicites et dangereuses, est censurée par sa maison de disques, qui impose son titre (la chanson devait à l'origine s'appeler Lady Cocaïne), ainsi que quelques modifications du texte. En février et mars, accompagné par une nouvelle formation, le Night Rider Band (anciens musiciens d'Elton John), il est en tournée de promotion à travers la France et la Belgique. Son tour de chant, entrecoupé de rares ballades, est essentiellement rock et, sur scène Lady Divine, interprétée sans censure, redevient Lady Cocaïne au gré des couplets. La tournée s'achève sous chapiteau à Paris, porte de Pantin. Durant l'été, le spectacle est diffusé sur Antenne 2, dans son intégralité, à l'exception de Lady Divine, indésirable à la télévision. (Live). Enregistré à Londres, Pas facile sort en septembre. Album d'introspection, il révèle les désillusions, empreintes de nostalgie, du chanteur. Sur J'en ai marre, chanson à l'humour caustique, Hallyday invective la presse qui, il y a peu, l'a donné pour mort et généralement invente sa vie. Cet album marque la fin de la collaboration avec Michel Mallory, après neuf années d'une fructueuse complicité qui à présent marque le pas. Période difficile et retour aux sources (1982-1985) Depuis Ma gueule, le chanteur ne connaît plus de grand « tube » et malgré un répertoire grandement renouvelé ces dernières années, il manque de titres marquants. Pour autant cette période, où Johnny Hallyday collabore essentiellement avec Pierre Billon est fructueuse en créations. Au cours de ces quatre années, il enregistre huit albums studio, (dont un en espagnol Black es noir et Version 82 où il réenregistre la totalité des chansons de la période Vogue). Sortie début 1982, l'album Quelque part un aigle, faisant fi des contraintes commerciales, s'essaye à d'autres thèmes, explore d'autres pistes musicales et déroute quelque peu le public. Il s'accompagne en février-mars, d'une tournée avec un nouveau groupe, Énergy, ou cours de laquelle, le 19 février, le chanteur donne deux représentations pour les détenus à la Maison d'arrêt de Fleury-Mérogis. À la ville, au printemps 1982, Johnny Hallyday entame avec Nathalie Baye une relation dont naît, en novembre 1983, Laura Smet. Commercialisé quelques jours avant la première, l'album La peur, n'existe que par et pour le show Fantasmhallyday que Johnny donne au Palais des sports de Paris à l'automne. En 1983, Entre violence et violon est l'album du renouveau artistique, avec lui s'amorcent les changements à venir, qui trouvent leurs apogées avec les albums Rock'n'Roll Attitude et Gang. Avant cela, il se régénère à Nashville « berceau du rock 'n' roll », où il enregistre trois albums : Entre violence et violon, En V.O. et Drôle de métier, (plus un Spécial Enfants du Rock, issu de l'émission Go, Johnny, Go diffusé sur Antenne 2 le 10 mars 1984). Entre violence et violon et Drôle de métier s'inscrivent parmi les meilleures réussites Rock de l'artiste et lui fournissent nombre de titres taillés sur mesure pour la scène, à l'instar de la chanson Mon p'tit Loup (ça va faire mal) qui est un succès. Si l'accueil de ces disques est mitigé, la popularité du chanteur n'en demeure pas moins intacte et à la scène il mobilise toujours autant les foules. Durant cette période avec peu ou pas de hits, Johnny Hallyday monte deux de ses plus grands spectacles : Fantasmhallyday est présenté du 14 septembre au 11 novembre 1982, au Palais des sports de Paris. Ce show, le troisième et dernier à thèmes de l'artiste, est considéré comme l'un des plus grands jamais montés en Europe. Johnny incarne « le Survivant » dans un monde après l'apocalypse, où il affronte mutants et zombies. Jean-Claude Camus, en association avec Gilbert Coullier, est pour la première fois producteur de Johnny Hallyday. En première partie, le chanteur repousse les codes du tour de chant traditionnel en proposant un répertoire de huit titres inédits sur les dix interprétés, n'hésitant pas à interrompre la partie musicale à deux reprises durant plusieurs minutes. Plus tard, s'enchaînent sur la scène une succession de cascades et de combats. En seconde partie, il propose un récital plus conventionnel, reprenant d'anciens succès. Durant deux mois, Johnny donne cinquante-quatre représentations pour deux cent cinquante mille spectateurs. (Palais des sports 82). Au cours d'une représentation, lors d'une cascade, il se blesse à une hanche. Il n'en continue pas moins la scène et, après la capitale, entame en province une longue tournée. Le chanteur, après encore quelques représentations durant l'été, est hospitalisé à l'hôpital Cochin, le 26 juillet 1983, où opéré de la hanche, une prothèse est posée,. À partir du 25 octobre 1984 et jusqu'au 2 février 1985, Johnny Hallyday s'installe pour trois mois au Zénith de Paris, (une durée de programmation jamais vue en Europe). Le chanteur apparaît dans un poing géant et articulé venu du fond de la scène pour s'ouvrir au-dessus du public. Hallyday interprète plusieurs inédits durant ce tour de chant aux accents très rock, mais où ballades et émotions sont néanmoins présentes, notamment avec la reprise de Ne me quitte pas de Jacques Brel. Johnny achève la première session de son Zénith le 23 décembre ; les représentations reprennent le 4 janvier. Le 8 janvier, à quelques minutes de la fin du show, Hallyday s'écroule sur scène, victime d'une syncope. Hospitalisé jusqu'au 12, il est contraint d'annuler toutes ses dates jusqu'au 29 janvier. Le lendemain, Johnny Hallyday remonte sur scène pour les trois dernières dates. Ce spectacle demeure l'une des plus importantes productions et la plus « grosse machinerie » jamais mise en œuvre par l'artiste. (Johnny Hallyday au Zénith) La période Hallyday-Billon s'achève ici, malgré et peut-être grâce à une absence de « tube », elle est musicalement l'une des plus novatrices du chanteur. Elle n'est pas sans rappeler la période Mick Jones-Tommy Brown, tout autant déroutante pour le public, qui marque la seconde moitié des années soixante, où le chanteur tout en se cherchant un « second souffle » a livré quelques-uns de ses albums les plus emblématiques. Pierre Billon est la « clé de voûte » de cette volonté de renouvellement chez Hallyday en ce début de décennie. Une période souvent négligée, parfois décriée. Ainsi Jean-Claude Camus n'a guère de complaisance pour elle, lorsqu'il déclare : « Je considère qu'entre Jacques Revaux et Michel Berger il n'y a rien. [?] Il faut reconnaître que depuis le disque avec Berger, il est reparti très fort, n'ayant jamais vendu autant de disques. ». Jean-François Brieu a un tout autre jugement : « Ce qui est caractéristique des productions Billon, c'est que l'on aime aller chercher loin dans les références littéraires, on adore déstructurer les mélodies [?], on s'éclate à casser les lignes de basses, les soli trop proprets [?]. Bref, on produit, c'est-à-dire qu'on prend des risques ». L'année 1985 marque le début du Top 50, qui mesure l'impact d'un artiste à la hauteur de ses ventes (et non plus de ses classements dans les hit-parades). Ceux à venir du chanteur établissent que, de tous les artistes issus des années soixante, Johnny Hallyday résiste au temps et aux modes et est quasiment le seul, côté ventes, à pouvoir faire jeu égal avec les nouveaux venus. Vers une nouvelle image (1985-1992) Depuis 1961, le chanteur est tenu par contrat de fournir chaque année un nombre conséquent d'albums et de 45 tours. Alain Lévy, nouveau patron de Philips, pense que ses enregistrements devraient être moins nombreux afin de lui permettre de les peaufiner davantage. Dans cette optique, il est fait appel à des auteurs et compositeurs de renoms chargés d'écrire du sur mesure pour Johnny Hallyday et lui permettre d'amorcer ce changement. C'est ainsi qu'au printemps 1985, il enregistre l'album Rock'n'Roll Attitude, écrit composé et réalisé par Michel Berger. Le disque obtient un grand succès public et critique. De nombreux titres sont des hits et deviennent des standards de son répertoire, notamment Quelque chose de Tennessee, qui s'impose comme l'un de ses plus grands succès. L'album fait date dans la carrière de l'artiste, réactualisant les thèmes « hallydayen » il renouvelle quelque peu son public désormais élargi, son image en est profondément modifiée. Cette métamorphose, amorcée par Michel Berger, prend une autre dimension encore grâce au cinéaste Jean-Luc Godard, sous la direction duquel Hallyday tourne le film Détective et avec qui il monte les marches du palais du festival de Cannes, pour y présenter le film en compétition officielle. Après quinze années d'absence au cinéma dans un vrai rôle, Hallyday déclare : « Ce qui m'intéressait avec Godard, c'était de casser mon image de chanteur, d'éloigner le personnage Hallyday». L'année suivante, le réalisateur Costa-Gavras enfonce le clou avec Conseil de famille, une comédie policière où il confirme un réel talent de comédien. En revanche, le film Terminus de Pierre-William Glenn, en 1987, est un échec retentissant, à l'échelle des espoirs qu'Hallyday a fondés sur lui pour pérenniser son récent statut d'acteur. Le 13 septembre 1985, après une seconde opération de la hanche début juin, Johnny Hallyday est de retour sur scène. Sa participation à la fête de l'Humanité deux jours plus tard est l'objet d'une polémique dans les médias et s'adressant au public, le chanteur déclare : « Pour remettre les choses à leur place, j'aimerai vous dire que je suis très heureux d'être ici avec vous à la fête de l'Humanité, car avant tout c'est une fête? des Français ». Cette année-là voit la naissance des Victoires de la musique. L'album Rock'n'Roll Attitude plusieurs fois nommé (meilleur album rock, meilleure pochette, meilleur clip ((réalisé par Bernard Smith) pour Quelque chose de Tennessee), n'en remporte aucune. En 1986, il se sépare d'avec Nathalie Baye. C'est aussi la première année d'une carrière, commencée 26 ans plus tôt, où Johnny Hallyday n'est pas sur scène. À l'automne, il enregistre Gang, un album écrit et réalisé par Jean-Jacques Goldman. L'album sorti le 6 décembre est certifié disque de platine en deux semaines. Plus encore que le précédent, l'opus regorge de tubes en devenir : J'oublierai ton nom (en duo avec Carmel), Je te promets (dont le succès « flirte » avec les sommets atteints par Que je t'aime), Laura (premier titre du chanteur à être diffusé en CD single), qui bat des records au Top 50 où il reste classé six mois durant. Accompagné par une nouvelle formation (notamment Norbert Krief, ancien guitariste de Trust), il chante au palais omnisports de Paris-Bercy du 15 septembre au 4 octobre 1987. Produit par Jean-Claude Camus et Gilbert Coullier, mis en scène par Michel Berger, le spectacle Johnny se donne à Bercy se joue à guichets fermés. Présent sur scène dès le lever de rideau, Johnny, façon Jerry Lee, debout au piano (clin d'œil à la chanson de France Gall), joue l'introduction d'un tour de chant qui compte sept reprises sur les vingt-deux titres d'un répertoire essentiellement extrait des deux derniers albums. Pour la première fois, une chanson lente, Quelque chose de Tennessee, termine le spectacle,,(Johnny à Bercy). Jusqu'à la fin de l'année et durant une grande partie de 1988, le chanteur tourne en province, où son passage est bissé voir triplé dans de nombreuses villes. En 1989, Antenne 2 diffuse la série David Lansky, un policier aux méthodes musclées, avec dans le rôle-titre Johnny Hallyday. Fait rare, à l'occasion de la première diffusion, l'ensemble des magazines TV consacrent leur une à « Johnny-Lansky ». Sur les six initialement prévus, quatre épisodes sont tournés. Son 36e album studio, Cadillac, sort en juin. Étienne Roda-Gil signe l'ensemble des textes et réalise l'album. Plus rock que les précédents opus, le disque consacre plusieurs chansons à la moto. De moteur, de rock et de grand espace, il en est encore question avec la chanson Cadillac : évocation de Antoine de Lamothe-Cadillac, aventurier français, qui fonde en 1701 la ville de Détroit, berceau de l'industrie automobile et le lieu de naissance de la firme discographique Motown. Conséquemment, la poésie de Roda-Gil, dans un raccourci qui mêle les époques et réécrit l'histoire, fait de l'aventurier le « père fondateur du Rock'n'Roll ». Aux côtés de Véronique Sanson, Jean-Jacques Goldman, Michel Sardou et Eddy Mitchell, du 6 au 14 novembre, il participe à la toute première tournée organisée au profit des Restos du Cœur, fondés par Coluche en 1985. L'album Tournée d'Enfoirés est rapidement commercialisé au bénéfice de l'association. Accompagné par Pierre Billon, Tony Frank et Adeline Blondieau, Johnny Hallyday, au printemps 1990, traverse d'est en ouest les États-Unis, à moto. Fille de son ami Long Chris, Adeline épouse Johnny en juillet à Ramatuelle. Dans cette même ville, il entreprend la construction d'une villa qu'il nomme Lorada. Devant plus de deux-cent-cinquante-mille spectateurs, du 15 septembre au 4 octobre, Johnny présente, à guichets fermés son nouveau spectacle Dans la chaleur de Bercy. Il reprend Honky Tonk Women des Rolling Stones, Diego libre dans sa tête de Michel Berger, et pour la première fois, inscrit à son répertoire Je ne suis pas un héros. Les chansons Je te promets et L'envie, pour lesquelles il est accompagné par l'Orchestre Symphonique d'Europe, clôturent le récital. (Dans la chaleur de Bercy). Par deux fois au cours de l'année, le chanteur est censuré. En janvier, le clip Les vautours, considéré trop violent, est interdit de télévision. Durant l'automne, son single Je ne suis pas un héros est interdit d'antenne pour cause de guerre du Golfe, certains y voyant une provocation. En septembre 1991, sort l'album Ça ne change pas un homme, enregistré à New York et réalisé par Mick Lanaro. A contrario des précédents, l'opus propose un florilège d'auteurs compositeurs : Art Mengo, Jon Bon Jovi, Patrick Bruel, Tony Joe White, Philippe Labro... Johnny interprète plusieurs chansons d'une étudiante coréenne de 19 ans, Ysa Shandy, dont Tien a men et Dans un an un jour (dernière composition de Mort Shuman décédé quelques mois plus tôt). À l'automne 1992, pour la troisième fois, il est à Bercy. Le spectacle débute par une séquence de prestidigitation, où on le voit descendre des limbes vers la scène, dans un ascenseur présenté vide quelques secondes plus tôt. Un morphing des visages du chanteur de différentes époques est diffusé tandis qu'il chante Ça ne change pas un homme. Sur Quelque chose de Tennessee, il rend hommage à Michel Berger disparu durant l'été, tandis qu'avec l'inédit J'ai tout donné il inscrit au tour de chant une séquence hard rock. Point d'orgue de ces quelques moments du spectacle, Hallyday, (avant rappel), conclut sur Poème sur la 7e, au terme duquel dans un écran de fumée, il s'élève vers les cintres emporté par une grue mécanique. (Bercy 92). Du Parc des Princes au Stade de France (1993-1998) Pour le spectacle « Retiens ta nuit » qu'il joue les 18, 19 et 20 juin 1993, au Parc des Princes, Johnny gagne la scène par la pelouse en fendant la foule. Les images de cette entrée font le tour de l'Europe, suscitent nombre de commentaires dans la presse et ceux d'artistes internationaux, tels que Tina Turner ou Mick Jagger. Le récital compte cinquante-deux chansons (une vingtaine réparties sur quatre medleys) et plusieurs duos ; David Hallyday, Michel Sardou, Eddy Mitchell chantent avec lui, tandis que Joey Greco et Paul Personne l'accompagnent à la guitare sur quelques titres. Sylvie Vartan traverse le pont en acier ? reproduction du Golden Gate Bridge de San Francisco ? qui orne la scène, au volant d'une MG avant de rejoindre Johnny et de chanter Tes tendres années a capella, puis en duo Le feu et Je veux te graver dans ma vie. Hallyday livre un show de plus de trois heures et attire un total de 150 000 spectateurs. (Parc des Princes 1993). Cette année-là, sa maison de disques annonce qu'il a déjà vendu plus de 100 millions de disques. Johnny Hallyday enregistre en 1994, à Los Angeles Rough Town. Fait de Blues et de Rock, ce 38e album studio enregistré en anglais est son troisième du genre et son cinquième dans une langue étrangère. Afin de promouvoir l'album, il est décidé d'effectuer une tournée française et européenne et de se produire exclusivement dans des petites salles. Le tour de chant est pour l'essentiel en anglais. Il termine ses récitals dans « l'Hexagone » à la Cigale de Paris, puis en novembre chante dans plusieurs villes d'Europe du Nord : Zurich, Munich, Amsterdam, Francfort-sur-le-Main, Bruxelles, Düsseldorf, Hambourg. Comme l'album, cette tournée sans réelle promotion, connaît un succès très confidentiel et certaines dates sont annulées,. (À La Cigale). Enregistré dans sa villa à Ramatuelle, l'album Lorada sort au printemps 1995. Jean-Jacques Goldman signe deux titres, dont un nouveau succès : J'la croise tous les matins. À l'automne, le chanteur se produit, pour la quatrième fois, à Bercy. Le récital composé de plusieurs extraits de Rough Town, de reprises de standards rock 'n' roll et d'un titre de Rod Stewart est bilingue et les titres anglo-saxons s'alternent avec ses succès. Johnny donne une longue séquence acoustique sur une mini scène au milieu du public et conclut son tour de chant avec L'Hymne à l'amour d'Édith Piaf. (Lorada Tour). Au moment même où Johnny Hallyday investit Bercy, est lancé le projet d'un concert à Las Vegas en 1996. Le 25 mars 1996, un an jour pour jour après leur rencontre, Læticia Boudou devient officiellement madame Hallyday. Le 24 novembre, Johnny Hallyday joue, devant sept mille spectateurs qui ont fait spécialement le voyage pour assister à son show américain, à L'Aladdin de Las Vegas. L'album Destination Vegas est spécialement enregistré pour l'occasion (l'album Live at the Aladdin Theatre, reste inédit jusqu'en 2003). Le show Vegas sitôt achevé, le chanteur annonce un prochain spectacle prévu à Bercy en janvier 1998. (Ce sera finalement au Stade de France, en septembre 1998). Absent de la scène en 1997, exception faite de sa participation à la soirée des Restos du cœur en janvier, Johnny s'offre une année quasi sabbatique ne chantant que pour et avec les autres : il participe à l'album Friends for life de Montserrat Caballé ; chante dans la nouvelle version du conte Émilie Jolie de Philippe Chatel ; est en duo avec Zucchero sur un titre de The Best of: Greatest Hits et fait les chœurs, avec Eddy Mitchell, pour Michel Sardou, sur la chanson Mon dernier rêve, (Salut). Le Monde publie, le 7 janvier 1998, un entretien avec Daniel Rondeau intitulé Les confessions de Johnny, où il confie : « La cocaïne, oui, j'en ai pris longtemps, [?]. Maintenant, [?], j'en prends pour travailler, pour relancer la machine, pour tenir le coup. Je ne suis pas le seul d'ailleurs. La poudre et le hasch circulent à mort chez les musiciens. Il n'y a pas à s'en vanter, je n'en suis pas fier, [?]. Il faut bien savoir que nos chansons, on ne les sort pas forcément d'une pochette-surprise. ». Composé et réalisé par Pascal Obispo Ce que je sais, son 41e album studio sort ce même mois. La pochette présente un Johnny « relooké », les cheveux courts, lèvres et visage « retravaillés » où moustache et bouc, (définitivement adoptés), sont de rigueur. Le 26 janvier 1998 au Zénith, Hallyday est de la distribution du traditionnel concert des Enfoirés. Le 18 juin, La Marche du siècle sur France 3, diffuse La nuit des hommes libres réalisé par Daniel Rondeau. Sur le générique de fin, Johnny chante Le Chant des partisans, avant que la chanson ne soit diffusée à l'automne de façon plus pérenne sur le single Seul. Le 4 septembre, annoncé au public par le producteur Jean-Claude Camus, la première des trois concerts au Stade de France est annulée, quelques minutes avant le coup d'envoi, pour cause de forte pluie et est reportée au 11 septembre (ce soir là, le spectacle se joue sous une pluie torrentielle). Le 5, Hallyday fait son show. Un hélicoptère, (piloté par Michel Drucker), dépose Johnny sur le toit du stade, d'où il « disparaît » pour, quelques secondes plus tard, apparaître au milieu du stade dans un écran de fumée. La musique que j'aime donne le coup d'envoi d'un récital de trois heures, agrémenté de plusieurs duos, d'une séquence acoustique, d'une autre symphonique (pour la seconde fois, après Bercy en 1990), l'Orchestre Symphonique d'Europe l'accompagne. Créé pour l'occasion, Allumer le feu, se joue sous un feu d'artifice et de lumières, avant que Johnny ne conclue avec la reprise de Sur ma vie de Charles Aznavour (Stade de France 98 Johnny allume le feu). Nouveau records et regain de popularité (1999-2005) En 1999, l'album Sang pour sang, composé et réalisé par David Hallyday, obtient un franc succès. Au terme de l'année 2000, il atteint les deux millions d'exemplaires et devient la plus grosse vente d'Hallyday à ce jour. De nombreux extraits proposés en singles, constituent aussi quelques records de ventes qui confirment l'accueil du public fait à l'album. Johnny Hallyday fête ses quarante ans de carrière en 2000. Pour l'occasion, Universal réédite, en CD digipack, les 40 albums studio Philips, avec un succès impressionnant : ainsi, le nombre d'exemplaires écoulés de l'album Hamlet au cours de la semaine de sa (re)sortie dépassent ceux de l'album Sang pour sang et la semaine du 10 juin, le chanteur place au Top albums et singles, douze singles et vingt-deux albums, tandis que son dernier opus revient à la seconde place. Le 10 juin 2000, dans le cadre des festivités prévues pour le changement de millénaire, l'artiste donne un spectacle gratuit au pied de la tour Eiffel, devant plus de cinq cent mille spectateurs. Retransmis en direct sur TF1, le spectacle établit un record d'audience avec huit millions de spectateurs (100 % Johnny : Live à la tour Eiffel). Le 15, il chante devant soixante mille spectateurs au Parc de Sceaux. Après vingt-sept années d'absence, Johnny Hallyday est de retour à l'Olympia, où il donne, le 17 juin, la première des quarante-deux représentations prévues jusqu'au 25 août (Olympia 2000). Les séances parisiennes sont entrecoupées de plusieurs concerts en province ainsi qu'à Bruxelles et Lausanne. La tournée s'achève à Montréal, où après une absence de vingt-cinq ans, Johnny donne trois représentations au théâtre St Denis. Le Tour 2000 réunit un total de plus d'un million de spectateurs. Johnny Hallyday est le seul chanteur non anglophone à participer, avec de nombreux artistes internationaux, au CD Good Rockin' Tonight The Legacy of Sun Records réalisé en hommage au studio américain Sun Records. Sorti en octobre 2001 aux États-Unis, l'album reste inédit en France. À l'automne, il chante Saint-Preux en duo avec la fille du compositeur, Clémence : On a tous besoin d’amour (écrite par Jean-Paul Dréau) se classe 4e au Top 50 et clôt une année quasi sabbatique. Cette année-là, le chanteur renoue avec sa passion pour le sport automobile : au volant d'un 4x4 Mercedes, avec son beau-père André Boudou comme copilote, il participe au rallye de Tunisie et termine 43e. Le tandem se classe encore 21e au rallye du Maroc. En fin d'année, Johnny prend le départ du rallye Dakar, où, au volant d'une Nissan, avec René Metge comme copilote, il se classe 46e. Ils enchaînent avec le rallye de Tunisie, qu'ils terminent à la 42e place. Johnny Hallyday chante Tous ensemble, titre officiel de l'équipe de France de football pour le Mondial. Le single sort en avril 2002 et se vend à six cent mille exemplaires avant même le début de la compétition. La chanson Marie sort en octobre et se vend à un million quatre cent mille exemplaires, (sa plus grosse vente de single à ce jour). Elle précède la sortie du second double et 43e album studio de sa carrière, À la vie, à la mort, qui lui s'écoule à un million cinq cent mille exemplaires. Cette année-là, L'Express consacre sa « une » au chanteur et titre Enquête sur un phénomène national. En 2003, Johnny Hallyday se produit pour la seconde fois au Parc des Princes, les 10, 11, 14 et 15 juin. Le tour de chant est l'occasion de nombreux duos, notamment avec Isabelle Boulay avec qui il interprète une nouvelle version de J'oublierai ton nom, où les couplets en anglais disparaissent au profit de paroles exclusivement en français. (Parc des Princes 2003) Il tourne ensuite dans les stades en France, en Suisse et en Belgique et termine sa tournée d'été au festival International de Baalbek au Liban. À l'automne, il se produit encore dans une trentaine de villes en province et conclut son Tour 2003 par quatre représentations au palais omnisports de Paris-Bercy. À ce stade de sa carrière, Johnny Hallyday n'a jamais semblé aussi populaire, ses disques établissent des records de vente et le public se rend en masse à chacune de ses tournées. C'est alors, qu'il choisit de remettre en question son contrat avec Universal Music Group, qu'il dénonce le 5 janvier 2004. Bien que rompu, son contrat l'oblige à enregistrer un dernier album. Cet ultime disque Philips sort le 7 novembre 2005. Réalisé par Pierre Jaconelli, l'opus plus rock que les précédents, voit Johnny renouer furtivement avec la composition, qu'il délaisse depuis une quinzaine d'années. Écrit en collaboration avec Michel Mallory, le titre Apprendre à aimer clôt un disque qui s'écoule à huit cent mille exemplaires. Ma vérité marque la fin d'une collaboration de quarante-quatre années avec sa maison de disques, durant lesquelles l'artiste a enregistré 44 albums studio, 22 albums live et quelque mille chansons. Nouveau label, Flashback tour et Tour 66 (2005-2009) Le chanteur signe en décembre 2005 chez Warner. En 2006, la nouvelle tournée de l'artiste, « Flashback Tour », ambitionne de le voir chanter dans toutes les salles parisiennes qui ont jalonné sa carrière avec, en point d'orgue, le Palais des sports de Paris, où il ne s'est plus produit depuis vingt-quatre ans et qu'il investit du 2 juin au 4 juillet (Flashback tour : Palais des sports 2006). Durant l'été et jusqu'à la fin de l'année, il tourne dans plusieurs stades et festivals, alternant les représentations à Paris et en province. Il chante tour à tour à Bercy, au Zénith de Paris, à l'Olympia et à La Cigale, où il présente un récital différent, plus rock 'n' roll, alternant les reprises de standards américains. (La Cigale : 12-17 décembre 2006). Toujours en 2006, il enregistre un single avec clip en duo avec les rappeurs du Ministère Amer et Doc Gynéco, Le Temps Passe. Au terme de 111 représentations pour un total de plus d'un million de spectateurs, le « Flashback Tour » s'achève en mars 2007. Le Cœur d'un homme, aux sonorités country blues, est dans les bacs en novembre. Réalisé par Yvan Cassar, ce premier album studio produit par Warner s'écoule à 500 000 exemplaires. Invité au Journal de 20 heures de TF1 du 2 décembre, Johnny annonce que sa prochaine tournée, Tour 66, prévue en 2009, sera la dernière. Pour autant, il déclare ne pas vouloir renoncer à chanter, ni même à la scène, mais plus sur une longue période. Le chanteur confirme son intérêt toujours croissant pour les duos. En 2008, il participe aux albums Balmoral de Loquillo, Peace Maker de Doc Gynéco et Duos de Charles Aznavour. En octobre sort son 46e album studio Ça ne finira jamais. Le 7 mai 2009, il démarre le Tour 66 au Zénith de Saint-Étienne où, en guise de répétitions générales, il donne huit représentations. Quelques jours plus tard, Johnny chante au Forest National de Bruxelles. Accordant un entretien à un journal télévisé, il confirme qu'il s'agit de sa dernière longue tournée, évoque ses projets de cinéma, mais aussi un probable prochain spectacle dans deux ou trois ans. Le même mois, le film Vengeance du réalisateur Johnnie To dans lequel Johnny tient le rôle principal, est présenté en compétition officielle au Festival de Cannes. Johnny Hallyday se produit les 29, 30 et 31 mai au Stade de France. Avec Ma gueule, il entame un récital de deux heures et demie, qui revisite cinq décennies de chansons. Ému et des sanglots dans la voix, l'artiste remercie le public pour sa fidélité, avant de conclure son tour de chant avec Et maintenant de Gilbert Bécaud. (Tour 66 : stade de France 2009) En juin et juillet, il se produit dans une douzaine de stades. Le 14 juillet, Johnny chante devant plusieurs centaines de milliers de personnes sur le Champ de Mars aux pieds de la tour Eiffel, lors d'un concert gratuit pour le public, conformément aux vœux du président de la République, Nicolas Sarkozy, qui chaque année, à partir de 2007, souhaite associer un grand concert populaire aux réjouissances de la fête nationale. La première partie du Tour 66 s'achève par plusieurs représentations au Sporting Salle des Étoiles de Monaco. Le 24 juillet, à la demande des assureurs de la tournée, il est hospitalisé pendant une dizaine de jours, pour une série d'examens. Début août, le magazine américain New York Post révèle qu'il a subi une opération du côlon. En septembre, dans un entretien au magazine Télé Star, Johnny confirme l'information, révélant qu'il a été opéré d'un cancer. En septembre, sur la scène de l'Olympia, où la chanteuse se produit, Johnny chante avec Sylvie Vartan (Sylvie live), avant de reprendre la route, avec le Tour 66, dont il achève le second acte, le 24 novembre à Orléans. Le 26 novembre, Johnny Hallyday est opéré, à Paris, d'une hernie discale par le docteur Stéphane Delajoux. Le 1er décembre, le chanteur se rend à Los Angeles. Le 7 décembre, il est hospitalisé d'urgence au Centre médical Cedars-Sinai, pour y être réopéré le 10. Johnny sort de l'hôpital le 23 décembre. Quelques jours plus tôt, son producteur, Jean-Claude Camus, a annoncé l'annulation de la troisième et dernière partie du Tour 66 (prévue à partir du 8 janvier à Amiens, la tournée devait s'achever vingt-deux représentations plus tard, par quatre concerts à Bercy, en février 2010). Ces événements marquent le début d'une chronique médiatico-judiciaire qui oppose les deux personnalités. Tour 66 est, avec plus d'un million de spectateurs, l'une des plus grandes tournées jamais réalisée en France. Célébration des 50 ans de carrière et théâtre (2010-2013) Rétabli après une longue convalescence, Johnny Hallyday annonce, le 2 septembre 2010, la fin de sa collaboration avec son producteur Jean-Claude Camus ; Gilbert Coullier lui succède. Le 3 décembre 2010 marque son retour sur une scène depuis ses ennuis de santé. Sur la scène de l'Arena de Montpellier, il rejoint M pour un duo. Ils chantent à nouveau Tanagra à Bercy, où le fils de Louis Chedid achève sa tournée les 15, 16 et 17 décembre. Cette année-là, Johnny participe aux albums L'Instinct masculin de Patrick Fiori et Rue Washington de Line Renaud. En mars 2011, sort son 47e album studio Jamais seul, réalisé par Matthieu Chedid. L'opus s'écoule à 185 000 exemplaires et se classe 14e des meilleures ventes, au terme d'une année qui a vu les ventes physiques de CD chuter de 8 % en France. Côté live, l'artiste donne quelques concerts privés, dont un le 30 mai au studio RTL. Le 3 décembre, c'est au second étage de la Tour Eiffel qu'il présente à la presse sa prochaine tournée et chante, devant trois-cents invités, une dizaine de titres, dont l'inédit Autoportrait, offert gratuitement en téléchargement le jour même. Mais le plus étonnant de ces « mini » récitals est celui qu'il donne, le 20 juin, à Los Angeles, à l'école française de sa fille Jade, où, s'accompagnant seul à la guitare, il chante quelques chansons pour les enfants. 2011, est aussi l'année de ses débuts sur les planches, où, du 6 septembre au 19 novembre, au théâtre Édouard VII, il joue une pièce de Tennessee Williams, Le Paradis sur terre. La première d'une nouvelle tournée a lieu le 24 avril 2012 à Los Angeles,. En France, il débute, en mai, au Park&Suites Arena de Montpellier, où il donne quatre représentations. Cette 181e tournée le conduit, pour la troisième fois, au Stade de France pour trois concerts, au terme desquels il devient l'unique artiste à avoir donné neuf concerts dans cette enceinte. La tournée se termine provisoirement le 3 août à Colmar. Quelques jours plus tard, à Los Angeles, il commence l'enregistrement d'un nouvel album, avant d'être hospitalisé le 27 août, dans le service de réanimation du CHU de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, où il prenait quelques jours de repos, à la suite d'une crise de tachycardie. Après une nouvelle hospitalisation à Los Angeles, pour des examens plus approfondis, il en sort le 7 septembre et reprend peu après le chemin des studios. Johnny Hallyday reprend la scène le 4 octobre à Montréal. L'artiste tourne à travers la France et à l'étranger, se produisant ainsi à Bruxelles, Genève, New York, Londres, mais aussi, pour la première fois Moscou et Tel Aviv, tandis que paraît, en novembre, son 48e album studio, L'Attente. Réalisé par Yvan Cassar et essentiellement écrit par Christophe Miossec, l'opus est bien accueilli par la presse et le public, s'écoulant à plus de 600 000 exemplaires. Johnny donne, le 22 décembre, au Dôme de Marseille, la dernière représentation de ce tour qui, en 64 concerts, a attiré 650 000 spectateurs et s'avère être la tournée la plus lucrative de l'année (On Stage). Durant le mois de juin 2013, à l'aube de ses 70 ans, Hallyday est de nouveau sur scène pour une mini tournée, nommée Born Rocker Tour, comprenant 14 dates, dont trois à Bercy. Le soir de ses 70 ans, le 15 juin, le second concert à Bercy est retransmis en direct sur TF1. Sitôt la représentation terminée, Hallyday se rend au Théâtre de Paris, pour un second concert, retransmis en direct sur MyTF1. Devant un parterre de mille spectateurs, le récital est plus rock 'n' roll et offre l'occasion d'un bœuf avec l'ex-chanteur des Stray Cats, Brian Setzer, sur pas moins de six titres. Le 25 novembre, sort le live Born Rocker Tour. En septembre, est annoncée, pour la fin de l'année, une tournée en Asie. Johnny Hallyday devant se produire à Bangkok, Hanoi, Ho Chi Minh Ville et Hong Kong au profit de la Fondation La Bonne Étoile, fondée par son épouse Læticia, Hélène Darroze et Caroline Rostang, en janvier 2012. Cette tournée caritative, dont le but était de financer la construction d'écoles pour les enfants victimes du sida, est officiellement annulée début décembre, en raison des troubles politiques qui agitent la Thaïlande. Un temps annoncée comme étant reportée en avril 2014, le projet ne se concrétisera finalement pas. Le 15 décembre, Johnny donne un concert exceptionnel à Paris, au théâtre Trianon, au profit de cette même fondation. À l'annonce du concert, le 10, les 1 200 places s'écoulent en 4 minutes. De la tournée américaine au Rester Vivant Tour (2014-2016) Le 24 avril 2014, le chanteur débute, au Fonda Theatre (en) de Los Angeles, une tournée aux États-Unis et au Canada. Reprenant le Born Rocker Tour, il se produit, jusqu'au 15 mai, dans une douzaine de villes de l'Amérique du Nord. Du 5 au 10 novembre, en trio sous le nom Les Vieilles Canailles, Eddy Mitchell, Jacques Dutronc et Johnny Hallyday donnent six représentations à Bercy. Produit par Don Was, Rester vivant, titre de son nouvel album, sort le 17 novembre 2014. Plébiscité par la presse, l'opus est bien accueilli par le public et obtient le meilleur démarrage de l'année avec 131 849 exemplaires vendus la semaine de sa sortie. Le chanteur débute, les 2 et 3 juillet 2015, à Nimes, une tournée des Festivals, durant laquelle il se produit pour une dizaine de dates en France, en Suisse et au Liban. Ce premier acte du « Rester Vivant Tour », s'achève à Monaco, les 28 et 29 juillet, au Sporting Monte-Carlo. La tournée reprend le 2 octobre à Nice, pour deux représentations. Le 9, en concert à Lille, Johnny Hallyday annonce au public l'enregistrement surprise d'un album studio, enregistré en août à Los Angeles en dix jours et dans un secret complet. Le disque De l'amour sort le 13 novembre et est le 50e album studio du chanteur. Réalisé et composé par Yodelice (à l'exception d'un titre écrit par Hallyday), l'opus, plus engagé qu'à l'accoutumée, évoque des faits d'actualité tragiques survenus ces derniers mois : l'affaire Michael Brown, un Afro-Américain abattu par un policier à Ferguson (Dans la peau de Mike Brown), le drame des migrants fuyant la guerre civile syrienne (Valise ou cercueil), l'immigration clandestine (Voyageur clandestin), les marches républicaines après les attentats de janvier 2015 en France (Un dimanche de janvier), le terrorisme islamiste (Avant de frapper). Johnny Hallyday considère qu'il est « l'un de ses albums les plus intimes ». Ironie du sort, De l'amour sort le jour même des attentats en Île-de-France. Le lendemain, en concert au Zénith de Strasbourg, Johnny Hallyday dédie la représentation aux victimes et à leurs familles, avant d'observer une minute de silence avec le public. Le 27 novembre (jour de l'hommage national aux victimes), sur la scène de Bercy, il chante Un dimanche de janvier, tandis que le fond de la scène se teinte aux couleurs nationales. Des applaudissements nourris précèdent une Marseillaise improvisée par le public, alors que le chanteur accroche au pied d'un micro un drapeau français. Le 16 décembre, au Zénith d'Amiens, il joue son cinquantième et dernier concert de l'année. Les 22 et 23 janvier 2016, le Rester Vivant Tour redémarre sur la scène de l'Arena à Montpellier. Il continue avec le retour du chanteur à Bercy, pour deux représentations début février. La seconde (le 3), est sa 93e représentation dans cette salle, ce qui fait de Johnny Hallyday l'artiste s'y étant le plus souvent produit. Cette troisième partie de la tournée s'achève (pour l'Europe), avec deux concerts, les 26 et 27 mars, au Palais 12 de Bruxelles, où les représentations ont été maintenues malgré les récent attentats qui ont frappé la capitale belge. Concerts qui précédent ceux de Nouméa en Nouvelle Calédonie (29 avril) et de Tahiti à Papeete (4 mai). Le quatrième acte de la tournée débute à Sedan, le 29 juin 2016, pour douze représentations. L'une d'elle, est donnée à l'Opéra Garnier, le 10 juillet, au profit de la recherche contre le cancer,. Le lendemain de l'attentat du 14 juillet à Nice, Johnny Hallyday, en concert à Sion (en Suisse), rend hommage aux victimes et observe avec le public une minute de silence. Le 17 juillet, au Arènes de Nîmes (où il se produit pour la troisième fois de la tournée), il change le final de son récital et chante Quand on n'a que l'amour de Jacques Brel. La chanson s'achève par l'interprétation spontanée du public de La Marseillaise. Ce final et l'hommage aux victimes est conservé durant toutes les dernières représentations de la tournée, qui s'achève le 21 juillet au Théâtre Antique de Vienne. Durant le Rester Vivant Tour, Johnny Hallyday a joué 90 représentations et interprété 48 titres différents (l'album live sort le 21 octobre 2016). Cancer du poumon et tournée des Vieilles Canailles (2016-2017) Le 8 mars 2017, Johnny Hallyday révèle subir un traitement en raison de cellules cancéreuses. Cette annonce intervient trois jours après le piratage du compte Facebook de sa fille Laura Smet faisant état d'un cancer incurable,. Le magazine Closer révèle qu'il est atteint d'un cancer du poumon et que son état est « très préoccupant ». Des médias font état d'une propagation de métastases à d'autres organes,. Alors que sa grande consommation de tabac était de notoriété publique,, c'est en octobre 2016 qu'une tumeur au poumon lui a été détectée. Peu avant la fin de l'année 2016, il commence une chimiothérapie médicamenteuse à domicile. Après l'échec de plusieurs protocoles, il suit d'autres séances de chimiothérapie, entrecoupées d'immunothérapie, au centre médical Cedars-Sinai de Los Angeles,,. La tournée des Vieilles Canailles, annoncée en décembre 2016, débute à Lille le 10 juin 2017,. Elle passe par la Belgique, la Suisse et Paris,,. Le trio donne son dix-septième et dernier concert le 5 juillet à Carcassonne,. Malgré son état de santé déclinant, Johnny Hallyday parvient à enregistrer dix titres d'un nouvel album dans le studio Guillaume Tell, à Paris,. Les premières sessions d'enregistrements de ce dernier opus débutent à Los Angeles au printemps. Dans cette même ville, à la même période, il enregistre en duo avec Eddy Mitchell la chanson C'est un rocker, pour l'album de ce dernier La Même Tribu. Paru en novembre, ce titre est le dernier enregistrement de Johnny Hallyday sorti de son vivant. Johnny Hallyday fait sa dernière apparition publique lors des obsèques de l'actrice Mireille Darc, le 1er septembre 2017,. Il est hospitalisé pour détresse respiratoire le 13 novembre, à la clinique Bizet (Paris 16e). Son entourage dément sa mort, qui est annoncée de façon récurrente sur les réseaux sociaux,. Le 18 novembre, il regagne sa résidence « La Savannah », où sa femme fait installer un lit médicalisé,. Il décide d'arrêter son traitement et est placé sous assistance respiratoire,. Mort, hommage populaire et inhumation Il meurt le 5 décembre 2017 à 22 h 10, à l'âge de 74 ans, à son domicile de Marnes-la-Coquette, situé près de la rue Maurice-Chevalier, dans les Hauts-de-Seine, des suites de son cancer du poumon,,. Le président de la République, Emmanuel Macron, salue sa mémoire et de nombreuses personnalités lui rendent hommage en des termes très élogieux. La presse nationale et internationale salue la carrière du chanteur. Aux États-Unis, le New York Times et CNN décrivent Johnny Hallyday comme l’« Elvis Presley de la France »,. Il lui est rendu un « hommage populaire » lors de ses obsèques dans la capitale parisienne, le 9 décembre 2017. Cet hommage réunit entre 800 000 et 1 million de personnes et est suivi par plus de 15 millions de téléspectateurs. Conformément à son souhait, Johnny Hallyday est inhumé au cimetière de Lorient, sur l'île de Saint-Barthélemy, où il possédait une propriété. La cérémonie a lieu le 11 décembre 2017, dans l'intimité familiale et de ses amis proches. Vie familiale Relations avec son père Né de père belge et de mère française, Johnny Hallyday opte pour la nationalité française, qu'il obtient officiellement le 15 juin 1961, à l'âge de 18 ans. Il n'aurait cependant pu choisir la nationalité belge. En effet, au moment de la naissance de son fils, Léon Smet n'était pas encore divorcé de sa précédente épouse, Jacqueline Harpet, et les lois de la Belgique interdisaient alors à ses ressortissants de reconnaitre leurs enfants adultérins. Johnny Hallyday rencontre pour la première fois son père durant son service militaire. Alors qu'il est convoqué au poste, un homme, avec une peluche dans les bras, se jette sur lui, l'embrasse, l'appelle « mon fils », quand surgissent des photographes. Johnny Hallyday comprend que Léon Smet a été payé par des paparazzi pour jouer cette comédie. À propos de son père, il écrira : « Il a fait de moi un déraciné. Une déchirure qui me marquera à vie. Ma seule consolation : si j'avais eu un papa comme presque tout le monde, je n'aurais jamais rencontré Lee [?] et je ne serais jamais devenu Johnny Hallyday ». Johnny Hallyday tente ensuite vainement de renouer des liens avec son père, qui est alors semi-clochard à Bruxelles : il le fait venir à Paris, lui paie une garde-robe et lui trouve un appartement, mais Léon Smet, alcoolique et instable, revend les cadeaux de son fils et met le feu à l'appartement pour retourner ensuite vivre dans un foyer de l'Armée du salut. En 1989, le chanteur se rend à Schaerbeek pour y assister aux obsèques de son père : il se retrouve alors tout seul à suivre le corbillard, ce qui le marque profondément. Sylvie Vartan Le 12 avril 1965, Sylvie Vartan et Johnny Hallyday se marient à Loconville, dans l'Oise. Ils s'étaient rencontrés dans les coulisses de l'Olympia en 1962. Leur fils, David Smet, naît le 14 août 1966. Après quinze ans de mariage et une vie commune mouvementée, émaillée de séparations et de réconciliations, le couple divorce le 5 novembre 1980. Babeth Étienne Johnny Hallyday épouse Élisabeth Étienne, dite Babeth, le 1er décembre 1981, à Beverly Hills. Leur union est éphémère, puisqu'ils se séparent le 3 février 1982,. Nathalie Baye Au cours d'une émission des Carpentier, en 1982, Johnny joue avec la comédienne Nathalie Baye, Quoi de neuf ma jolie, un sketch écrit par Philippe Labro. Ils se mettent en couple, Johnny Hallyday abandonnant le monde de la nuit pour une vie plus tranquille à L'Étang-la-Ville, où ils achètent une maison. De leur union, naît Laura Smet, le 15 novembre 1983, à Neuilly-sur-Seine. Ils se séparent en mars 1986. Adeline Blondieau Le 9 juillet 1990, à Ramatuelle, Johnny épouse Adeline Blondieau, fille de son ami Long Chris. Cette même année, le chanteur y entreprend la construction d'une villa, qu'il baptise « Lorada », contraction des prénoms de ses enfants, Laura et David. Ils divorcent le 11 juin 1992, pour se remarier le 19 avril 1994, à Las Vegas. Ils divorcent une seconde fois le 9 mai 1995. Laeticia Hallyday Johnny Hallyday rencontre Laeticia Boudou, un mannequin de trente-deux ans sa cadette, le 25 mars 1995, à Miami, dans une des discothèques du père de celle-ci, André Boudou. Un an plus tard jour pour jour, ils sont mariés à Neuilly-sur-Seine par le maire de la commune, Nicolas Sarkozy. Laeticia étant stérile, ils adoptent, en novembre 2004 et décembre 2008, deux petites filles d'origine vietnamienne : Jade Smet (née Bùi Th? Hoà le 3 août 2004) et Joy Smet (née Maï H??ng le 27 juillet 2008). Succès musicaux et popularité Discographie et chansons Johnny Hallyday, en 57 années de carrière, a vendu 110 millions de disques,, a enregistré plus de 1 000 titres, dont une centaine de sa composition, pour une discographie officielle qui compte 50 albums studio, 27 albums live et 165 singles. Le chanteur a été récompensé par 5 disques de diamant, 22 disques de platine, 40 disques d’or et 10 victoires de la musique,. Spectacles et tournées Au cours de sa carrière, Johnny Hallyday s'est produit sur scène en France plus de 2 800 fois et a donné quelque 450 concerts dans des pays étrangers. Il a fait 184 tournées, s'est produit dans 40 pays différents et a attiré 29 millions de spectateurs. Médiatisation Durant les années 1960, son nom est, avec ceux du général de Gaulle et de Brigitte Bardot, celui qui fait le plus souvent la une de la presse française,. S'il alimente les chroniques depuis ses débuts au printemps 1960, c'est en 1961 que pour la première fois il apparaît en couverture de magazines. Depuis, plus de 2 500 couvertures de magazines et plus de 190 livres lui ont été consacrés,. En 2015, Johnny Hallyday est, avec François Hollande et Roger Federer, la personnalité dont a le plus souvent parlé la presse francophone (selon un classement réalisé par PressEDD). En raison de sa personnalité et de sa voix, Johnny Hallyday a en outre inspiré de nombreux imitateurs. Parmi les plus connus figurent Thierry Le Luron qui fut le premier à l'imiter, Yves Lecoq dans l'émission Les Guignols avec sa marionnette, ou Laurent Gerra, que Johnny a invité plusieurs fois à monter sur scène avec lui pour interpréter des chansons,. Carrière d'acteur En 1954, alors adolescent, il est figurant dans Les Diaboliques d'Henri-Georges Clouzot. Par la suite, devenu un chanteur vedette, il entame une carrière cinématographique comparable à celle d'Elvis en apparaissant dans des films qui jouent sur son image d'« idole des jeunes », comme Les Parisiennes, Cherchez l'idole, ou D'où viens-tu Johnny ?. Déçu par ses débuts comme acteur, il commente par la suite : « on ne me confiait que des merdes ». C'est en Italie en 1969, qu'il trouve son premier rôle inattendu en étant le héros d'un western spaghetti, Le Spécialiste, réalisé par Sergio Corbucci. L'année suivante on le remarque dans Point de chute, film policier de et avec Robert Hossein. Malgré ces diverses tentatives, Johnny Hallyday peine à s'imposer au cinéma, où il ne parvient pas à s'éloigner de son image de chanteur. En 1972, il apparaît dans son propre rôle dans le film de Claude Lelouch L'aventure c'est l'aventure, où il organise son enlèvement à des fins publicitaires. Il interprète également la chanson titre du film. Il cesse ensuite de tourner pendant plus de dix ans, si l'on excepte quelques apparitions, [...], notamment dans la comédie, Le jour se lève et les conneries commencent. Il retrouve le cinéma en 1985, partageant l'affiche avec Nathalie Baye et Claude Brasseur, dans Détective, un film de Jean-Luc Godard, présenté au festival de Cannes. Son interprétation, appréciée par la critique, lui permet d'obtenir une certaine reconnaissance comme acteur. Costa-Gavras emboîte le pas de Godard, en 1986, avec Conseil de famille. Mais ces deux succès d'estime sont suivis par une série de déceptions. En 1987, Johnny Hallyday est la vedette de Terminus, un film de science-fiction à la Mad Max 2 qui connaît un gros échec commercial. En 1989, il tient le rôle-titre de la série télévisée policière David Lansky, dont quatre épisodes sont diffusés sur Antenne 2, sans convaincre durablement les téléspectateurs. En 1992, la comédie policière La Gamine, dans laquelle il donne la réplique à la jeune Maïwenn, ne séduit pas non plus le public. Après ces déconvenues, il espace à nouveau sa présence sur les écrans et ne revient au cinéma qu'en 1999 avec Pourquoi pas moi ? de Stéphane Giusti. L'année suivante, aux côtés de Sandrine Kiberlain, il incarne un rockeur has-been dans Love me de Laetitia Masson. En 2003, il interprète un gangster usé et vieillissant dans L'Homme du train, un film de Patrice Leconte dont il partage la vedette avec Jean Rochefort. Sa prestation dans ce dernier film, saluée par la critique, lui vaut le Prix Jean-Gabin. En 2004, dans le film Wanted (ils vont braquer l'Amérique) de Brad Mirman, il joue le rôle d'un petit truand raté, aux côtés de Renaud, Richard Borhinger, Gérard Depardieu et Harvey Keitel. Dans le film Jean-Philippe (2006), réalisé par Laurent Tuel, il incarne Jean-Philippe Smet, qui, dans un univers parallèle, n'est pas parvenu à devenir une vedette et qu'un fan, interprété par Fabrice Luchini, va convaincre de rattraper son destin à 60 ans passés. En 2009, il fait une incursion dans le cinéma asiatique en interprétant le rôle principal du polar hong-kongais Vengeance, réalisé par Johnnie To, ce qu'il considère comme une « consécration ». En 2011, il effectue ses débuts au théâtre dans Le Paradis sur terre de Tennessee Williams, avec Audrey Dana et Julien Cottereau comme partenaires, sur une mise en scène de Bernard Murat. Les représentations se déroulent au théâtre Édouard VII à Paris, de 6 septembre au 19 novembre 2011. Le 2 avril 2014, sort Salaud on t'aime de Claude Lelouch, film dans lequel Hallyday partage l'affiche avec Sandrine Bonnaire et Eddy Mitchell. En 2017, sortent Rock'n Roll de Guillaume Canet et Chacun sa vie de Claude Lelouch, deux films dans lesquels il joue son propre rôle. Engagements Actions caritatives Johnny Hallyday, le 13 mars 1972, à l'occasion d'un gala au profit de la LICRA, chante à l'Olympia, en présence d'Alain Poher, président du Sénat. Le programme réunit de nombreux artistes. Le 30 octobre, au palais des sports de Paris, en présence de Jean Rostand, il participe, avec Georges Brassens, Léo Ferré, Nicoletta, Serge Reggiani et Nanette Workman, à un gala exceptionnel pour la réforme pénitentiaire, pour la prévention de la criminalité et l'abolition de la peine de mort. Par solidarité avec des sidérurgistes en grève, le 7 mars 1979, Johnny Hallyday visite la nuit les aciéries de Longwy et offre son cachet aux grévistes. 13 octobre 1985, Johnny Hallyday avec 80 autres artistes, participe au concert Chanteurs sans frontières, donné au profits d'associations œuvrant contre la famine en Éthiopie. Le 26 janvier 1986, TF1 consacre une après-midi aux Restaurants du cœur, récemment créés. Animée par Coluche et Guy Lux, l'émission réunit un panel de politiques, de sportifs et d'artistes, dont Nathalie Baye et Johnny Hallyday. Le chanteur donne, le 4 octobre 1987, la dernière représentation de son spectacle à Bercy au profit de la recherche contre le sida. Le 6 janvier 1989, jour du nouvel an arménien, sort le 45 tours Pour toi Arménie. Sur une initiative de Charles Aznavour, quatre-vingt-neuf artistes, dont Johnny, participent à cette chanson, commercialisée au profit des sinistrés victimes d'un tremblement de terre en Arménie en décembre 1988. Durant l'été 1992, sort l'album Urgence. Vendu au profit de la recherche contre le sida, il réunit plusieurs artistes, dont Johnny Hallyday. Le 24 novembre 1998, sort le CD Ensemble cinquante artistes se mobilisent contre le sida. Johnny participe à la chanson collective Sa raison d'être. Décembre 2000, paraît le CD Noël ensemble, vendu au profit de la recherche contre le sida ; l'album rassemble de nombreux artistes, dont Johnny qui participe à la chanson-titre. En 2001, comme de nombreux artistes, Johnny Hallyday participe à l'album Ma chanson d'enfance vendu au bénéfice de la recherche contre le sida. Après sa participation au Rallye Dakar en 2002, une de ses combinaisons de conduite est mise en vente aux enchères via Internet, au profit des Restos du Cœur. Le 22 mai 2004, Johnny et Charles Aznavour chantent Sur ma vie, en direct du Palais des congrès, à l'occasion d'une émission spéciale retransmise par TF1, pour le 80e anniversaire d'Aznavour. En présence du président de la République, Jacques Chirac, et de son épouse, la soirée est donnée au profit de l'Institut national du cancer (un double CD et un DVD Bon anniversaire Charles ! sont mis en vente). Avec de nombreux artistes, Johnny participe à la chanson Et puis la terre. Janvier 2005, sortent les CD Et puis la terre et Solidarité Asie, vendus au profit des victimes du tsunami du 26 décembre. Le 18 novembre 2006, sur TF1, lors de l'émission Les 500 choristes spécial Unicef », Johnny Hallyday chante, en duo avec Læticia, Imagine de John Lennon. La chanson est vendue en exclusivité sur Internet, via les plateformes de téléchargement légal, au profit de l'Unicef, dont l'épouse du chanteur est l'ambassadrice. Prises de position politiques En 1967, après la guerre des Six Jours, il participe à un concert de soutien à Israël. En 2011, il confirme qu'à cette époque, étant proche de la famille de Jean Pierre-Bloch, il avait envisagé de soutenir plus encore ce pays en rejoignant l'armée israélienne. Il soutient Valéry Giscard d'Estaing, face à François Mitterrand, lors de l'élection présidentielle de 1974, puis en 1981. Au cours de la campagne présidentielle de 1988, Johnny Hallyday chante, le 20 mars, à l'Hippodrome de Vincennes, en première partie d'un meeting du candidat RPR, Jacques Chirac ; le chanteur déclare, à la fin de Quelque chose de Tennessee : « On a tous en nous quelque chose de Jacques Chirac ». Michel Berger, auteur de la chanson, ne goûta guère cette affirmation. Lors de la campagne du référendum de 2005 sur le traité établissant une constitution pour l'Europe, à la demande du président de la République, Jacques Chirac, le chanteur prend position en faveur du « oui ». Durant la campagne présidentielle de 2007, Johnny Hallyday apporte son soutien à Nicolas Sarkozy, candidat UMP. Il dîne avec lui au restaurant le Fouquet's le soir de sa victoire. En 2014, il se déclare « déçu » par Nicolas Sarkozy et par la politique en général, et dit regretter le temps de Georges Pompidou. Fortune et patrimoine Administration fiscale En 1975, Johnny Hallyday a des ennuis avec le fisc, qui lui réclame plusieurs centaines de millions de francs d'arriérés d'impôts. Il fait alors part de son désir d'arrêter sa carrière : « Je m'arrête en septembre 1975, pour un an minimum. Je vais louer une maison à Los Angeles. Je pars avec Sylvie et David. [?] Lorsque j'ai payé mes musiciens, mes impôts, la Société des auteurs-compositeurs, il ne me reste rien. Pourquoi continuerais-je à travailler dans de telles conditions ? » Si le chanteur gagne bien les États-Unis, il reprend bientôt ses activités et, durant l'automne, enregistre deux albums studio qui paraissent l'année suivante. Quant à la scène, Johnny la reprend à l'automne 1976,. Johnny Hallyday achèvera le remboursement de ces arriérés d'impôts au cours des années 1990. Au fil des années, Universal s'est portée garante auprès du fisc, a racheté la maison de Ramatuelle du chanteur et son hôtel particulier dans le 16e arrondissement de Paris. En contrepartie, Johnny a régulièrement accepté des modifications de son contrat, cédant à sa maison de disque ses droits à l'image et ceux sur le merchandising. En novembre 2005, le chanteur dépose une demande pour obtenir la nationalité belge, ce qui n'est pas sans générer diverses polémiques, d'aucuns le soupçonnant de vouloir échapper au fisc français. La réforme de la nationalité belge alors en cours ne lui ferait pas forcément perdre sa nationalité française. Après 21 mois de procédure, alors que la Commission des naturalisations du Parlement belge doit se prononcer sur son cas, Johnny Hallyday renonce à sa demande. En décembre 2006, le chanteur s'installe à Gstaad, en Suisse, en raison d'une fiscalité qu'il juge trop contraignante en France. Ce départ lui permet de diminuer son prélèvement fiscal de 75 % à 30 % de ses revenus et fait l'objet de nombreux commentaires et polémiques, tant dans la presse que dans les milieux politiques. Le statut fiscal dont bénéficie le chanteur lui interdit de gagner de l'argent en Suisse même ; c'est ainsi qu'il choisit de reverser à des organisations humanitaires les cachets perçus lors des concerts donnés au stade de Genève en 2009 et 2012. Selon Le Matin, Johnny Hallyday a gagné environ 5 millions d'euros et a payé, en 2011, 700 000 francs suisses d'impôts, soit 583 000 euros. À l'instar des autres chanteurs qui, comme lui, ne vivent pas en France, Johnny Hallyday s'acquitte en France d'un impôt sur ses revenus, directement prélevé sur les recettes de ses représentations. Début 2013, il fait de sa maison de Los Angeles son domicile principal, devenant alors résident fiscal aux États-Unis,. Investissements immobiliers En 1966, au Plessis-Robinson, il investit dans une ancienne guinguette, Le Vrai Arbre de Robinson, transformée en complexe de loisirs inspiré des ranchs américains. Rebaptisé le Robinson Village, l'établissement fermera ses portes quelques années plus tard. Johnny Hallyday donne un concert improvisé, en octobre 1966, dans la discothèque attenante au complexe, le Tchoo-Tchoo Club, avec, en première partie, Jimi Hendrix, alors méconnu en France. Il se fait construire, en 1989, à Ramatuelle, « La Lorada », une villa de 1 000 m2, qu'il vend en 2000 pour un million d'euros. Il est également propriétaire d'une maison, « La Savannah », à Marnes-la-Coquette, d'un chalet à Gstaad, d'une villa à Saint-Barthélemy, et d'une résidence dans le quartier de Pacific Palisades à Los Angeles, qu'il habite à partir de 2013 et qui est estimée à 10 millions d'euros au moment de sa mort. En 2010, il décide de se séparer de son habitation de Marnes-la-Coquette, qu’il met en vente à 26 millions d'euros, ; en 2015, celle de Gstaad, est à son tour mise en vente, pour 9,5 millions d'euros,. Aucune des deux ne trouve preneur et le chanteur s'installe, avec sa famille, à l'automne 2017, dans sa maison de Marnes-la-Coquette, où il meurt. Selon les journalistes Catherine Rambert et Renaud Revel, auteurs du livre-enquête Johnny, les 100 jours où tout a basculé, sorti en 2010, Johnny Hallyday est « un travailleur pauvre, qui a tout claqué, tout flambé ». Malgré ses nombreuses années de carrière, il n'aurait pas cumulé de patrimoine en raison d'un « train de vie flamboyant ». Lors du procès qui oppose le chanteur à sa maison de disque, en 2004, Johnny Hallyday apparaît couvert d'hypothèques et de prêts couverts par sa maison de disque. Affaires judiciaires En 1961, à la suite d'un différend artistique, Johnny Hallyday quitte Vogue avec fracas. Il est toujours mineur et cette rupture avec Vogue est l'occasion d'un imbroglio de signatures. Son père ? parfait inconnu pour lui ? sans le rencontrer ni même le consulter, confirme l'engagement avec la maison de disques, tandis que sa mère signe avec Philips. Le principal intéressé souhaite aller chez Barclay, où il espère rejoindre son ami Eddy Mitchell. C'est finalement Philips qui l'emporte, après un désaccord artistique entre le chanteur et Eddie Barclay, qui lui propose d'être accompagné par des musiciens aux cheveux multicolores. L'affaire se traite devant les tribunaux, où un premier jugement, prononcé le 24 janvier 1963, déclare le contrat non valide du fait de conditions abusives imposées par Vogue. L'affaire dure encore cinq ans et s'achève en avril 1968, avec la confirmation par la justice de la nullité du contrat liant l'artiste à Vogue. À l'automne 1965, Henri Salvador porte plainte en diffamation contre Johnny Hallyday et un hebdomadaire, dans lequel ce dernier a déclaré que : « lors de sa première à l'Alhambra, (en 1960), Salvador l'avait moqué et que, chauffée par ce dernier, la salle l'avait hué ». L'article titre « Salvador m'a fait du mal ! » Considérant que ces propos portent atteinte à son honneur et sa considération, Henri Salvador saisit la justice. Il gagne son procès en première instance, le tribunal estimant que le journal et Hallyday ne pouvaient démontrer la véracité de l'affirmation, et les condamne à verser à Henri Salvador 10 000 francs de dommages et intérêts. De son côté, la cour d'appel, saisie par Johnny, a considéré que si le propos était excessif, il n'y avait pas pour autant diffamation et qu'il ne portait pas atteinte à l'honneur ou à la considération du plaignant, son prestige n'ayant pas été diminué. Henri Salvador fut débouté de sa demande et fut condamné aux dépens de la première instance et de l'instance de la cour d'appel. Le 10 juillet 1975, Johnny chante sous chapiteau à Thonon-les-Bains. Durant le récital, les CRS interviennent de façon musclée pour évacuer un groupe de jeunes installés entre les barrières de protection et la scène. Au cours de l'échange, le chauffeur d'Hallyday est blessé. Johnny interrompt son récital et déclare : « Le spectacle est terminé [?], si vous devez vous en prendre à quelqu'un, prenez-vous en aux policiers. » et il quitte la scène. Une plainte est déposée contre Johnny Hallyday et son équipe, pour coups et blessures volontaires, incitation à la violence et voie de fait contre des policiers en exercice. Conséquence immédiate, le concert qu'il devait donner le 20 juillet, place de la Concorde à Paris, pour l'arrivée du tour de France cycliste, est annulé. En 2003, le chanteur est mis en cause par une hôtesse présente avec lui sur son yacht en avril 2001, et qui l'accuse de l'avoir violée. Johnny Hallyday est entendu par la justice en tant que témoin assisté ; jamais il n'est mis en examen et sur l'avis du parquet qui considère que « rien n'était en état d'être prouvé dans cette affaire », elle se termine par un non-lieu cinq ans plus tard (après un jugement en première instance à Nice en janvier 2006 et une confirmation de la cour d'appel d'Aix-en-Provence en avril 2006). L'employée, poursuivie et mise en examen pour usage de faux (en liaison avec des documents médicaux antidatés) et dénonciation calomnieuse, est condamnée à six mois de prison avec sursis pour usage de faux et obtient un non-lieu pour l'accusation de dénonciation calomnieuse. Début 2004, Johnny Hallyday dénonce son contrat avec Universal Music Group. Le 2 août, le conseil de prud'hommes donne partiellement raison au chanteur. Il valide la rupture du contrat et réclame la restitution des masters à Johnny Hallyday. Universal fait appel de la décision et, en 2005, gagne en appel contre Johnny Hallyday. Le recours en cassation de l'artiste est rejeté. Les masters restent donc la propriété de la maison de disques. Johnny Hallyday signe chez Warner le 4 janvier 2005. Distinctions, récompenses et hommages Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur (France, 1997), remise par Jacques Chirac Officier de l'ordre de la Couronne (Belgique, 2001) Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres (France, 1995), remise par Jacques Toubon Médaille du millénaire de la ville de Paris (1995), remise par Jacques Chirac Victoires de la musique Avec neuf citations dans la catégorie artiste interprète masculin, Johnny Hallyday détient le record de nominations dans cette division pour un artiste ou un groupe français (1987, 1990, 1994, 1996, 1999, 2000, 2001, 2010, 2015). Il obtient cette Victoire une fois (1987). Avec dix « Victoires » obtenues (toutes catégories confondues), Johnny Hallyday est, après Alain Bashung (12 récompenses), l'artiste le plus récompensé aux Victoires de la musique. 1987 : artiste interprète masculin de l'année 1991 : concert de l'année au Palais omnisports de Paris-Bercy 1994 : concert de l'année au Parc des Princes 1996 : concert de l'année au Palais omnisports de Paris-Bercy 2000 : album de variété, pop, rock de l'année pour Sang pour sang 2001 : spectacle musical, tournée ou concert de l'année 2009 : victoire d'honneur 2010 : spectacle musical, tournée ou concert de l'année 2014 : chanson originale de l'année pour 20 ans écrite par Miossec 2016 : meilleur album de chansons pour l'opus De l'amour Prix 1978 : grand prix de l'Union nationale des auteurs et compositeurs, pour la chanson Elle m'oublie. 1979 : le Syndicat national de l'édition phonographique et audiovisuelle (SNEPA) remet au chanteur, le 15 octobre, quatre disques de platine pour les albums : Johnny Hallyday Story - Palais des sports, Derrière l'amour, C'est la vie et le Pavillon de Paris : Porte de Pantin. 2000 : le 13 mars, Johnny Hallyday reçoit, des mains de son ami Michel Sardou, son premier disque de diamant, (à l'occasion du million de disques vendu pour son l'album Sang pour sang). Cette même année, il obtient le M6 award d'honneur du meilleur artiste masculin. 2003 : NRJ Music Award d’honneur. 2003 : prix Jean-Gabin pour son rôle dans L'Homme du train, de Patrice Leconte. 2014 : le chanteur obtient le prix spécial de la Sacem, récompensant l'ensemble de sa carrière ; bien qu'il ne soit pas auteur lui-même, les auteurs ont choisi d'honorer l'artiste qui a fait travaillé le plus grand nombre d'entre eux. Lieux baptisés en son nom En juin 2013, la municipalité de la commune iséroise de Charvieu-Chavagneux rend hommage au chanteur en donnant son nom à l'une de ses rues. À Paris, la maire, Anne Hidalgo, propose, le 8 décembre 2017, qu'un lieu ou un établissement public porte son nom. Adopté par le Conseil de Paris le 13 décembre, l'endroit, qui sera « un lieu de recueillement pour ses fans », reste à définir après consultation avec la famille de l'artiste. À Nice, le maire Christian Estrosi propose, le 7 décembre 2017, que le palais Nikaia soit rebaptisé « palais Nikaia-Johnny Hallyday ». Le changement de nom entrera en vigueur le 1er juillet 2018 Voir aussi Bibliographie sélective Daniel Lesueur, L'argus Johnny Hallyday : discographie mondiale et cotations, Paris, Éditions Alternatives, 2003, 239 p. (ISBN 2-86227-375-9) Rémi Bouet, Johnny Hallyday : mille et? une vie, Solo, 2002, 224 p. (ISBN 9782951926103) Jean-François Brieu, Johnny : Une passion française, Paris, Éditions du Layeur, 2010, 215 p. (ISBN 978-2915118964) François Jouffa, « Johnny Story », Hit Magazine, no 95 (hors-série),? décembre 1979 Daniel Lesueur, Johnny Hallyday : l'idole : + Argus (discographie mondiale), Rosières-en-Haye, Éditions du Camion blanc, 2010, 461 p. (ISBN 978-2-35779-100-8) Johnny Hallyday, Autobiographie Destroy, vol. 1 : Déraciné, Michel Lafon, 1996. Johnny Hallyday, Johnny raconte Hallyday, Filipacchi, 1987 (1re éd. 1979). Jean-François Brieu, Johnny Hallyday Intégrale live, 2003 Laurent Lavige, Johnny Hallyday : notre idole, éditions Hugo et Compagnie, 2010, 158 p. (ISBN 978-2755605877) Liens externes Johnny Hallyday sur MusicBrainz (en) Johnny Hallyday sur Discogs Présence sur les réseaux sociaux : Facebook (Compte) ? Instagram (Compte) ? Twitter (en) Johnny Hallyday sur l’Internet Movie Database Site officiel Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel ? International Standard Name Identifier ? Bibliothèque nationale de France (données) ? Système universitaire de documentation ? Bibliothèque du Congrès ? Gemeinsame Normdatei ? Bibliothèque nationale d’Espagne ? Bibliothèque royale des Pays-Bas ? Bibliothèque nationale d’Israël ? Bibliothèque universitaire de Pologne ? Bibliothèque nationale d’Australie ? Base de bibliothèque norvégienne ? WorldCat Notes et références Notes et citations Références Source : Wikipedia